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samedi, 18 octobre 2008

Le Piémont par CasaVino

Ca y est, l'inauguration est terminée... Maintenant, je passe à l'étape suivante : le rédactionnel de mon site, CasaVino. Afin d'alimenter mon blog, mes écrits destinés au site y seront publiés. Ca va être de l'instructif, puisque je commence par une présentation de toutes les régions que j'ai à ma carte.

Et là, je viens de finir le Piémont.

Le Piémont, situé au Nord-Ouest de l'Italie, à la frontière de la France et de la Suisse, est comme son nom l'indique, situé au pied des montagnes, les Alpes, plus exactement. En réalité, le Piémont n'est pas qu'au pied des montagnes, il est aussi un peu dedans...

Il s'agit là d'une région majeure de l'Italie viticole, mais pas seulement, car le Piémont est un atout majeur dans l'Italie d'un point de vue industriel (automobile, notamment, avec la FIAT, mais aussi textile) et agricole. Concernant les vins, c'est la région bénéficiant du plus grand nombre de DOC et DOCG (DOC étant l'équivalent de l'AOC française, la DOCG étant une sorte de "super AOC")

D'un point de vue viticole, l'ouest de la région, dominé par les montagnes, est inévitablement infructueux. Le gros de la production se situe au sud-est de Turin, autour des principales villes que sont Alessandria, Alba, Asti ou Canale. Cette zone est pourvue de jolies collines en pentes douces parfaitement adaptées à une viticulture de qualité. Le climat, plutôt chaud et sec l'été, mais très souvent humide et frais le reste du temps est aussi une vrai facteur positif. C'est tout particulièrement le cas de la région des Langhe, autour d'Alba, où tout concourt à produire de très grands vins, notamment dans les DOCG Barolo et Barbaresco, deux des plus fameuses appellations italiennes. Il existe une autre zone viticole au nord, moins réputée mais pouvant proposer des vins d'un très bon rapport qualité prix.

Mis à part le Barolo, le roi du Piémont, un vin très corsé, très parfumé, très puissant, mais en même temps très harmonieux, et le Barbaresco, qui joue plus sur la finesse et l'élégance, les grandes appellations en rouge à ne pas manquer sont le Barbera d'Alba, un vin corsé pourvu de tanins soyeux ou le Dolcetto d'Alba, un vin fruité, marqué d'une certaine amertume.

En blanc, le gros de la production et de la consommation reste concentré sur l'Asti spumante et le Moscato d'Asti, ces vins mousseux à la bulle vivace et au fruité proche du bonbon acidulé. Mais certaines appellations, comme le Roero Arneis, proposent des vins plus fins.

Le Zoom : le nebbiolo

Le cépage nebbiolo est un peu le roi de la région, celui qui fait beaucoup pour son prestige. Nebbiolo est etyomologiquement issu de "nebbia", signifiant "brouillard" en italien, ce qui évoque bien ce que j'ai moi-même vécu quand je suis allé dans les vignobles piémontais en novembre 2007, les collines étant très souvent couvertes de brume. C'est un cépage nécessitant une grande attention dans la vinification, car il présente la caractéristique d'une grande amertume, ce qui peut le rendre astringent s'il n'est pas bien vinifié, mais si tout se passe bien, il donne parmi les meilleurs vins au monde, à commencer par le Barolo.

Pour en savoir plus sur le Piémont.

 

jeudi, 28 août 2008

Un petit Negro ?

Philippe Rapiteau, lors de notre rencontre récente, m'avait généreusement offert une bouteille de Sudisfà 2002, de chez Negro, un de ses amis, et comble du bonheur, producteur piémontais de haute réputation. D'où le titre un peu racoleur, j'en conviens, je n'en suis pas très fier.

8308108.jpgDonc, commençons par ce fameux producteur, Negro, prénommé Angelo (J'adore ces petites photos, rien que les regarder, ça donner envie !).

En fait, l'histoire a déjà quelques années, voire plus, puisqu'elle commence en 1670 avec Giovanni 1837812524.jpgDomenico Negro, deuxième du nom. C'est là que ce-dernier devient propriétaire de vignes à l'endroit même où ils sont encore situés de nos jours, à Monteu Roero. Depuis, ils ont toujours été plutôt synonymes de qualité, et ceci ne semble pas se démentir aujourd'hui.

Leur production la plus importante est, pour 50% de la superficie, le cépage blanc arneis, un cépage autochtone très représenté dans la zone. On trouve ensuite le nebbiolo, pour 25%, le roi du Piémont, qui donne dans cette zone, l'appellation Roero.

Le Roero Sudisfà est un peu la figure de proue de l'entreprise, produit pour 100% à partir de nebbiolo. Il s'agit en effet du vin pour lequel Negro est le plus réputé, même si on commence à parler sérieusement d'un autre de ses vins, le Roero Prachiosso.

1666653144.JPGMais passons à ce compte-rendu de dégustation en lui-même, le Roero Sudisfà 2002, en remerciant de nouveau Philippe de m'avoir permis cette dégustation (la photo n'est pas top, vous m'en voyez désolé, mais elle a le mérite d'exister).

La couleur de ce vin est d'un rouge assez sombre, avec parfois des reflets grenats. Le nez est très agréable, subtil et marqué à la fois, on y trouve des parfums de vin concentré, ce fameux sous-bois, de la cerise, des épices et puis de la vanille. Bien d'autres choses encore. En bouche, se confirme la concentration du vin, avec une première impression de très bel équilibre, les tannins sont tout comme il faut, les épices se retrouvent. Vraiment une très belle bouche. Et puis, en laissant passer quelques secondes, pour ma part, mais aussi certains de mes convives, est apparu une légère surdose de sucre, cassant un peu ce bel équilibre.

Cela étant, je reste sur une impression positive, car, une fois passé ce petit trop de sucre, on retrouve une finale agréable.

Une dernière fois, merci Philippe !!!

lundi, 23 juin 2008

Angelo Gaja, faiseur de (grands) vins

418929211.jpgIl fallait bien un jour, je consacre un peu de temps à vous parler d'Angelo Gaja. Angelo Gaja, c'est un peu pour le Piémont ce qu'a été Antinori pour la Toscane, celui qui a su relancer, dans les premiers, au début des années 70, le vin piémontais commercialement en le tirant par le haut d'un point de vue qualitatif.1542932623.jpg
 
Mais commençons par le commencement. La Cantina di Gaja a été fondée par Giovanni Gaja aux alentours de 1859 dans les Langhe, dans le Piémont, donc. Durant un bon siècle, ce fut une petite entreprise familiale, transmise génération après génération. Angelo arrive à la quatrième génération. Né en 1940 à Alba, il intègre le domaine en 1961 suite à un diplôme d'oenologue à l'institut oenologique d'Alba, l'un des plus réputés au monde, et d'économie à Turin. En 1969, il devient le patron du domaine.
 
Mais, me direz-vous, qu'a-t-il donc fait pour transformer ce petit domaine en tête de proue du Piémont, et devenir lui-même une figure majeure du vin italien ?
  1. Il a arrêté d'acheter du raisin non produit dans sa propriété, afin de pouvoir en maîtriser l'élevage à 100% (enfin, 100% moins le climat, et autres petits phénomènes non maîtrisables dans le genre). Il s'assurait ainsi l'exacte qualité recherchée.
  2. Il s'est avant tout concentré sur l'appellation Barbaresco, une appellation qui mourait à petits feux, mais ayant un gros potentiel notamment en raison du cépage, le nebbiolo. Il a su comprendre que la terre dont il avait hérité était idéale pour des grands Barbaresco.
  3. Il a abandonné les foudres de chênes yougoslaves utilisés dans toute la région pour utiliser des fûts de chêne français. Dans ce bois, le nebbiolo, qui n'est pas le plus simple des cépages à vinifier ni même à déguster, mais qui peut donner des trésors quand tout est réuni, pouvait s'assagir, etre dompter, assoupli.
  4. Il a abandonné le vin en vrac pour ne faire que de la commercialisation en bouteilles.
  5. Tout en conservant des cépages autochtones, sur les sols où le nebbiolo s'avérait moins performant, il a planté du cabernet sauvignon et du chardonnay. Un sacrilège à l'époque, mais il a su en tirer la quintessence, et aujourd'hui, personne ne conteste la réussite de ses vins blancs à cépages internationaux.
1821626758.JPG On pourrait évidemment en ajouter d'autres, mais ce sont 4 décisions majeures dans le Piémont des 60' / 70's, qui lui ont donné un temps d'avance sur ses concurrents piémontais, mais, qui, malgré tout, ont permis à l'ensemble des producteurs du Piémont de s'élever très haut dans la hiérarchie internationale des vins.
Et puis, après le Barbaresco, Gaja s'est attaqué sérieusement au Barolo en 1988, en rachetant le domaine Marenca e Rivette a Serralunga d'Alba. Nouveau succès... Nouveau virage en 1996, avec l'achat d'un domaine en Toscane, dans le Bolgheri, où il s'amusa alors à faire ses super toscans à lui. Moins renommé que les Ornellaiai et autres Sassicaia, Gaja se fait malgré tout inévitablement une place au soleil en Toscane également. Son domaine, il l'a appelé Ca'Marcanda car ce n'est qu'une vingtaine d'années après sa première offre que son ancien propriétaire a accepté de lui vendre. Ca'Marcanda, cela signifie "Maison des marchandages"...
 
Aujourd'hui, Gaia Gaja (oui, Gaia Gaja, pas d'erreur), sa fille, prend doucement le relais, alors qu'Angelo affleure les 70 printemps.
 
Parmi les crus qui ont fait sa réputation, citons les Barbaresco Sori Tildin, Sori San Lorenzo ou Costa Russi, le Barolo Sperss.
 
Voilà, l'homme est présenté, il faut maintenant goûter ce qu'il a produit

dimanche, 09 mars 2008

Nebbiolo et Barbera par Remy Charest

Remy Charest est critique oeno-gastronomique québecois. Il tien 2 blogs (blogues en québecois), un en français, un en anglais. Ils sont comme ça, les québecois, bilingues. Mais ce n'est pas le débat...
 
J'avais un peu laissé tomber sa note du 11 février, alors que j'avais l'intention dans faire une retombée chez moi, mais, il n'est jamais trop tard, et donc, 1 mois après, je vais tenter modestement de rebooster le trafic de sa note. Bon, en vrai, ce n'est pas l'objectif premier. Moi, je suis là pour parler de vin italien et le faire découvrir, pour l'essentiel.
 
4822ed38ad512ff2402ba4cb1f87e7fe.jpgDans cette note, donc, Rémy Charest évoque la dégustation d'un Barbera d'Alba, Conca Tre Pile 2004, de chez Aldo Conterno (le prénom est important, parce que des Conterno, dans le vin piémontais, il y en a une palanquée).Ce qui est intéressant, ce n'est pas tant la dégustation de ce vin et son compte-rendu, mais la digression à partir de cette dégustation sur les deux cépages majeurs du piémontais que sont le nebbiolo et le barbera.
 
Rémy Charest, déplore, sur le vin dégusté que le vigneron ait tenté de "nebbioliser" son vin, c'est-à-dire, ait tenté de lui appliquer les méthodes d'affinement d'un Barolo, par exemple, alors que ce cépage n'est pas exactement conçu pour cela.
Le barbera serait plus adapté à la confection de vins au caractère léger. Je n'en dis pas plus, allez lire la note, après tout.
 
A noter également, l'extrait d'un interview d'Angelo Gaja, figure majeure du vin piémontais, italien, mondial.
 
Bonne lecture... 

 
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