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mardi, 06 mai 2008

Vinitaly 2008 : l'accueil de la Campanie

 
 
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Oui, je sais, ce blog a été légèrement abandonné ces derniers temps. En même temps, il faut dire que j'ai moi aussi un métier ou, plus exactement, que je suis en train de créer mon métier, et que parfois, cela demande un peu d'engagement dans lequel mon blog doit être un peu mis entre parenthèses. Mais je ne vous oublie pas...
 
Je n'ai pas fini mon parcours de Vinitaly, début avril. Mais à la limite peu importe si je continue d'en parler encore aujourd'hui, car après tout, je ne vise pas l'actualité, mais la chronique (oh, comme c'est bien dit, ça...). En l'occurrence, je vais faire mon français de base et parler de la façon dont j'ai été accueilli par un producteur de Campanie (la région dont Naples est la capitale).
Quand je dis que je vais faire mon français de base, c'est que pour une fois, et à l'encontre de ma philosophie globale sur l'image que je voudrais donner de l'Italie, je vais un peu contribuer à véhiculer certains lieux communs sur l'Italie, et notamment sur cette organisation secrète dont on ne doit pas parler ayant encore apparemment un certain pouvoir dans certaines régions du sud de l'Italie.
 
1405065671.jpgMon but n'est pas de parler du vin (je n'ai pas gardé de souvenirs impérissables de mon passage dans le hall de la Campanie, qu'ils soient positifs ou négatifs), et donc, je ne citerai pas le producteur dont je vais évoquer les traits caricaturaux. J'ai vraiment eu l'impression d'avoir à faire à une sorte de Tony Soprano, voire Silvio Dante, un de ses bras droits préférés. Je sais, c'est pas bien de dire ça, mais je vous jure que c'est l'image qui m'est venu. Pour moi, dans la série des Soprano (que je viens de terminer), c'est vraiment Silvio Dante (à gauche sur la photo ci-contre) qui représente physiquement et gestuellement la caricature du mafioso italien ou italo-américain, avec cette "élégance" très marquée, frôlant régulièrement un certain mauvais goût, destinée à marquer ses origines, son appartenance et son aisance financière. Cela est le premier point.
 
Ensuite, dans la partie Campanie, la plupart des producteurs étaient installés dans un box blanc d'environ 15 m2 (environ), avec un comptoir ouvert sur l'extérieur, et une table à l'intérieur, essentiellement destinée aux professionnels. Presque tous les exposants, quand ils n'étaient pas occupés à l'intérieur étaient au comptoir, souriants, prêts à servir les chalands, qu'ils soient particuliers ou professionnels (même si, j'ai déjà évoqué la chose, ils préfèrent les professionnels). Eh bien là, mon napolitain, enfin, plus exactement, mon gars du Benevento, à Guardia Sanframondi (dans les terres, au nord de Naples), il était assis au fond de son box, à sa table, et quand il nous a vu, il n'a pas souri, il ne s'est pas levé, il s'est tranquillement retourné vers la bimbo triste qui l'accompagnait dans le cadre de Vinitaly, et sans lui dire mot, m'a montré du doigt. La bimbo, donc, s'est rapproché du comptoir. Il faut dire que je n'avais pas choisi d'adopter un look homme d'affaires, et je passais donc plus pour un parasite qu'autre chose, une erreur stratégique sans doute, dans un pays ou l'apparence, plus qu'en France, compte pour beaucoup dans la représentation du pouvoir (ce n'est pas nécessairement une critique, pour le coup, c'est un constat). J'ai expliqué mon cas à la demoiselle en question "sono francese e cerco di aprire un'enoteca in Francia, a Nantes, etc etc". La demoiselle est alors retournée vers mon mafieux pour une explication de texte, et il m'a alors jugé digne de m'accueillir à sa table... non, de dire à la demoiselle de me faire m'asseoir...
 
Puis, la conversation était à l'avenant, avec quelques vantardises : "vedi i produttori vicini ? ne forniamo 80% di loro in uva..." (tu vois les producteurs autour ? nous en fournissons 80% avec nos raisins) "noi, a qualità uguale, siamo più vantaggiosi..." (nous à qualité égale, sommes plus avantageux). Et le prix qui descend tout seul sans même avoir commencé à négocier : "Là, c'est indiqué, tant, mais je te fais 5% de réduction, plus 5 autres % pour paiement comptant...".
Et puis, ce coup de doigt pour signifier à la bimbo qu'il est temps de me servir un verre d'un autre vin...
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Je vous rassure, tous les producteurs du sud de l'Italie, et même de la Campanie, que j'ai rencontrés ne sont pas comme ça. Je crois même pouvoir dire que c'est le seul qui m'ait semblé vraiment aussi caricatural.
Je suis désolé d'avoir été un peu moqueur, mais somme faite, je suis plutôt un défenseur de l'Italie, non ? 
 

dimanche, 20 avril 2008

Vinitaly : visite de la Sardaigne

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Je vous l'avais dit lors de mon retour de Vinitaly, je comptais bien vous parler un peu des rencontres que j'avais pu faire lors de cette gigantesque fête du vin italien. J'avais notamment pour objectif de rencontrer des fournisseurs sardes, la Sardaigne n'étant pas la région italienne que je puisse prétendre le mieux connaître pour ses vins, même si j'ai déjà eu l'occasion d'y séjourner. J'avais comme ligne de conduite de rentrer par les deux appellations à mon sens les plus connues : le Vermentino (blanc) et le Cannonau (rouge). Bon, ce ne sont peut-être pas les plus connues, mais ce sont indéniablement celles que je connais le mieux.
J'ai donc rencontré 3 fournisseurs, et je dois dire que l'un d'eux m'a tout particulièrement séduit, non seulement par ses vins, mais aussi par sa philosophie et par son accueil. Eh oui, quand on fait du commerce, le produit en tant que tel est important, évidemment, mais ce n'est pas forcément la seule clé d'entrée pour la vente. Certes, j'enfonce des portes ouvertes, j'arrête...
 
Mais donc, quel est donc de fameux producteur qui a su retenir toute mon attention ? C'est la Cantina Giuseppe Sedilesu (site under construction à l'heure où j'écris ces lignes...).
Il s'agit d'une entreprise familiale, dans laquelle les parents, Giuseppe et Grazia (non présents à Vinitaly) laissent peu à peu leurs 3 fils prendre la main, entre les vignes, la vente, l'administration, la vinification, etc. Pour l'essentiel, les Sedilesu proposent du Cannonau (le cannonau, c'est le grenache de Sardaigne, en résumé). Mais dans un ordre de 5%, ils ont aussi un peu de cépage blanc.
 
aa24c610ac61ee65e8a2e34af6da9e87.gifJ'ai commencé par goûter le Mamuthone Cannonau di Sardegna DOC. Un vin très alcoolisé (15° quand même), aux accentes de prunes et de cerises, un vin sympathique, ne prétendant pas à l'immortalité, mais accompagnant une bonne grillade idéalement. Bon, l'alcool est un peu trop présent, ce qui fait qu'on n'est vraiment pas dans la fraîcheur. Ce n'est pas ce que l'on pourrait appeler un vin de dégustation.
 
J'ai ensuite attaqué le S'Annada Cannonau di Sardegna DOC. Le S'Annada propose le même vin que le Mamuthone, mais avec une sélection des grains les moins sucrés. Du coup, en alcool, on tombe tout de suite (13,5° quand même), ce qui rend le breuvage, infiniment plus digeste. Du coup, cette baisse en degré libère les parfums et allège le tout. On commence vraiment à prendre du plaisir.
 
Puis, arrive le Ballu Tundu Cannonau di Sardegna DOC, une riserva. Ce vin provient de vignes ayant désormais 60 ans d'âge, donc déjà un âge respectable pour un vignoble, et dont on peut attendre un vin plus structuré, plus beau. Un vin en tout cas avec un beau corps, très fruité, et qui va sans doute gagner à vieillir quelques années dans un coin de votre cave.
 
Et ensuite, un dernier Cannonau DOC, le Carnevale. Celui-ci est embouteillé un peu plus tardivement que les autres. Il passe un petit moment à s'affiner en barriques, ce qui lui donne ces tonalités caractéristiques de vanille, mais aussi un bouquet allongé. Une ampleur sympathique, un beau velouté, quelque chose de classique mais maîtrisé.
 
Pour ce qui me concerne, ma préférence va au Ballu Tundu. 
 
Et puis, la vraie suprise, pour finir, ce qui donne un plus à cette dégustation : le PerdaPintà, un IGT Barbagia, un vin blanc ? Le cépage, c'est le Granazza di Mamoiada, un cépage ultra-autochtone, qui est souvent utilisé dans l'assemblagedu Cannonau en petites quantités. Mais chez les Sedilesu, on a décidé qu'on ferait du Cannonau pur, et donc qu'on allait essayer le Granazza pur. C'est un blanc d'une grande structure, très alcoolisé, mais vraiment splendide, chaleureux, un vin de conversation, à prendre avec une petite assiette di parmesan. Le bonheur n'est pas loin.

jeudi, 17 avril 2008

Nouvel album photo : Vénétie avril 2008

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Voilà, comme promis, l'album photo de la partie vénitienne - au sens de la région, pas de la ville - de mon périple du début du mois d'avril 2008. Au programme, quelques vues du Lac de Garde, une visite de Vérone, et des photos de Vinitaly et de VinNatur.
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mardi, 08 avril 2008

De retour de Vinitaly

ad1afde40cd775aea2a9c23c8e210803.jpgVoilà, Vinitaly s'est terminée hier soir. Jour après jours, je vous ferai part de mes compte-rendus de dégustation, de rencontres avec des producteurs, et autres anecdotes que vous considérerez sûrement plus ou moins intéressantes.
 
Mais, en attendant, quelques impressions en vrac de cette manifestation :
 
  • Vinitaly s'est déroulé à la fiera de Verone. Toutes les villes qui se respectent en Italie ont une fiera, une sorte de lieu en partie fermé, en partie ouvert, grand souvent comme un stade de football, qui sert à accueillir des grandes manifestations professionnelles à destination des professionnels ou des particuliers. En gros c'est là qu'ont lieu l'équivalent de nos "Salons" (du livre, de l'automobile, de l'agriculture, etc). La différence, en Italie, c'est que ces manifestations sont beaucoup plus décentralisées qu'en France : des salons de grande ampleur peuvent avoir lieu en-dehors de la capitale. Bon, disons que les plus grands salons ont lieu dans les villes du nord de l'Italie, malgré tout (Turin, Milan, Verone...). Mais à Paris, les plus grands salons sont à Paris. Oui, vous me trouverez sûrement des exceptions (comme la BD à Angoulême), mais elles ne sont pas légion.

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  • Cet événement est gigantesque, puisque je confirme que la superficie occupée par l'événement avait effectivement sans exagérer la taille d'un stade de foot, avec la plus grosse partie destinée aux stands des producteurs, rangés par région, avec, évidemment, des superficies impressionnantes destinées aux producteurs toscans, piémontais ou vénitiens, les autres régions n'étant pour autant pas sous-représentées.

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  • Il est assez frappant de remarquer l'évolution de l'intérêt que l'on peut susciter de la part des exposants en fonction de la façon dont on se présente... J'ai testé pour vous, et voilà le résultat : j'ai commencé par me présenter ainsi que mon projet d'énothèque de vins italiens sur Nantes. Dans ce cas-là, pas de soucis, les gens prennent le temps de parler (pas les plus gros qui ne visent que des gros clients, mais que je ne vais d'ailleurs moi-même pas spécialement visiter), je commence par découvrir toute la gamme des vins avec un des vignerons-oenologues, puis on discute un peu conditions avec un interlocuteur plus ciblé vente / administration. J'ai aussi essayé de me présenter comme un particulier venu boire à l'oeil des plus ou moins bons vins (enfin, à l'oeil, l'entrée n'est pas donnée...). Là, dans le meilleur des cas, j'ai une hôtesse - souvent fort accorte - qui daigne me verser un peu de vin dans le fond d'un verre, espérant que je fasse rapidement place nette pour un "vrai" client. Et puis, je finis par me présenter, et là, l'hôtesse va parler à l'oreille d'un gars important, genre cravete / dégarni ou bien encore genre blonde 40 ans commerciale... Et là, je commence à devenir le roi du monde... En même temps, je comprends, j'ai même parlé de cela dans une note précédente.
  • Il est plus que temps que je me confectionne une carte de visite. Tous mes interlocuteurs me l'ont demandée... J'avais jusque là repoussé l'échéance, ne sachant quelle adresse fournir, mais tant pis, quitte à en imprimer provisoirement qu'un petit nombre, il va falloir, c'est mieux pour la crédibilité.
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  • Le ticket d'entrée de Vinitaly me semble un peu cher : pour 35 €, on rentre une journée. Bon, il est vrai, après on ne paye aucun des verres que l'on boit, et on peut aussi manger complètement à l'oeil, surtout quand on se présente comme professionnel. Je comprends qu'il faille aussi dissuader quelques arsouilles. Mais je me dis que, l'évévement durant 5 jours, cela peut vite être cher, de payer 35 € tous les jours. Bon, en même temps, moi, je suis allé 2 jours à Vinitaly, et j'ai payé en tout en pour tout 25 €, mais sur le principe, cela reste cher...
  • Cela reste d'autant plus cher que, à titre, personnel, à moins de sélectionner mes producteurs sur la base de leur bonne tête, il faut déguster la gamme des vins la plus large possible d'un même producteur. Même si, sur chaque verre, on ne boit qu'une gorgée, et que ce n'est pas nécessairement la cirrhose qui me guette, je dois reconnaître qu'au bout de 20 vins dégustés, je commence à avoir le palais complètement inapte au jugement. Je perds la notion du goût. Ainsi, après 3 ou 4 producteurs, continuer la sélection devient un peu inutile, pour ce qui me concerne. Une journée n'est donc pas suffisante.
  • Globalement, les producteurs rencontrés sont très surpris qu'un français puisse avoir l'idée d'un projet comme celui-ci en France. Le message entendu est en général celui-ci : la France est un marché difficile. En même temps, ils sont ravis de pouvoir envisager avec moi de pénétrer le marché français. Après tout, ils n'ont pour leur part rien à y perdre...
Régulièrement, je donnerai des débriefing de cette mini-semaine très riche en Italie, où je n'ai d'ailleurs pas fait que Vinitaly. 

samedi, 05 avril 2008

Vinitaly du point de vue du petit producteur

7683db7cfc3a9f639d52646b140a1d27.jpgVous allez sans doute finir par le savoir, je vais à Vinitaly. D'ailleurs, au moment où vous lirez ces lignes, je serais à Vinitaly. Oui, je l'avoue, ce message a été programmé pour ne vous arriver que samedi 5 avril, alors qu'il aura été écrit mardi 1er avril.
 
Vinitaly, c'est un rendez-vous incontournable pour les555f8af2331a9039d6fcbdda9525bbc1.jpg professionnels du vin en Italie. J'ai trouvé à ce sujet un point de vue intéressant de GianPaolo Paglia, l'auteur du blog Poggioargenteria, et producteur du vignoble éponyme en Toscane, que j'étais allé visiter en octobre 2007.
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D'abord, il confirme que Vinitaly, c'est incontournable pour les "professionnels de la profession" : "l’unico vero e proprio evento fieristico al quale è impossibile rinunciare", soit "l'unique vrai et pur événement de foire auquel il est impossible de renoncer", et ce avant tout pour des raisons de "pubbliche relazioni" (je ne vous ferai pas l'injure de traduire ceci).
 
Mais on ne peut pas vraiment prendre le temps de faire découvrir son travail dans cet environnement : "i vini sono spesso troppo caldi, i bicchieri dopo un po’ cominciano a dare segni di fatica, gli spazi sono risicati, i tempi sono frenetici", soit "les vins sont souvent trop chauds, les verres donnent rapidement des signes de fatigue, les espaces sont exigus, les temps sont frénétiques".
 
Et puis, il y a un coût : louer l'emplacement, louer le stand, déplacer 3 personnes pendant 5 nuits, plus le vin, évidemment, c'est un coût de 10.000 € HT; nous dit Gianpaolo.
 
Mais le problème, selon le blogueur / vigneron, c'est que cet événement soit simultanément ouvert aux professionnels, ceux qui ramènent les grosses commandes, et aux simples passionnés :"La manifestazione dovrebbe essere solo per gli operatori. Non c’e’ tempo e spazio per servire adeguatamente entrambe le tipologie, che sono naturalmente entrambe fondamentali per noi produttori." : "la manifestation devrait être seulement pour les opérateurs. Il n'y a pas de temps pour servir correctement les deux typologies, qui sont naturellement toutes deux fondamentales pour nous producteurs". Et il avoue en toute franchise qu'entre un opérateur qui fait la queue et un groupe de passionnés installés au stand, il va privilégier l'opérateur et demander aux passionnés de faire place :"Cosa devo fare se in quel momento ci sono un gruppo di ragazzi appassionati allo stand? Non posso che lasciarli od invitarli a lasciare liberi gli spazi." "Que dois-je faire, si, à ce moment, il y a un groupes de garçons passionnés au stand ? Je ne peux que les abandonner ou les inviter à laisser libre les places".
 
GianPaolo regrette en fait que le réglement de Vinitaly stipule que la foire soit réservée aux professionnels pour, en définitive, laisser entrer les particuliers, qui ne seront pas traités en priorité, ce qui, au bout du compte, nuira à tous...
 
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