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samedi, 27 septembre 2008

CasaVino : premier teasing...

Là, ça devient prégnant. On n'arrête pas le progrès, et n'importe qui peut se retrouver à filmer des petites videos, moi compris. Bon, vous allez voir, ça fait pas pro du tout, mais pas du tout. Dès la première image on me voit dans la vitrine en train de me filmer...

Quelques annotations :

  • les bandes blanches que vous voyez dans la vitrine vont être enlevées, parce que c'est moche
  • si vous me dites que mon tableau et ce qui est écrit dessus (surtout ce qui est écrit dessus) ne fait pas super classe, je vous dirai que je suis d'accord, je vais tâcher de faire mieux, mais on apprend, on apprend...
  • vous constatez que je ne vous ai pas menti : on est bien rue de Briord
  • le monsieur, c'est le carreleur qui fait le seuil
  • la couleur de l'enseigne est gris anthracite et j'aime bien

 

samedi, 01 mars 2008

Le goût et le pouvoir - Jonathan Nossiter : commentaires (6)

edd091a384039c1c7c252c178542e473.jpgCela faisait un moment que je n'avais pas pas parlé de ma lecture de "Le goût et le pouvoir". Mais, là, j'ai un gros passage à soumettre à votre sagacité.

Donc, voici le sixième extrait du livre de Jonathan Nossiter, après 

Nous sommes alors p. 298 du livre, toujours chapitre (comme pour le cinquième extrait) "Ne baratinez pas avec la nature". L'auteur du livre est au Baratin, un bistrot du XXè à Paris tenu par Philippe.
On est toujours sur le thème des AOC et de l'intérêt de les respecter ou d'en sortir :
 
Interlude toscan
 
A propos de madeleines liquides, il m'en vient soudain une autre : la Toscane, qui fait presque autant partie de mon éducation que Paris. Je pense aux chiantis de mon adolescence et aux changements qu'ils ont subis. Au milieu du XIXè siècle en Toscane, il y avait au moins deux cents ans d'histoire du vin rouge bien établis pour que le baron Ricasoli ait pu imposer sa recette du chianti, avec du sangiovese, le rouge dominant, et au moins 10% de raisin blanc, du malvoisie et du trebbiano. Pour accompagner les plats de la Toscane, comme des pâtes à la sauce tomate ou de la viande avec de l'huile d'olive et du romarin, cela fait sens : il faut un vin suffisamment acide pour équilibrer les tomates, avec des tanins fins pour "mordre" les pâtes. Et là, on digère bien. On est heureux.
Au début des années 80, avec l'arrivée du marché américain, Piero Antinori, un pionnier du marketing italien, a réussi à valoriser un expérience entamée innocemment dans les années 70. Il fut le premier à produire un "super-toscan", c'est-à-dire un vin qui ne respectait pas les règles du chianti. Le premier millésime de son "Tignanello", fait de sangiovese et de cabernet-sauvignon, date de 1971. Je me souviens de l'avoir goûté dans les années 80. Il était délicieux, à la fois savoureux mais typé, et il avait sans aucun doute le goût du terroir de la Toscane : une texture de soie crue et des goûts d'une douce amertume particulière aux terres des chiantis et au cépage sangiovese. A l'origine, Antinori était intelligemment progressiste. Après, que se passe-t-il ? Il est séduit par les sirènes du pouvoir et de l'argent et sa société, toujours une des plus puissantes d'Italie, devient une multinationale du vin, changeant toutes les typicités. Surtout, il y a tous ceux qui le suivent, abolissant bêtement les règles du chianti et construisant de plus en plus de vins sans acidité, avec la recette de la fausse modernité : des tanins arrondis, beaucoup d'alcool, des goûts de fruits surmûris, passage obligatoire dans 100% de bois neuf pour donner le goût de la vanille qui plaît, qui vend - souvent 100 euros la bouteille.
Ils ont changé les cépages, le merlot et le cabernet supplantant le sangiovese. Avec la pression du marché (et surtout la célébration qu'en a faite le Wine Spectator), en vingt ans, les Toscans on détruit la base du chianti? Il n'y a presque plus de chianti typé aujourd'hui. 99% des producteurs, voyant l'argent que faisait le voisin, ont appliqué la recette mondiale : des jus de fruits sucrés de luxe qui masquent la minéralité, le côté "terre" des terroirs. Ils remplacent souvent, pour des raisons strictement de marketing, les cépages, autochtones ou immigrants, tranquillement enracinés depuis des générations. Ensuite, l'emploi excessif de technologies arrondit et adoucit le vin-biberon qui passe alors dans du bois neuf français.
C'est comme si on prenait Les Vitelloni de Fellini et qu'on le ressorte en copie "colorisée", avec effets spéciaux et bande-son de Madonna (que j'aime beaucoup par ailleurs). Pire encore, c'esdt comme si, ensuite, ils ne laissaient plus de place aux cinémas pour diffuser la copie noir et blanc ; ainsi, petit à petit, toute mémoire du film original (du terroir) disparaîtrait. Au bout de deux générations, on s'en fichera. Dans l'histoire de la peinture, les artistes qui cherchent surtout à se faire un réputation en épatant le bourgeois produisent un impact immédiat mais dont la force diminue avec le temps. Contrairement à ceux qui, comme Cézanne, innovaient fermement et radicalement, mais avec le scrupule et la compréhension de ce qui les précédait. Ceci étant, avec le vin, c'est différent. Les Cézanne en bouteilles d'il y a cent ans ont presque tous disparu. On n'a plus de références. Tandis qu'avec la peinture, les toiles survivent. Le vin, même avec sa capacité unique de vieillir, de se bonifier avec le temps, est vivant - et donc un jour, il meurt. Il disparaît. Si les liens ne sont pas maintenus, si on les rompt d'un seul coup, on perd la moitié du contenu du musée de la gare d'Orsay vinicole.
 
Reprenez votre souffle... 


D'abord, un petit point culturo-lexical, histoire de récupérer ceux qui se seraient perdus.

2febfd32be946fa9b1e40f727bd7b866.jpgLe Baron Ricasoli : bon, l'auteur nous l'a dit, Ricasoli est celui qui a imposé la recette du Chianti au milieu du XIXè siècle. Pour en dire un peu plus, le baron Ricasoli fut un homme politique toscan de premier plan à son époque, puisque ce fut le second président du conseil du royaume d'Italie, à la suite de Cavour. Ses idées sont plutôt nationalistes, aspirant à une Italie forte ayant un socle commun de valeurs (ce qui à l'époque n'allait pas de soit), que seule la religion pourrait vraiment fonder. Même après s'être retiré de la vie politique de l'Italie, il est resté maire de Gaiole in Chianti, le coeur de l'appellation Chianti Classico, donc.

Aujourd'hui encore, le domaine qu'il gérait reste un grand nom de la Toscane. Pour un approfondissement du chianti, je vous renvoie à ma note à ce sujet.

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Piero Antinori : donc un grand nom du vin toscan contemporain, issu d'une grande famille toscane ayant eu une certaine importance au cours de l'histoire, mais qui est désormais concentrée sur la production vinicole.

Ils ont désormais dans leur "catalogue" certains des vins les plus célèbres de l'Italie, comme Tignanello, Solaia, Guado al Tasso...

Les super-toscans : là aussi, l'auteur explique un peu ce que sont les super-toscans, et j'ai moi-même fait une note à ce sujet

d249ec164bd7fc7e2f16d1b12224aaf4.jpgLes Vitelloni : un film de 1953, de Fellini, qui raconte l'histoire de 5 jeunes n'ayant pas beaucoup d'autre but dans la vie que les femmes et l'argent. D'ailleurs, "Vitelloni" est devenu une expression courante italienne suite à ce film pour désigner des gens fainéants.

 

Sinon, sur le fond de la démonstration de Nossiter, je la considère assez claire pour me passer de commentaires. Pour ma part, je tendrais à le suivre, comme vous avez pu le deviner au fil de la lecture de ce blog, mais le débat reste ouver. 

dimanche, 25 novembre 2007

Super-toscans ? C'est quoi donc ?

En regardant mes google stats, j'ai constaté qu'un internaute était venu par chez moi dans l'espoir de trouver réponse à cette question : quelle est la différence entre un vin toscan et un vin super-toscan ? Serait-ce un vin gonflé aux amphétamines, un vin créé en Toscane avec de la kryptonite, que sais-je encore ? Je me suis dit que, même si cet internaute ne reviendrait sans doute jamais, j'allais quand même lui répondre.
 
Revenons quelques années en arrière, quelques 30 ans environ, au coeur des 70's. A l'époque, le vin toscan, bien qu'en tête de ce mouvement en Italie, en est aux balbutiements de la grande réorganisation des vins italiens qui s'apprête à avoir lieu, mais qui ne trouvera sa véritable concrétisation en terme de qualité qu'aux abords des 90's. Bref quelques DOC (Dénomination d'Origine Contrôlée) ou DOCG (Dénomination d'Origine Contrôlée et Garantie) ont vu le jour, établissant des règles strictes en terme d'élaboration du vin. En réalité, ces appellations ne garantissent pas nécessairement, à l'époque, une certaine qualité.
 
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A tel point que certains grands producteurs, tels qu'Antinori, encore aujourd'hui l'un des plus grands wine makers d'Italie et du monde (tout étant relatif, je vais plutôt remplacé "grand" par "réputé") décident d'envoyer balader ces dénominations.
En particulier, pour être DOC ou DOCG Chianti à l'époque, par exemple, il ne faut utiliser que des cépages autochtones, dont le San Giovese devra être majoritaire (le San Giovese est le cépage dominant de la Toscane, à l'origine des Chianti, Brunello di Montacalcino et Vino NIbile di Montepulciano).
 
 
Antinori, lui, va décider d'ajouter des cépages "internationaux" à son San Giovese pour faire des blends de très haute tenue : du Cabernet Sauvignon, ou du Merlot, notamment. Ce mélange va faire le succès de ces producteurs. Mais il n'ont pas le droit d'utiliser l'appellation DOC ou DOCG. Donc, ils se retrouvent classés dans les VDT (Vini da Tavola, Vins de tables), qui correspond aux vins les plus simplement élevés, ayant le moins de règles à respecter. Afin de distinguer ces grands vins, l'appellation Super-Toscan, notamment démocratisée par le désormais fameux Robert Parker, va voir le jour.
 
En conclusion, les Super-Toscans, sont des vins fabriqués en Toscane, mais avec un mélange de cépages internationaux et de cépages autochtones.
Avec le temps, les super-toscans ont fait évoluer la réglementation, ce qui fait, que désormais, certains pourraient rentrer en DOC ou DOCG. Mais les producteurs de ces grands vins semblent hésitants à rentrer dans cette boucle. Leur réputation est désormais assise et peut-être considèrent-il que rentrer dans les DOC serviraient plus à l'appellation qu'à leurs propres productions...
 
Aujourd'hui encore, les super toscans restent parmi les meilleurs vins du monde. Ainsi, le Wine Spectator vient de mettre, dans son TOP 10 de l'année 2007, 2 super-toscans.
 
  • En N°4, nous avons le Tignanello 2004 du sus-cité Antinori :
 
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  • En N°7, nous avons l'Ornellaia 2004 de Frescobaldi

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Bon, sans renier l'extrême qualité de ces grands vins, il ne faut quand même pas déconner, on est quand même dans une perspective de vente internationale, et  quant à moi, fut-ce seulement par principe, j'ai une préférence pour les appellations respectant plus classiquement une façon de faire italienne et utilisant plus les cépages du bled.
 

samedi, 24 novembre 2007

L'usbwine

Le jour où ce truc existera vraiment, les cavistes auront du souci à se faire 

Trouver chez Oenoline... 

10:15 Publié dans Digressions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Video, humour

 
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