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mercredi, 28 mai 2008

La compétitivité mondiale des vins italiens

Viniflhor vient de sortir une étude assez complète sur la compétitivité des vins par pays sur le marché mondial. L'enquête est intéressante, et je vais essayer d'en retirer la substantifique moëlle, mais pour la partie italienne. Ceux qui sont intéressés par la France pourront sans que je m'en offusque aller consulter l'étude. Vous pouvez même en retrouver un résumé chez Viti-Net.

Alors, Viniflhor, je le rappelle, c'est l'office national interprofessionnel des fruits, des légumes, des vins et de l'horticulture. Dépendant de l'état français, on pourrait supposer que le vin français va avoir une place de choix exagérément positive, histoire de mêler étude et publicité. Ce n'est pas le cas, et d'ailleurs, toutes les études statistiques de cet organisme se veulent et me semblent tout-à-fait objectives. Et pour rassurer tout le monde, l'étude développée dans cette note est cautionnée par Ernst & Young pour la méthodologie et par Agrex Consulting pour la collecte de données.

Plusieurs critères ont été utilisés pour déterminer le classement final.

1552187232.JPG1. Le potentiel de production

Dans ce chapitre, on inclut :

  • la superficie et le potentiel de superficie future notamment compte tenu des arrachages en Europe : l'Italie représente 10,5% de la superficie mondiale, 3ème derrière Espagne et France.
  • la part de l'encépagement rouge qui donne plus de valeur au vin : elle est de 78% en Italie, 2ème derrière la Chine.
  • la part des cépages internationaux, plus facilement exportables : elle est de 9% en Italie, 11ème sur les 12 pays observés. Cela diminue sa compétitivité mais lui confère en échange une vraie typicité.
  • la production de vin, ou l'Italie est 2ème derrière la France avec 49,6 millions hl.
  • les rendements : l'Italie est 9ème avec 68,9 hl / ha, mais on constate une forte disparité entre les rendements du Nouveau Monde (94,7 hl/ha) et de l'Ancien Monde (53,9 hl / ha). Par ailleurs, la politique européenne sur les rendements est plutôt de, justement, les limiter pour augmenter la concentration de la production, et à ce sujet, les autres pays tendent plutôt à désormais faire baisser leurs rendements.
  • le prix du raisin payé au producteur : l'Italie est 14ème sur les 16 pays observés. Cela étant, un prix élevé n'est pas forcément un frein irrémédiable : ainsi, le prix du raisin en France est largement gonflé par le champagne. Or, on ne peut pas dire que le champagne soit un produit non compétitif au niveau international.

En conclusion, sur ce critère, l'Italie est 7ème, notamment pénalisée par les cépages internationaux, les rendements et le prix du raisin, pour des points forts qui sont la superficie, les cépages rouges et le volume de production. Pour info, la France est 5ème.

 

1204847363.JPG2. l'environnement pédoclimatique

Mais, au préalable, qu'est donc ce vilain mot "pédoclimatique" ? Il s'agit des facteurs climatiques favorables ou défavorables à la culture de la vigne (pluviométrie, irrigation, ensoleillement, gel, grêle, etc.

On le voit, en l'occurrence, l'Italie est sur le podium, à la 2ème place, entre le Chili et le Brésil. Nos voisins transalpins ne souffrent ni de sécheresses catastrophiques (même s'il convient de distinguer le Trentin, au nord, des Pouilles, au sud), ni de périodes de gel trop longues, et l'eau est raisonnablement présente. En fait, tout est relatif, et la chose se joue surtout parce que d'autres pays sont plus sujets à difficultés. Ainsi, la France n'est pas dans le trio de tête car une partie de son vignoble est relativement souvent soumise à des périodes de gel un peu trop longues.

En raison des phénomènes de réchauffement climatique observés sur la planète depuis maintenant une 10aine d'année, ce critère pédoclimatique risque de faire bouger les vignobles, il sera donc à suivre d'année en année.

 

1437414161.JPG3. la capacité des acteurs à conquérir le marché

On fait rentrer plusieurs points dans ce domaine : 

  • le contrôle de l'approvisionnement en raisins : la mesure en l'occurrence se fait en fonction de la superficie détenue en propre par les principaux groupes. En Italie, on se situe plutôt dans un système très parcellisé, fait de petites propriétés. On a bien sûr quelques grands propriétaires, mais rien qui ne soit de la taille des propriétés argentines (Santa Rita, San Pedro...) par exemple, ou de certains conglomérats multinationaux (Mondavi, Gallo...).
  • stratégie de croissance : la meilleure mesure est de comparer les parts de marchés des pays producteurs au sein des pays non producteurs et très importateurs (donc, le Royaume-Uni, ou le Bénélux, par exemple). Ainsi, au Royaume-Uni, on observe une certaine atomisation du marché dans lequel l'Italie, avec 15% de part de marché, prend la 3ème derrière la France et l'Australie (une surprise, pour ma part). Le Nouveau Monde prend 44% du marché, avec une forte montée ces 15 dernières année, qui devrait commencer désormais à ralentir. En Belgique, la dominance est très française (62% de PDM) et l'Italie est 2ème (mais avec seulement 8% de PDM).
  • positionnement prix : l'Italie se situe, avec un prix départ cave vers exportation de 1€34, à la 7ème place en prix croissant, en dessous de la moyenne. Un prix qui reste donc compétitif compte tenu de la bonne réputation de son vignoble.
Sur ces aspects, l'Italie se classe globalement au 7ème rang, ce qui tend bien à montrer que l'Italie n'est pas forcément un pays organisé pour l'exportation. En tout cas, il n'y a pas vraiment de grosses machines dont le but est la lutte quant à la suprêmatie mondiale.
 
 
 
1115952863.JPG4. le portefeuille des marchés
 
Mais c'est quoi donc encore que ça, le portefeuille des marchés ? En résumé, on peut simplifier en disant qu'il s'agit du rapport production / consommation locale / exportations.  Vous le voyez, l'Italie est leader sur ce critère, devant l'Argentine et la France.
L'Italie, comme la France, est à ranger dans les pays exportateurs à forte consommation locale.  En Italie, 31% de la production est exportée (contre 26% en France) tandis qu'ils importent encore moins que les français. Ensuite, l'avantage de l'Italie est d'augmenter ses exportations en valeur tout en baissant peu à peu le prix de vente. Les français ne sont pas exactement dans le même cas, toujours eu égard au champagne qui, en continuant d'augmenter en prix unitaire, voit toujours ses ventes augmenter de façon considérable.
 
 
 
1399009751.JPG5. l'organisation de la filière et le soutien public
 
Là encore, plusieurs aspects entrent en considération :
  • le soutien amont :  globalement, grâce à l'UE, l'Europe est bien aidée.
  • le soutien aval :  on peut traduire cela par le budget de communication collectif à l'export, sur lequel l'Italie est en 2ème place derrière la France
  • réglementations : la souplesse des réglementations est sensée être un bon support à l'exportation. Bon, sur ce point, ça se discute. Cela peut parfois se faire au détriment d'une certaine garantie de qualité.
Sur ce sujet, l'Italie est 2ème derrière la France.
 
 
1858067698.JPG6. l'environnement macro-économique
 
Evidemment, on intègre ici :
  • les variations du taux de change, plutôt favorable en ce moment aux pays dont la monnaie suit le dollar et non l'euro
  • les dépenses alimentaires du marché intérieur, qui permettent de soutenir la production. L'Italie, très consommatrice d'alimentation et de restauration, est en tête, aidée de surcroît, mais comme tous les pays européens, par le niveau de l'€.
  • la part du vin dans la consommation d'alcool : l'Italie est là aussi en tête, le vin représentant 77% de la consommation
L'Italie est 5ème sur ce classement.
 
Au final, l'Italie prend la 2ème place. On retrouve en fait sur le podium les 3 grands pays historiques du monde du vin que sont l'Espagne, la France et l'Italie. 
 
Et donc, je répète, pourquoi les vins italiens n'auraient-ils pas une place à part entière sur le marché français ? 

vendredi, 18 avril 2008

Le commerce international du vin

Viti-net vient de sortir un article sur la consommation, les exportations de vin et les meilleurs exportateurs, d'après les données de l'Organisation Internationale de la Vigne et du Vin.
 
En termes de consommation, on reste en 2007 sur une quasi-stagnation de la consommation, aux alentours de 240 millions hl. Globalement sur l'Union européenne des 15 premiers pays originaires, on note une légère baisse de la consommation, notamment en raison de la tendance baissière des 3 principaux pays consommateurs que sont la France, l'Italie et l'Espagne, compensée en partie, mais en partie seulement par l'augmentation de la consommation au Royaume-Uni et en Allemagne.
En-dehors de l'Europe, les Etats-Unis continuent d'augmenter leur consommation. Pour rappel, il est prévu que les Etats-Unis soient les premiers consommateurs au monde à l'horizon 2010.
 
Concernant les exportations, voici le tableau :
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Tindin !!!!! Eh oui, l'Italie conserve de loin sa première place, tout en conservant sa part de marché, avec 18.8 millions d'hl exporté, soit 21% des exportations totales. La France perd sa seconde place au bénéfice de l'Espagne, même si cela se joue à peu de choses.
En tout cas, tout cela révèle la bonne tenue des vins italiens et son excellente réputation de par le monde, même si nous, français, continuons de le sous-estimer. 
 
 

dimanche, 06 avril 2008

Superficies et productions

J'ai mis ma note dans la catégorie "Le vin italien", mais en fait, les chiffres parlent du vin à un niveau mondial. Il s'agit de faire ici un point sur les superficies et productions en 2007 dans les principaux pays fournisseurs de vin. Les données viennent de Viti-Net, un site d'information plus ou moins complet suivant que l'on paye ou non.
 
Commençons par un point sur les superficies mondiales :
D'un point de vue global, les superficies destinées à la production de vin ont baissé de 37.000 ha, ce qui est loin d'être négligeable. 
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Ce qui apparaît assez rapidement dans ce tableau, c'est que tous les pays européens ou assimilés (je ne rentrerai pas dans le débat de définir si la Turquie est européenne ou pas, mais je la mets dans le groupe) voient leur surface régresser : dans l'ordre décroissant de régression en ha, on trouve la France (-20.000 ha), la Roumanie (-8.000 ha), l'Espagne (-5.000 ha), l'Italie (-3.000 ha), la Turquie (-2.000 ha) et le Portugal (-1.000 ha).
L'évolution de l'Europe est à lier avec la politique d'arrachage mise en place par l'Union Européenne.
 
Et inversement, les pays du "Nouveau Monde" sont plutôt en progression, Chine mis à part, qui reste stable. Ce qui fait que seule l'Europe explique la baisse de ces superficies.
 
On constate que l'Itale, troisième en superficie de vignoble, a relativement peu subi de dégâts comparé à la France, qu, il est vrai, reste le pays qui subit le plus de pression pour le "dégraissage" de ses vignobles.
L'analyse de Viti-Net sur ce lien
 
Passons aux productions mondiales :
Comme pour les superficies - mais cela semble a priori logique -, on peut constater une baisse de la production mondiale de vin d'environ 20 millions hl, pour une production en 2007 d'environ 265 millions hl.
 
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Mais en regardant les chiffres pays par pays, on ne peut que constater que les baisses de production sont autrement plus substantielles que les baisses de culture. Ainsi, les 3 premiers pays "historiques" connaissent des régressions peu comparables avec les pertes de vignoble : l'Italie est à -14% pour -0,4%, la France est à -14% pour -2,3%, et l'Espagne est à -8,7% pour -0,4%. On trouve des régressions encore plus fortes cependant, comme l'Australie (-32,9%, sécheresse) ou le Portugal (-24%). Viti-Net ne donne pas d'explication à ces fortes baisses, si ce n'est pour l'Australie. J'aurais tendance, pour ma part à les attribuer à un développement de la qualité au détriment de la quantité (les deux objectifs dans le domaine du vin n'étant pas toujours compatibles).
 
Donc, si mon hypothèse est bonne, cela signifierait que l'Italie a assisté à un développement de la qualité important en 2007...
A voir... 
 
L'analyse de Viti-Net sur ce lien.
 

 
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