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vendredi, 07 novembre 2008

On parle de moi chez les sommeliers italiens

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Le Brunello, encore, toujours. On ne se rend pas compte, vu de France, même vu des oenophiles français, mais l'affaire du Brunellopoli fait énormément parler les internautes italiens de la vinoblogosphère, professionnels ou amateurs. Je suis en France l'un des rares à en parler, et du coup, certains italiens ayant plus que de bonnes notions de français, reprennent mon point de vue pour leurs synthèses. C'est le cas de Franco Ziliani, auteur du blog Vino al Vino, mais également contributeur du site Sommelier.it, le site officiel de l'Associazione Italiana Sommeliers (vous ferai-je l'affront de traduire ? Non...). Celui-ci fait une synthèse lors de laquelle il évoque ma dernière note sur le sujet.

Je me fais mousser ? Oui, un peu...

mercredi, 05 novembre 2008

Des nouvelles du Brunellopoli

Le Brunellopoli est une source infinie de notes, commentaires, polémiques... J'ai choisi de ne pas en parler aussi souvent que je lisais des mises à jour ici ou là, mais certaines avancées méritent qu'on y retourne.

brunelloconsorziologo.JPGEn l'occurrence, ce qui fait parler, c'est le vote du consortium du Brunello di Montalcino, soit les producteurs de l'appellation. Le débat faisait rage autour des normes de production du Brunello, et, tout particulièrement, pour déterminer si le Brunello devait rester à 100% du sangiovese, ou si l'on tolérait quelques cépages autres. Le vote a été à l'unanimité de rester sur un 100% sangiovese. A priori, sans me considérer un spécialiste de la question, cela ressemble à une bonne nouvelle. Après tout, le succès de ce vin, sans vouloir paraître un brin fasciste (on parle de vin et de terroir, pas de races, il est important de le préciser), vient entre autres de la pureté de sa conception.

Cependant, et c'est la thèse de Vinowire, et plus exactement, de Franco Ziliani, que je reprends à mon compte, ce vote cache assez mal le fait que certains producteurs (les plus significatifs en quantité produite, notamment), peu de temps auparavant, avaient plaidé pour que l'on quitte l'absolutisme du 100% sangiovese. Alors, pourquoi ont-ils voté pour, au bout du compte ? Très probablement pour mettre fin à la crise, comprenant qu'ils allaient sans doute perdre, autant se ranger du côté de la victoire. L'affaire n'est sans doute pas définitivement réglée, mais au moins, on affiche une unanimité de façade pour la meilleure des solutions.

Eric Asimov semble partager ce point de vue.

mardi, 02 septembre 2008

Débat sur le Brunello di Montalcino

119730867.jpgOù l'on reparle du Brunellopoli... Si, si, souvenez-vous.

Ca y est, vous vous être rafraîchis la mémoire ? Bon. Ce n'est pas que j'ai vraiment de nouvelles informations à vous soumettre sur le sujet, mon but serait plutôt de vous faire part du débat qui alimente la vino-blogosphère italienne voire plus autour du Brunello di Montalcino.

Cependant, avant cela, j'ai une information à vous soumettre. On parlait, il fut un temps de 13 producteurs impliqués dans l'affaire du Brunellopoli, sans pouvoir vraiment mettre de nom là-dessus. En fait, désormais, il semblerait qu'il n'y ait en fait que 4 producteurs concernés, mais pas des moindres :  Banfi, Argiano, Antinori et Frescobaldi. En gros, ce qui fait partie de la crême du vin toscan, italien, même, vraiment. Bon, cependant, l'instruction de l'affaire n'est pas terminée, il convient donc de rester prudent.

Mais ce n'est pas cela dont je voulais vous entretenir, en cette rentrée des classes grisonnante.

Vous le savez peut-être, le Brunello est une appellation MAJEURE du vin italien. Le succès de ce vin vient notamment de la conjonction du cépage sangiovese dans sa version "grosso" et d'un terroir où ce cépage prend toute sa puissance. Le problème de cette appellation, c'est que peu de parcelles permettent d'obtenir l'excellence de ce vin, mais que, face au succès et à la demande, des parcelles donnant une moindre qualité ont été classées en DOCG Brunello di Montalcino. Du coup, pour compenser un sangiovese grosso pas aussi efficace, certains sont tentés de faire des assemblages, alors que cette DOCG est sensée être constituée à 100% de sangiovese grosso.

C'est à ce moment que je peux évoquer l'interview de Gaja au Corriere della Sera, un des quotidiens majeurs en Italie. Au cas où, je vous renvoie à cette note où je vous présente Gaja, un homme important dans la progression de la qualité du vin italien ces 30 dernières années. Cet homme, qui a commencé dans le Piémont, est ensuite allé s'essayer, plus récemment, en Toscane, et entre autres, dans le Brunello. Il a donc son mot à dire, et son influence importante fait que son avis est essentiel.

Que dit Gaja, en quelques mots ? Qu'il faut faire évoluer l'appellation Brunello di Montalcino afin qu'elle puisse accepter des cépages complémentaires. En revanche, qu'il faut pouvoir faire le distingo entre les purs Brunello 100% sangiovese et les autres, qui seraient des assemblages.

Les réactions de mes critiques de vins / blogueurs italiens de chevet, Franco Ziliani et Roberto Giuliani, ne se sont pas faites attendre. Giuliani, dans sa note "Il caso Brunello di Montalcino secondo Gaja", donne un premier argument clef et évident :"Come può un emblema del vino italiano, la cui formula Montalcino=Brunello=sangiovese grosso è l’elemento determinante di tanto successo, trasformarsi in un vino la cui etichetta continua a dichiararsi “Brunello di Montalcino”, ma in alcuni casi con sangiovese 100% e in altri no?" : Comment un emblème du vin italien, dont la formule Montalcino=Brunello=sangiovese grosso est l'élément déterminant d'un si gros succès, peut se transformer en un vin dont l'étiquette continue de déclarer "Brunello di Montalcino", mais qui est dans certains cas en sangiovese à 100%, et pas dans d'autres ? C'est un premier point déterminant à mon sens, puisqu'on ne fait autre que de dévaloriser l'image du Brunello en faisant cette dérogation.

Ceci dit, à ce moment de la partie, Giuliani fait fi des contraintes économiques : que deviennent les producteurs des "petits" Brunello ? Ils passent dans une DOC en difficulté, la Sant'Antimo, qui prend tous les producteurs du coin n'ayant pas droit à l'appellation reine ? Pourquoi pas, mais dans ces conditions, on n'échappe pas à une crise pour toutes ces déclassifications.

Arrive alors Gigi Brozzoni, autre personnalité du monde du vin, qui de façon encore plus dure que Giuliani, prend position : "Si vorrebbe 165494071.JPGbuttare all'aria tutto quanto per una minoranza di perdenti ed incapaci, che hanno pensato di arrivare a Montalcino, raccogliere a piene mani i benefici e far pagare ad altri il prezzo della loro inadeguatezza" : On voudrait jeter en l'air tout ça pour une minorité de perdants et d'incapables, qui espéraient arriver à Montalcino, reccueillir à pleines mains les bénéfices et faire payer aux autres le prix de leur inadaptabilité. Il propose en revanche, plutôt que d'utiliser la DOC Sant'Antimo, la DOC Rosso di Montalcino, qui bénéficie quand même du nom "Montalcino". Cette DOC aurait besoin d'être réadaptée, mais étant moins hautement symbolique que le Brunello, cela perturberait moins de monde.

Et Giuliani et Ziliani de renchérir en accord avec cette intervention de Brozzoni. Sauf que. La DOC Rosso di Montalcino, doit, selon eux, rester également du 100% sangiovese. Que ceux qui veulent faire leurs petites affaires, aillent en IGT Toscane, DOC Sant'Antimo ou encore s'amuse à faire du super toscan.

L'histoire n'est pas finie...

Si vous voulez d'autres points de vue francophones, allez voir l'article du canadien Jean Aubry, ou celui du suisse Jacques Perrin.

 

 

mercredi, 16 juillet 2008

Fausse alerte sur le Vino Nobile di Montepulciano

1204739121.JPGRappelez-vous, début juin, je vous relayais l'information (reportez-vous à cette note, si vous ne comprenez pas la suite de mon article) selon laquelle, dans la foulée du Brunello di Montalcino, le scandale du brunellopoli s'étendait également à son voisin toscan du Vino Nobile di Montepulciano. Il semble que la mèche était mouillée. En tout cas, sous réserve d'éventuels rebondissements, ce qui peut toujours arriver, la Cantina Vecchia a vu les séquestres sur son vin levé par le tribunal de Sienne.
 
Cela signifie donc qu'a priori, tous les doutes sur la Cantina Vecchia ont été levés. Donc, voilà, 1 mois de séquestres pour rien. Cela prouve bien que sur ce sujet, la justice italienne prend l'affaire très au sérieux, quitte à pénaliser temporairement certaines entreprises. Malgré tout une bonne nouvelle, semble-t-il.

samedi, 28 juin 2008

Le Brunellopoli : mise à jour

119730867.jpgJe m'étais engagé à vous tenir régulièrement au courant des avancements de l'affaire des Brunello di Montalcino mélangés avec des cépages français, l'affaire que les italiens appellent désormais le Brunellopoli. Comme les choses avancent, plus ou moins vite, mais elles avancent, voici quelques nouveaux éclairages.
 
On n'est toujours pas au bout de l'enquête. Cependant, ce qui est apparu récemment, c'est que le Brunello d'Antinori, le "Pian delle Vigne", l'un de ceux incriminés, aurait été lavé de tous soupçons.  Je garde le conditionnel, car la technique employée pour cela est nouvelle, et reste contestée en tant que telle, les tests de validation de la technique ayant été trop peu nombreux pour la confirmer.
 
On constate une lutte entre 2 groupes distincts au sein du Consortium du Brunello : ceux qui réclament un assouplissement des règles pour se dégager de la règle du 100% san giovese grosso ou presque, et ceux qui veulent conserver ces règles.
Les premiers avancent des raisons commerciales : le goût du marché n'est pas forcément à ces vins comme le Brunello, pas forcément facile d'accès pour le tout venant, et l'assouplissement des règles permettrait d'arrondir le vin, par exemple. Ainsi, Luca Zaia, le ministre de l'agriculture du gouvernement Berlusconi, a déclaré que si le goût des consommateurs a évolué, alors les producteurs de vins doivent évoluer, et les règles avec.  Et de conclure : "les vins austères ont fait leur temps". Certains ajoutent que ceux qui veulent rester sur du cépage san giovese grosso "in purezza" (dois-je traduire ?) peuvent très bien le faire.
Les seconds avancent également des raisons commerciales : le brunello doit son succès à son authenticité, et à son goût inimitable. L'amadouer serait le dévaluer, même si cela pourrait présenter un avantage commercial sur le court terme. Et ajoutent qu'en acceptant 2 façons de faire au sein de la même appellation, on perd le consommateur qui ne saura pas à quel "Brunello" il a à faire. Déjà que les différences de qualité, par la force des choses, peuvent être importantes.
 
Une bonne nouvelle, dans tout cela : les Etats-Unis semblent avoir abandonné l'idée de faire un blocus à l'importation du Brunello. Bon, ce n'est pas encore tout-à-fait gagné, les passages de douane seront quand même un petit peu plus contrôlés qu'auparavant.
 
Tout cela n'est pas fini, nous aurons l'occasion d'en parler.
 
 

 
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