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mardi, 02 septembre 2008

Débat sur le Brunello di Montalcino

119730867.jpgOù l'on reparle du Brunellopoli... Si, si, souvenez-vous.

Ca y est, vous vous être rafraîchis la mémoire ? Bon. Ce n'est pas que j'ai vraiment de nouvelles informations à vous soumettre sur le sujet, mon but serait plutôt de vous faire part du débat qui alimente la vino-blogosphère italienne voire plus autour du Brunello di Montalcino.

Cependant, avant cela, j'ai une information à vous soumettre. On parlait, il fut un temps de 13 producteurs impliqués dans l'affaire du Brunellopoli, sans pouvoir vraiment mettre de nom là-dessus. En fait, désormais, il semblerait qu'il n'y ait en fait que 4 producteurs concernés, mais pas des moindres :  Banfi, Argiano, Antinori et Frescobaldi. En gros, ce qui fait partie de la crême du vin toscan, italien, même, vraiment. Bon, cependant, l'instruction de l'affaire n'est pas terminée, il convient donc de rester prudent.

Mais ce n'est pas cela dont je voulais vous entretenir, en cette rentrée des classes grisonnante.

Vous le savez peut-être, le Brunello est une appellation MAJEURE du vin italien. Le succès de ce vin vient notamment de la conjonction du cépage sangiovese dans sa version "grosso" et d'un terroir où ce cépage prend toute sa puissance. Le problème de cette appellation, c'est que peu de parcelles permettent d'obtenir l'excellence de ce vin, mais que, face au succès et à la demande, des parcelles donnant une moindre qualité ont été classées en DOCG Brunello di Montalcino. Du coup, pour compenser un sangiovese grosso pas aussi efficace, certains sont tentés de faire des assemblages, alors que cette DOCG est sensée être constituée à 100% de sangiovese grosso.

C'est à ce moment que je peux évoquer l'interview de Gaja au Corriere della Sera, un des quotidiens majeurs en Italie. Au cas où, je vous renvoie à cette note où je vous présente Gaja, un homme important dans la progression de la qualité du vin italien ces 30 dernières années. Cet homme, qui a commencé dans le Piémont, est ensuite allé s'essayer, plus récemment, en Toscane, et entre autres, dans le Brunello. Il a donc son mot à dire, et son influence importante fait que son avis est essentiel.

Que dit Gaja, en quelques mots ? Qu'il faut faire évoluer l'appellation Brunello di Montalcino afin qu'elle puisse accepter des cépages complémentaires. En revanche, qu'il faut pouvoir faire le distingo entre les purs Brunello 100% sangiovese et les autres, qui seraient des assemblages.

Les réactions de mes critiques de vins / blogueurs italiens de chevet, Franco Ziliani et Roberto Giuliani, ne se sont pas faites attendre. Giuliani, dans sa note "Il caso Brunello di Montalcino secondo Gaja", donne un premier argument clef et évident :"Come può un emblema del vino italiano, la cui formula Montalcino=Brunello=sangiovese grosso è l’elemento determinante di tanto successo, trasformarsi in un vino la cui etichetta continua a dichiararsi “Brunello di Montalcino”, ma in alcuni casi con sangiovese 100% e in altri no?" : Comment un emblème du vin italien, dont la formule Montalcino=Brunello=sangiovese grosso est l'élément déterminant d'un si gros succès, peut se transformer en un vin dont l'étiquette continue de déclarer "Brunello di Montalcino", mais qui est dans certains cas en sangiovese à 100%, et pas dans d'autres ? C'est un premier point déterminant à mon sens, puisqu'on ne fait autre que de dévaloriser l'image du Brunello en faisant cette dérogation.

Ceci dit, à ce moment de la partie, Giuliani fait fi des contraintes économiques : que deviennent les producteurs des "petits" Brunello ? Ils passent dans une DOC en difficulté, la Sant'Antimo, qui prend tous les producteurs du coin n'ayant pas droit à l'appellation reine ? Pourquoi pas, mais dans ces conditions, on n'échappe pas à une crise pour toutes ces déclassifications.

Arrive alors Gigi Brozzoni, autre personnalité du monde du vin, qui de façon encore plus dure que Giuliani, prend position : "Si vorrebbe 165494071.JPGbuttare all'aria tutto quanto per una minoranza di perdenti ed incapaci, che hanno pensato di arrivare a Montalcino, raccogliere a piene mani i benefici e far pagare ad altri il prezzo della loro inadeguatezza" : On voudrait jeter en l'air tout ça pour une minorité de perdants et d'incapables, qui espéraient arriver à Montalcino, reccueillir à pleines mains les bénéfices et faire payer aux autres le prix de leur inadaptabilité. Il propose en revanche, plutôt que d'utiliser la DOC Sant'Antimo, la DOC Rosso di Montalcino, qui bénéficie quand même du nom "Montalcino". Cette DOC aurait besoin d'être réadaptée, mais étant moins hautement symbolique que le Brunello, cela perturberait moins de monde.

Et Giuliani et Ziliani de renchérir en accord avec cette intervention de Brozzoni. Sauf que. La DOC Rosso di Montalcino, doit, selon eux, rester également du 100% sangiovese. Que ceux qui veulent faire leurs petites affaires, aillent en IGT Toscane, DOC Sant'Antimo ou encore s'amuse à faire du super toscan.

L'histoire n'est pas finie...

Si vous voulez d'autres points de vue francophones, allez voir l'article du canadien Jean Aubry, ou celui du suisse Jacques Perrin.

 

 

dimanche, 01 juin 2008

Faut-il brûler le Brunello ?

1216854094.jpgUn article sur le Brunello a été paru dans 24 heures, un quotidien suisse francophone. Le titre, c'est "Faut-il brûler le Brunello ?" Il apporte un éclairage intéressant sur cette appellation, notamment sur son développement au pas de charge en une vingtaine d'années suite à son succès foudroyant.
Commencez par lire mes notes sur le sujet, puis, comme l'article de 24 heures est intéressant, allez donc y jeter un coup d'oeil, puis revenez lire ma conclusion, en désaccord avec la leur. 
 
Ca y est ?
 
Donc, l'auteur de cet article finit en comparant le Brunello di Montalcino au Châteauneuf-du-Pape. Il explique que, lorsque le Chateauneuf-du-Pape peut se permettre de mixer à volonté 8 cépages différents, le Brunello di Montalcino explique qu'il ne peut être construit que de sangiovese "in purezza" (100% sangiovese, grosso, même...).
Et poursuit en indiquant que personne ne remet en cause le terroir "Chateauneuf", et qu'aujourd'hui, les producteurs de Brunello doivent s'en mordre les doigts d'avoir fait une règle aussi rigide.
C'est une thèse. Certains producteurs le regrettent. Mais à ma connaissance, la plupart défendent ce 100% sangiovese grosso. C'est en partie grâce à cette règle que le vin s'est construit une image, partant de rien ou presque. Le journaliste compare également avec le chianti, qui n'exige que 70-80% de sangiovese dans la recette. Mais les choses ne sont pas comparables. Le brunello a créé son image, à la fois en notoriété et en réputation sur cette exigence de "toscanité". Le chianti, lui avait déjà une notoriété et a reconstruit son image en améliorant sa qualité.
 
Ma conclusion à moi que j'ai, c'est donc : producteurs de Brunello, continuez dans cette voix, c'est grâce à cela que certains de vos vins de certains de vos millésimes apparaissent dans les tous meilleurs vins du monde. Et dans le monde du vin, la réussite de l'appellation n'assure en rien de la réussite d'une autre utilisant les mêmes règles... 

 
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