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mercredi, 03 septembre 2008

Un blog très sensible

Vitisphère, un "portail d'information, de mise en relation et de e-services de la filière vigne et vin" vient de lancer une revue de presse. Et, dans sa revue de presse n°2, intitulée "Boire et déboires", Vitisphère y évoque l'affaire du Wine Spectator contre Robin Goldstein, dont je vous ai confié l'essentiel récemment.

Vitisphère me présente comme le blog français ayant détaillé un peu l'affaire :

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Désolé, ma capture d'écran n'est pas très visible, mais bon, les bons yeux doivent pouvoir déchiffrer. Vous le constaterez, on parle de mon blog comme "très sensible"... Je ne sais pas exactement ce que cela peut signifier, mais ça ressemble plutôt à un compliment, non ?

mardi, 26 août 2008

Wine Spectator pris en flagrant délit de snobisme

1239456148.jpgOn rit on s'amuse chez les américains. Robin Goldstein est un critique de vins américain, dont l'un des chevaux de bataille est de mettre à mal tout le snobisme régnant dans le monde du vin, en particulier les plus chers, évidemment. Le Wine Spectator, que j'ai déjà évoqué parfois dans mon blog délivre régulièrement un Award of Excellence, une récompense visant les restaurants ayant la plus belle carte de vins (à condition que le menu soit aussi de bonne facture, même si ce n'est pas l'essentiel).

Robin Goldstein a inventé un faux restaurant : l'Osteria l'Intrepido, à Milan. Il a créé sa liste de vins et son menu de toute pièce, et a postulé pour obtenir l'Award of Excellence (250$ pour être candidat). Il l'a obtenu. Jusqu'ici, ça ressemblerait plus à une gentille entourloupe qu'autre chose : les critiques du Wine Spectator ne se sont pas intéressés de savoir si le restaurant existait vraiment, et, de façon évidente, ne sont pas allés vérifier sur place. Ceci ne démontre que l'appât du gain, ce qui n'est guère condamnable et ne témoigne que de la faible valeur de cet Award of Excellence.

Mais là où ça devient nettement plus rigolo, c'est quand Goldstein, sur son site, nous explique comment est constituée sa carte. Il l'a truffée de vins très mal notés par le Wine Spectator himself.

Ainsi, l'Amarone classico 1998 Tedeschi, vendu pour 80€, a obtenu la note de 65/100 avec pour commentaire : "Pas propre. Empeste le réglisse".

Le Barolo riserva 1982 Bruno Giacosa, vendu 250€, a obtenu 72/100 et pour commentaire : "tanins agressifs âcres et rudes".

Et tout le reste est à l'avenant. Bref, le coup est réussi et il est magistral. Quant à Wine Spectator, ils ont gagné le droit au ridicule. Allez voir le petit site ou Goldstein explique son magnifique hoax : Osteria l'Intrepido di Milano.

samedi, 01 mars 2008

Le goût et le pouvoir - Jonathan Nossiter : commentaires (6)

edd091a384039c1c7c252c178542e473.jpgCela faisait un moment que je n'avais pas pas parlé de ma lecture de "Le goût et le pouvoir". Mais, là, j'ai un gros passage à soumettre à votre sagacité.

Donc, voici le sixième extrait du livre de Jonathan Nossiter, après 

Nous sommes alors p. 298 du livre, toujours chapitre (comme pour le cinquième extrait) "Ne baratinez pas avec la nature". L'auteur du livre est au Baratin, un bistrot du XXè à Paris tenu par Philippe.
On est toujours sur le thème des AOC et de l'intérêt de les respecter ou d'en sortir :
 
Interlude toscan
 
A propos de madeleines liquides, il m'en vient soudain une autre : la Toscane, qui fait presque autant partie de mon éducation que Paris. Je pense aux chiantis de mon adolescence et aux changements qu'ils ont subis. Au milieu du XIXè siècle en Toscane, il y avait au moins deux cents ans d'histoire du vin rouge bien établis pour que le baron Ricasoli ait pu imposer sa recette du chianti, avec du sangiovese, le rouge dominant, et au moins 10% de raisin blanc, du malvoisie et du trebbiano. Pour accompagner les plats de la Toscane, comme des pâtes à la sauce tomate ou de la viande avec de l'huile d'olive et du romarin, cela fait sens : il faut un vin suffisamment acide pour équilibrer les tomates, avec des tanins fins pour "mordre" les pâtes. Et là, on digère bien. On est heureux.
Au début des années 80, avec l'arrivée du marché américain, Piero Antinori, un pionnier du marketing italien, a réussi à valoriser un expérience entamée innocemment dans les années 70. Il fut le premier à produire un "super-toscan", c'est-à-dire un vin qui ne respectait pas les règles du chianti. Le premier millésime de son "Tignanello", fait de sangiovese et de cabernet-sauvignon, date de 1971. Je me souviens de l'avoir goûté dans les années 80. Il était délicieux, à la fois savoureux mais typé, et il avait sans aucun doute le goût du terroir de la Toscane : une texture de soie crue et des goûts d'une douce amertume particulière aux terres des chiantis et au cépage sangiovese. A l'origine, Antinori était intelligemment progressiste. Après, que se passe-t-il ? Il est séduit par les sirènes du pouvoir et de l'argent et sa société, toujours une des plus puissantes d'Italie, devient une multinationale du vin, changeant toutes les typicités. Surtout, il y a tous ceux qui le suivent, abolissant bêtement les règles du chianti et construisant de plus en plus de vins sans acidité, avec la recette de la fausse modernité : des tanins arrondis, beaucoup d'alcool, des goûts de fruits surmûris, passage obligatoire dans 100% de bois neuf pour donner le goût de la vanille qui plaît, qui vend - souvent 100 euros la bouteille.
Ils ont changé les cépages, le merlot et le cabernet supplantant le sangiovese. Avec la pression du marché (et surtout la célébration qu'en a faite le Wine Spectator), en vingt ans, les Toscans on détruit la base du chianti? Il n'y a presque plus de chianti typé aujourd'hui. 99% des producteurs, voyant l'argent que faisait le voisin, ont appliqué la recette mondiale : des jus de fruits sucrés de luxe qui masquent la minéralité, le côté "terre" des terroirs. Ils remplacent souvent, pour des raisons strictement de marketing, les cépages, autochtones ou immigrants, tranquillement enracinés depuis des générations. Ensuite, l'emploi excessif de technologies arrondit et adoucit le vin-biberon qui passe alors dans du bois neuf français.
C'est comme si on prenait Les Vitelloni de Fellini et qu'on le ressorte en copie "colorisée", avec effets spéciaux et bande-son de Madonna (que j'aime beaucoup par ailleurs). Pire encore, c'esdt comme si, ensuite, ils ne laissaient plus de place aux cinémas pour diffuser la copie noir et blanc ; ainsi, petit à petit, toute mémoire du film original (du terroir) disparaîtrait. Au bout de deux générations, on s'en fichera. Dans l'histoire de la peinture, les artistes qui cherchent surtout à se faire un réputation en épatant le bourgeois produisent un impact immédiat mais dont la force diminue avec le temps. Contrairement à ceux qui, comme Cézanne, innovaient fermement et radicalement, mais avec le scrupule et la compréhension de ce qui les précédait. Ceci étant, avec le vin, c'est différent. Les Cézanne en bouteilles d'il y a cent ans ont presque tous disparu. On n'a plus de références. Tandis qu'avec la peinture, les toiles survivent. Le vin, même avec sa capacité unique de vieillir, de se bonifier avec le temps, est vivant - et donc un jour, il meurt. Il disparaît. Si les liens ne sont pas maintenus, si on les rompt d'un seul coup, on perd la moitié du contenu du musée de la gare d'Orsay vinicole.
 
Reprenez votre souffle... 


D'abord, un petit point culturo-lexical, histoire de récupérer ceux qui se seraient perdus.

2febfd32be946fa9b1e40f727bd7b866.jpgLe Baron Ricasoli : bon, l'auteur nous l'a dit, Ricasoli est celui qui a imposé la recette du Chianti au milieu du XIXè siècle. Pour en dire un peu plus, le baron Ricasoli fut un homme politique toscan de premier plan à son époque, puisque ce fut le second président du conseil du royaume d'Italie, à la suite de Cavour. Ses idées sont plutôt nationalistes, aspirant à une Italie forte ayant un socle commun de valeurs (ce qui à l'époque n'allait pas de soit), que seule la religion pourrait vraiment fonder. Même après s'être retiré de la vie politique de l'Italie, il est resté maire de Gaiole in Chianti, le coeur de l'appellation Chianti Classico, donc.

Aujourd'hui encore, le domaine qu'il gérait reste un grand nom de la Toscane. Pour un approfondissement du chianti, je vous renvoie à ma note à ce sujet.

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Piero Antinori : donc un grand nom du vin toscan contemporain, issu d'une grande famille toscane ayant eu une certaine importance au cours de l'histoire, mais qui est désormais concentrée sur la production vinicole.

Ils ont désormais dans leur "catalogue" certains des vins les plus célèbres de l'Italie, comme Tignanello, Solaia, Guado al Tasso...

Les super-toscans : là aussi, l'auteur explique un peu ce que sont les super-toscans, et j'ai moi-même fait une note à ce sujet

d249ec164bd7fc7e2f16d1b12224aaf4.jpgLes Vitelloni : un film de 1953, de Fellini, qui raconte l'histoire de 5 jeunes n'ayant pas beaucoup d'autre but dans la vie que les femmes et l'argent. D'ailleurs, "Vitelloni" est devenu une expression courante italienne suite à ce film pour désigner des gens fainéants.

 

Sinon, sur le fond de la démonstration de Nossiter, je la considère assez claire pour me passer de commentaires. Pour ma part, je tendrais à le suivre, comme vous avez pu le deviner au fil de la lecture de ce blog, mais le débat reste ouver. 

mercredi, 12 décembre 2007

Erbaluna

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Ah... Erbaluna... Toujours dans le Piémont, mais situé au coeur du coeur du vin du Piémont, là où se fait l'un des plus grands vins italiens, n'en déplaise au Wine Spectator, qui, bien qu'ayant inséré 2 vins italiens dans son TOP 10 2007, est resté en Toscane pour décerner ces hautes récompenses. D'ailleurs le premier Barolo classé (59ème) est également l'unique.
 
Mais, je m'égare, je m'égare... Donc, Erbaluna est sise à La Morra, qui, comme son nom ne l'indique pas, est le coeur du Barolo, alors que Barolo petit village non loin de là, a plus donné son nom que ses vignoble. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, il y a également des vignobles à Barolo. La preuve : je vous ai déjà fait un compte rendu sur Marchesi di Barolo.
 
Bon, je voulais juste dire qu'il y a des chances que cette petite entreprise qui produit du vin bio et en petites quantités soit présente sur mes étals...
Rappel : dans le vin bio, c'est avant tout le raisin qui est bio. Après, pour la suite, il n'y a pas vraiment de normes. Certains font du bio jusqu'à l'ayatoyallisme (beau néologisme), d'autres cherchent une autre voie, une voie raisonnée entre le bio et le "chimique". Quoique, je peux quand même que parmi les producteurs visités jusqu'alors, j'ai plutôt affaire à des gens raisonnables

jeudi, 06 décembre 2007

Erbaluna

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Ah... Erbaluna... Toujours dans le Piémont, mais situé au coeur du coeur du vin du Piémont, là où se fait l'un des plus grands vins italiens, n'en déplaise au Wine Spectator, qui, bien qu'ayant inséré 2 vins italiens dans son TOP 10 2007, est resté en Toscane pour décerner ces hautes récompenses. D'ailleurs le premier Barolo classé (59ème) est également l'unique.
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Mais, je m'égare, je m'égare... Donc, Erbaluna est sise à La Morra, qui, comme son nom ne l'indique pas, est le coeur du Barolo, alors que Barolo petit village non loin de là, a plus donné son nom que ses vignoble. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, il y a également des vignobles à Barolo. La preuve : je vous ai déjà fait un compte rendu sur Marchesi di Barolo.
 
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Bon, avant de partir en vrille, je m'apprêtais à dire qu'Erbaluna a ma petite préférence... En tout cas, j'ai un petit faible pour cette entreprise, toute petite, et gérée, one again, par 2 frangins. Et pourtant, l'accueil est désorganisé, puisque mon interlocuteur avait oublié notre RV, il était donc dans les vignes à s'occuper de son outil de travail... Mais, il n'était pas loin, donc, il est arrivé 1/4 d'heure plus tard.
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Nous sommes restés à discuter et déguster à peu près toute sa gamme de vin une bonne heure, parlant de tout et de rien, de la France, de ses stagiaires français, des salons, de l'agriculture biologique (il fait des vins bios)...Oui, à chaque fois, j'essaye de me trouver un viniculteur biologique, histoire de proposer une vraie offre alternative de vins bios. Ainsi, en Toscane, j'avais visité la Tenuta Roccacia, dont je reconnais ne pas avoir fait de compte-rendu, mais qui m'avait également beaucoup plue.
Oh, pas de bravos, c'est autant par principe que par intérêt commercial. Si c'était seulement par principe, je ne choisirais que du vin bio, n'est-il pas ?
 
Bon, là encore, je ne fait pas de compte-rendu de dégustation, mais je recommande chaudement le Barolo Vigna Rocche, un vin robuste, qui va bien à l'azienda Erbaluna, et qui gagnera sans doute à vieillir 5 à 10 ans suivant les millésimes...
 
Ci-dessous, voilà les fûts typiques pour l'affinage du Barolo.
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