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mardi, 01 avril 2008

La place du vin italien en France

eabcca7dea634563d0da714913958a77.jpgViniflhor, l'office national interprofessionnel des fruits, des légumes, des vins et de l'horticulture est une vraie mine d'or si l'on cherche des statistiques sur le vin en France. Alors, évidemment, il y est principalement question de vin français, mais pas seulement. Puisqu'on y parle commerce, consommation, exportation, etc, on parle aussi de vins étrangers. Par exemple, courant mars, l'organisme a sorti un rapport intéressant sur le commerce extérieur des vins en 2007.
Bien sûr, on parle plus d'exportation que d'importation, mais l'import y est malgré tout évoqué. 
 
Concernant les importations, donc, de façon générale, le volume importé est en très légère augmentation en 2007 par rapport à 2006 (+0,5%), avec 5,4 millions d'hl. Même si l'augmentation est faible, c'est la première année depuis 2004 que l'on constate cette hausse. En valeur, on observe une croissance nettement plus élevée, traduisant une augmentation du prix à la bouteille : 544 millions € (+9,9%).
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En gros, bon an mal an, le niveau en volume est celui constaté depuis 1996 si l'on fait exception des 3 années du début du siècle, qui ont connu un trou sous les 5 millions d'hl, tandis qu'en valeur, on atteint un niveau record, le précédent record datant de 2000 (qui avait d'ailleurs précédé le début de la chute de 3 ans).
 
On en arrive à ce qui intéresse directement ce blog, de par son thème (et non "de part", comme on le voit souvent écrit...) : le poids des vins italiens dans tout cela. 
 
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Force est de constater que l'année 2007 n'a pas été l'année du vin italien en France. Certes, ce pays continue d'occuper la deuxième place, mais les forteresses que sont l'Espagne et l'Italie sont tellement inattaquables à court terme par des pays tiers que ce simple maintien dans le classement n'est guère révélateur.
Donc, l'Italie a vu sa part de marché en volume baisser dans les importations françaises, passant de 28% à 24%, alors, que globalement, les importations en France ont augmenté : l'Italie n'a pas su profiter de ce léger regain. La régression du vin italien est de 13% / 2006, ce qui n'est pas négligeable. Si on parlait d'une entreprise, le directeur commercial France aurait déjà sauté...
 
Ce qui est par ailleurs intéressant dans le graphique de l'Italie, c'est cette chute très significative constatée depuis 2000, où les vins italiens pesaient pour 66% des ventes de vin étranger en France pour tomber progressivement à 20% en 2003. Depuis cette année 2003, le vin italien tourne autour des 20% avec toutefois une pointe en 2006 à 28%.
Je n'ai pas réussi à m'expliquer les raisons de cette dégradation sur 4 ans, mais je vais chercher, et je vous tiendrai au courant.
 
En tout cas, d'un point de vue français, félicitons-nous, la balance commerciale du vin est largement excédentaire, puisque quand on importe 544 millions €, on en exporte 6.748 millions, soit un solde positif de 6.204 millions, en progression de 10% / 2006. Le vin français est peut-être en crise, mais tous les chiffres ne le démontrent pas...
 
 
 
 
 
 

mercredi, 19 mars 2008

Le vin italien : le meilleur rapport qualité / prix

1117be6b9511ca92126b2bfc809d25b5.jpgEh, c'est même pas moi qui le dit, c'est Vincent Marissal. Mais qui est ce Vincent Marissal, vous, lecteurs de mon blog essentiellement français (83%, les canadiens comptant pour 3% de mes visites) ? Un chroniqueur de La Presse, journal francophone canadien, dont les chroniques ne parlent pas spécialement de vin, en fait. De tout, il parle.
 
Mais, samedi 15 mars, il a parlé de vin italien. Plus précisément du rapport qualité / prix du vin italien : "Moins prestigieux que leurs cousins français, les vins italiens ont bien souvent l'avantage collatéral d'être moins chers, tout en étant plus fins et plus complexes que les Espagnols et sans contredit que les vins du Nouveau Monde...".
 
Vincent Marissal, qui se définit comme un amateur-connaisseur, évoque aussi l'évolution du vin italien sur les 30 dernières années, ainsi que l'importance de certains grands noms, que sont Gaja, Antinori ou Frescobaldi. Allez donc lire sa chronique dans son intégrale

mercredi, 27 février 2008

Les millésimes réputés du vin italien - Chianti

En novembre, j'avais fait une petite note sur les meilleurs millésimes du Barolo et du Barbaresco. Cette note ne peut pas rester sans suite, j'ai donc décidé de faire le même point concernant les meilleurs millésimes du Chianti.

Les tout meilleurs millésimes, unanimement reconnus comme tel pour le Chianti Classico sont : 2004, 1999, 1997, 1995, 1990, 1988, 1985, 1978, 1970, 1971.

Inversement, les années à éviter sont 1992, 1989, 1984

Et, comme dans le Piémont, 2007 s'annonce une très bonne année 

Et n'oubliez pas la règle d'or pour acheter malin :
  • dans les grandes années, acheter les petits producteurs
  • dans les petites années, acheter les grands producteurs

 

mardi, 19 février 2008

Vénétie, Sicile, Piémont : 3 vins au banc d'essai

Vendredi soir dernier, j'ai ouvert 3 bouteilles italiennes, profitant d'un peu de compagnie. Les résultats n'ont pas été négatifs, mais on peut quand même nuancer tout cela.

984a7e7cef14f33804923dba5e50d819.jpgProsecco di Conegliano cuvée brut DOC - Carpenè Malvolti

Bon, Carpenè Malvolti, je l'ai déjà évoqué , ici, mais également . Non, ils ne me payent pas, mais quand on m'offre des bouteilles pour les déguster, j'en fais un compte-rendu. Et puis, mes précédentes notes sur cette maison ne sont pas spécialement complaisants, me semble-t-il.

Là, j'ai ouvert la dernière bouteille "échantillon" qui me restait en guise d'amuse-gueule. Un Prosecco. Donc, là, on attaquait le coeur de l'activité de la maison Carpenè, puisqu'originaire du Veneto (non loin de Trévise), celle-ci est spécialisée dans le Prosecco. Je vous rappelle que j'ai fait une petite note pour développer un peu les dessous du Prosecco. J'ai fait également fait une note sur la pub mettant en scène une starlette connue pour ses frasques, ses provocations et sa vulgarité (non, je ne dirai pas le nom, pas de racolage gratuit) vantant les mérites d'un Prosecco aromatisé et en canette.

Bref, notre couple d'amis étant à mon avis d'assez fins dégustateurs, j'attendais leur opinion pour savoir si ma première impression lorsque j'étais en déplacement en Vénétie était bonne, à savoir plutôt positive quant à ce produit.

Concernant les considérations visuelles, la couleur jaune très claire, virant parfois sur des teintes légèrement vertes est assez classique. Les bulles, fines et peu denses. Olfactivement, des parfums de pomme, d'agrumes remonte rapidement. Gustativement, on a affaire à une boisson assez légère, ne promettant pas de maux de têtes (ce qui peut encore survenir sur les mousseux de qualité médiocre).

Pour résumer le sentiment général, en dépit de l'a priori que peuvent avoir des français (mais sûrement pas seulement des français, et sûrement pas forcément à tort) sur la méthode Charmat, je ne trahirai personne en écrivant qu'il s'agit là d'une boisson agréable, à la fois sans prétention et plaisante, parfaitement adaptée à un apéritif tout en légèreté et non ruineux.

 

I paladini Syrah 2006 IGT - Guarino

Pareillement que pour Carpenè Malvolti, j'ai déjà évoqué ce producteur que je n'ai pas encore visité dans deux autres notes, Guarino et Bera : du sud au nord de l'Italie en une soirée et 3 vins italiens, 3 producteurs, 3 régions. Là, il s'agit d'un Syrah produit par ce vigneron sicilien.

J'en profite pour digresser vers les origines du Syrah. Plusieurs hypothèses sont développées autour de la région dont ce cépage est originaire. Certains pensaient à l'Iran et à la ville de Shiraz (le cépage s'appelant d'aileurs Shiraz dans certaines langues.

 

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D'autres pensaient que ce cépage provenait de la Sicile, et plus précisément des environs de Syracuse (Syrah / Syracuse).

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Il semblerait en réalité, d'après certaines recherches sur le point génétique, que ce cépâge provient des Côtes du Rhône, région où il est d'ailleurs particulièrement utilisé.

Aujourd'hui, le Syrah fait partie des 6 cépages les plus internationalement utilisés (avec le pinot, le merlot, le chardonnay, le carbernet sauvignon et le sauvignon), puisqu'on en trouve produit en quantités significatives dans tous les grands pays du vin, qu'il soient catalogués ancien ou nouveau monde, même s'il ne porte pas toujours le même nom.

Le Syrah donne en général des rouges (pour les rouges, c'est pas en général, c'est tout le temps !) très colorés, couleurs cerises, violets, très parfumés (épices, notamment) et bien structuré. Ce n'est pas le cépage le plus simple à cultiver car il est relativement sensible aux maladies.

Digression terminée...

En l'occurrence, I Paladini proposent un Syrah assez simple, plutôt concentré, avec des tanins modérés qui ne permettent pas de proposer une longue garde. C'est un vin qui prend sa place, il faut donc l'accompagner avec des plats qui savent lui résister.

 

c3976f069f98c3c3060dad852ced2d9f.jpgMoscato d'Asti DOCG 2007 - Bera

De nouveau un producteur, Bera, que j'ai déjà évoqué à plusieurs reprises pour le présenter, parler de leur passito, de leur Alladdio Langhe Nebbiolo, ou de leur spumante. Celui-ci est piémontais, perdu au milieu de nulle part.

Le Moscato d'Asti est un vin typiquement piémontais produit à base du cépage moscato bianco. Celui que j'ai goûté n'est à mon sens ni spumante, ni fermo, il est frizzante, c'est-à-dire, qu'il pétille légèrement et dégage une mousse très fine. A part cela, la caractéristique majeure de ce vin, c'est qu'on a presque l'impression de sucer un bonbon acidulé. Autant dire que là encore, il faut choisir ce qu'on va manger avec. En général, c'est à déguster avec des desserts, mais je tendrais à penser que certaines femmes ne le dédaigneraient pas en apéritif. C'est à tenter. Globalement, pour caricaturer les sexes, je doute que beaucoup d'hommes en France soient clients de ce genre de vin.

En l'occurrence, je l'ai servi avec une tarte au citron. Je pense que j'ai frôlé la faute. De l'acidulé sur de l'acidulé, c'est trop explosif, la bouche était partie. La mienne en tout cas. La prochaine fois, je le tenterai avec quelque chose de moins fruité, comme des beignets, ou un quatre-quart, peut-être.

Sinon, pour parler de la qualité du vin, j'ai quand même eu le sentiment d'avoir à faire à un vin plutôt très fin. Et alors, pour le coup, avec 5° d'alcool, on ne va pas rouler sous la table. 

jeudi, 14 février 2008

Carlo Ferrini, Winemaker de l'année

Ah, ça assure, Winemaker, ça vous place un personnage. Déjà c'est dit en anglais, alors tout de suite, ça vous place au-dessus de la mêlée. Bref, cette année, Carlo Ferrini, un italien, comme ses nom et prénom l'indiquent, a gagné le titre envié de Winemaker de l'année. J'ai découvert en lisant mes fils RSS du Corriere del Vino. Sans vouloir présumer de votre connaissance de la langue transalpine vue de France, je tiens à vous dire que les précédents liens sont en italien... Mais je vais vous résumer tout cela.
 
Bon, la première question que je me pose en lisant cela, c'est : élu, certes, mais par qui ? Parce que moi, on ne m'a pas proposé de voter. Vous me direz que mon rayonnement dans le vin ne mérite pas qu'on fasse appel à moi. Et vous avez franchement raison. Cependant, cela m'intéresse quand même de savoir qui a voté, parce que dans le monde du vin, des classements, similaires mais différents, on en trouve ! Eh bien, en l'occurrence, ce sont des experts commandités par la revue Wine enthusiast. C'est une revue américaine sur le vin - non !!!!!! - qui a une certaine audience dans le monde. Moins que le Wine Spectator, toutefois.
 
 
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 Soit. D'ailleurs, ci-joint le palmarès complet des Wine Star Awards 2007 !!
 
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Le but de ma note n'est pas d'avoir un avis sur ce vote, il a eu lieu, il a sûrement toute sa légitimité et les gens qui ont fait ces choix s'y connaissent indéniablement et sans aucune fausse modestie beaucoup mieux que moi. Mais dans un permier temps, je voulais en profiter pour faire connaissance avec Carlo Ferrini.
 
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Ferrini est un toscan, né à Florence, très exactement, il y a de cela 54 ans. Voilà donc un homme qui a donc baigné dans le juste milieu dès le début, à n'en pas douter. Il a d'ailleurs fait des études d'agriculture, et juste après, il a été engagé auprès du Consorzio Vino Chianti Classico, le gardien du temple de l'appellation.
 
Il a tourné une dizaine d'années auprès des producteurs toscans pour leur apporter une expertise technique, et en a donc profité pour également apprendre de ces diverses expériences. Il a notamment beaucoup travaillé sur le cépage roi de la Toscane, le San Giovese, en créant les meilleurs clones possibles.
 
Puis, sous la dénomination "Chianti Classico 2000", il a développé son propre projet, visant à faire un énorme bond de qualité, toujours de cette appellation qu'est le Chianti Classico. Il travaille désormais pour divers producteurs dans toute l'Italie, du Nord, au Trento, par exemple, au sud, en Sicile notamment. Avec toujours un pied en Toscane, évidemment. Ses admirateurs disent de lui qu'il a su parfaitement bien marier la nouvelle technologie viti-vinicole et le respect des terroirs. Lui-même déclare : “è solo la vigna che fa un grande vino, il mio ruolo è tradurre, al massimo interpretare… ma poi nel bicchiere è sempre la terra che parla”.
C'est-à-dire : "c'est la vigne seule qui fait un grand vin, mon rôle est de traduire, au maximum d'interprêter... mais ensuite, dans le verre, c'est toujours la terre qui parle." A titre personnel, je ne doute aucunement de cela, mais qui ne le dirait pas. En fait, ils disent tous ça... Imaginez un mec qui dit : " la vigne, là, elle était dégueulasse, la maladie était dedans, mais je l'ai bien bricolée - attention, en toute légalité, hein !! - du coup, j'en ai tiré quelque chose de pas si mal".
 
Ne nous méprenons, pas, je ne préjuge pas du travail de Ferrini, je dis juste que ce genre de déclaration ne dit finalement pas grand chose.
 
Disons qu'au bout du compte, Ferrini fait indéniablement des bons vins, mais il sait les habiller pour leur donner une belle commerciabilité. A noter que parmi les producteurs que j'ai pu évoquer, je sais qu'il a travaillé avec Poliziano et Fonterutoli.
 
94db8a0fff7840b7380f0b0cbba6d8fa.jpgUn grand critique des vins italiens, Franco Ziliani, dans son blog Vino al Vino est clairement plus critique que moi. Il évoque souvent le travail de Ferrini, et rarement avec une grande tendresse : "basta dire chi sia l’enologo, il baffuto Carlo Ferrini ..., che rappresenta quella new wave modernista che a mio avviso sta gravemente intaccando l’identità e la credibilità, anche se non l’apprezzamento, da parte dei Wine Spectator..."
 
Dans la langue de Molière, cela fait à peu près : " il suffit de dire qui a été l'oenologue, le moustachu Carlo Ferrini... qui représente cette new wave moderniste qui, à mon avis, est en train d'entâcher gravement l'identité et la crédibilité, même si cela n'entâche pas l'appréciation de la part du Wine Spectator...". Non, il n'y a pas de montage de mots, je coupe pour rendre la phrase plus compréhensible.
 
Bon, tout ça pour dire que, dans le vin italien, comme dans le vin français, comme dans le vin du monde entier, ne vous jetez pas forcément sur les classements, sauf si votre but est de faire de la spéculation. Goûtez... 
 
 

 
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