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lundi, 26 mai 2008

Wines of the world : Renaissance en Toscane

1188167847.jpgL'auteur du blog Wines of the world, vient d'écrire une note sur la Toscane, et la renaissance de son produits phare, le chianti classico. La note est courte, mais il n'est point besoin d'en faire plus, et la note résume bien la situation actuelle. D'ailleurs, moi-même, je m'arrête-là, allez voir sa note, et puis c'est tout.

lundi, 28 avril 2008

Un Gaja en dégustation

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Veuillez me pardonner pour cette interruption volontaire de blogage ces 4 derniers jours. Un petit manque de motivation passager, mais cela va revenir. En attendant, voici un point sur la dégustation d'un cru toscan que j'aurais dû faire depuis un moment. J'ai rencontré récemment, par l'intermédiaire de mon blog, Eric Morlot, de Vins du Monde. Nous nous étions donnés rendez-vous à La Provence, un vrai bar à vin sur Nantes (les purs bar à vins, c'est-à-dire, qui ne fassent pas avant tout restaurant, sont rares, sur Nantes).
 
Mon interlocuteur m'a fait découvrir certains des flacons italiens que sa société importe et que la Provence vend. Parmi ceux-ci, je voulais faire un petit focus sur le Promis 2001, de Ca' Marcanda, la maison toscane de Angelo Gaja, avant tout - très - connu pour ses vins piémontais et pour son côté précurseur dans le vin italien, mais qui a voulu, il y a désormais une quinzaine d'année, proposer son vin toscan. Il a acheté cette propriété dans l'une des zones les plus reconnues pour ses grands vins en Toscane, la zone de Bogheri. En l'occurrence, très précisément, à Castagneto Carducci, quelque part entre Sassicaia et Ornellaia...
 
5e11f5c122b5961637b9a1910efb31aa.jpgLe Promis est un assemblage de 3 cépages, merlot, syrah et sangiovese. Les 3 cépages sont vinifiés séparément, pour être ensuite regroupés vers février et un petit tour d'1 an en barrique. Ce vin datant de 2001, donc, propose un nez agréablement fruité, allongé d'un côté toasté relativement léger, de même qu'une certaine minéralité.donc plutôt agréable. En bouche, on retrouve les fruits (mûres, si mes souvenirs sont bons, notamment), le poivre provenant sans doute du syrah, une rondeur sans surgras, un beau velouté sans lourdeur, des tannins en douceur montrant que ce millésime à mon avis est quasiment arrivé au bout de son vieillissement. Une finale un peu alcoolique, peut-être ? A peine...
  
Un bon super toscan, donc...
 
Merci donc à Eric ainsi qu'à son amie Coco ! 
 
 

dimanche, 02 mars 2008

Chianti Classico : le parfum du sangiovese revient !

d0f355f9a4c4580103b9d856918c83d4.jpgCe n'est pas moi qui le dit, mais Franco Ziliani, dont il m'arrive de parler sur ce blog, à mon sens l'un des critiques oenologiques les plus indépendants d'Italie.
Et Franco a fait une note sur une dégustation de Chianti Classico des derniers millésimes (dont la 2006 qui vient de sortir) qui sonne comme une bonne nouvelle : il Rinascimento del Sangiovese (la renaissance du sangiovese, donc). Le sangiovese, c'est le cépage phare de la Toscane, celui à l'origine de presque tous les principaux grands crus : le Chianti Classico, le Vino Nobile di Montepulciano, le Brunello di Montalcino, le Rosso di Montalcino...
 
Pourquoi assistons-nous à cette Renaissance ? De nouveau, une majorité de vignerons sembleraient vouloir donner une prévalence à ce cépage, lui donner la possibilité d'exhaler tous ses parfums : "Tornano a profumare, era ora !" (ils sont de nouveaux parfumés, il était temps !). 
 
Je reprends une des citations de sa note à ce sujet, qui est reste dans la continuité de la discussion que je mène sur ce blog : 
 
"Di questo ritorno all’aureo buonsenso, dettato dai gusti del consumatore, che si è stancato di trovare aria bordolese o soluzioni stile Super Tuscan nei vini che dovrebbero rappresentare l’identità di quella storica, magnifica, inconfondibile area che tutto il mondo conosce come Chianti e la sua zona più classica,..."
 
"De ce retour au bon sens en or, dicté par les coûts du consommateur, qui s'est fatigué de trouver unair bordelais ou des solutions style Super-toscans dans les vins qui devraient représenter l'identité de cette historique, magnifique, incomparable région que le monde entier connaît comme étant le Chianti et sa zone la plus classique."
 
Rien à rajouter, si ce n'est que, oui, cela ressemble à une bonne nouvelle. 
 
 
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samedi, 01 mars 2008

Le goût et le pouvoir - Jonathan Nossiter : commentaires (6)

edd091a384039c1c7c252c178542e473.jpgCela faisait un moment que je n'avais pas pas parlé de ma lecture de "Le goût et le pouvoir". Mais, là, j'ai un gros passage à soumettre à votre sagacité.

Donc, voici le sixième extrait du livre de Jonathan Nossiter, après 

Nous sommes alors p. 298 du livre, toujours chapitre (comme pour le cinquième extrait) "Ne baratinez pas avec la nature". L'auteur du livre est au Baratin, un bistrot du XXè à Paris tenu par Philippe.
On est toujours sur le thème des AOC et de l'intérêt de les respecter ou d'en sortir :
 
Interlude toscan
 
A propos de madeleines liquides, il m'en vient soudain une autre : la Toscane, qui fait presque autant partie de mon éducation que Paris. Je pense aux chiantis de mon adolescence et aux changements qu'ils ont subis. Au milieu du XIXè siècle en Toscane, il y avait au moins deux cents ans d'histoire du vin rouge bien établis pour que le baron Ricasoli ait pu imposer sa recette du chianti, avec du sangiovese, le rouge dominant, et au moins 10% de raisin blanc, du malvoisie et du trebbiano. Pour accompagner les plats de la Toscane, comme des pâtes à la sauce tomate ou de la viande avec de l'huile d'olive et du romarin, cela fait sens : il faut un vin suffisamment acide pour équilibrer les tomates, avec des tanins fins pour "mordre" les pâtes. Et là, on digère bien. On est heureux.
Au début des années 80, avec l'arrivée du marché américain, Piero Antinori, un pionnier du marketing italien, a réussi à valoriser un expérience entamée innocemment dans les années 70. Il fut le premier à produire un "super-toscan", c'est-à-dire un vin qui ne respectait pas les règles du chianti. Le premier millésime de son "Tignanello", fait de sangiovese et de cabernet-sauvignon, date de 1971. Je me souviens de l'avoir goûté dans les années 80. Il était délicieux, à la fois savoureux mais typé, et il avait sans aucun doute le goût du terroir de la Toscane : une texture de soie crue et des goûts d'une douce amertume particulière aux terres des chiantis et au cépage sangiovese. A l'origine, Antinori était intelligemment progressiste. Après, que se passe-t-il ? Il est séduit par les sirènes du pouvoir et de l'argent et sa société, toujours une des plus puissantes d'Italie, devient une multinationale du vin, changeant toutes les typicités. Surtout, il y a tous ceux qui le suivent, abolissant bêtement les règles du chianti et construisant de plus en plus de vins sans acidité, avec la recette de la fausse modernité : des tanins arrondis, beaucoup d'alcool, des goûts de fruits surmûris, passage obligatoire dans 100% de bois neuf pour donner le goût de la vanille qui plaît, qui vend - souvent 100 euros la bouteille.
Ils ont changé les cépages, le merlot et le cabernet supplantant le sangiovese. Avec la pression du marché (et surtout la célébration qu'en a faite le Wine Spectator), en vingt ans, les Toscans on détruit la base du chianti? Il n'y a presque plus de chianti typé aujourd'hui. 99% des producteurs, voyant l'argent que faisait le voisin, ont appliqué la recette mondiale : des jus de fruits sucrés de luxe qui masquent la minéralité, le côté "terre" des terroirs. Ils remplacent souvent, pour des raisons strictement de marketing, les cépages, autochtones ou immigrants, tranquillement enracinés depuis des générations. Ensuite, l'emploi excessif de technologies arrondit et adoucit le vin-biberon qui passe alors dans du bois neuf français.
C'est comme si on prenait Les Vitelloni de Fellini et qu'on le ressorte en copie "colorisée", avec effets spéciaux et bande-son de Madonna (que j'aime beaucoup par ailleurs). Pire encore, c'esdt comme si, ensuite, ils ne laissaient plus de place aux cinémas pour diffuser la copie noir et blanc ; ainsi, petit à petit, toute mémoire du film original (du terroir) disparaîtrait. Au bout de deux générations, on s'en fichera. Dans l'histoire de la peinture, les artistes qui cherchent surtout à se faire un réputation en épatant le bourgeois produisent un impact immédiat mais dont la force diminue avec le temps. Contrairement à ceux qui, comme Cézanne, innovaient fermement et radicalement, mais avec le scrupule et la compréhension de ce qui les précédait. Ceci étant, avec le vin, c'est différent. Les Cézanne en bouteilles d'il y a cent ans ont presque tous disparu. On n'a plus de références. Tandis qu'avec la peinture, les toiles survivent. Le vin, même avec sa capacité unique de vieillir, de se bonifier avec le temps, est vivant - et donc un jour, il meurt. Il disparaît. Si les liens ne sont pas maintenus, si on les rompt d'un seul coup, on perd la moitié du contenu du musée de la gare d'Orsay vinicole.
 
Reprenez votre souffle... 


D'abord, un petit point culturo-lexical, histoire de récupérer ceux qui se seraient perdus.

2febfd32be946fa9b1e40f727bd7b866.jpgLe Baron Ricasoli : bon, l'auteur nous l'a dit, Ricasoli est celui qui a imposé la recette du Chianti au milieu du XIXè siècle. Pour en dire un peu plus, le baron Ricasoli fut un homme politique toscan de premier plan à son époque, puisque ce fut le second président du conseil du royaume d'Italie, à la suite de Cavour. Ses idées sont plutôt nationalistes, aspirant à une Italie forte ayant un socle commun de valeurs (ce qui à l'époque n'allait pas de soit), que seule la religion pourrait vraiment fonder. Même après s'être retiré de la vie politique de l'Italie, il est resté maire de Gaiole in Chianti, le coeur de l'appellation Chianti Classico, donc.

Aujourd'hui encore, le domaine qu'il gérait reste un grand nom de la Toscane. Pour un approfondissement du chianti, je vous renvoie à ma note à ce sujet.

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Piero Antinori : donc un grand nom du vin toscan contemporain, issu d'une grande famille toscane ayant eu une certaine importance au cours de l'histoire, mais qui est désormais concentrée sur la production vinicole.

Ils ont désormais dans leur "catalogue" certains des vins les plus célèbres de l'Italie, comme Tignanello, Solaia, Guado al Tasso...

Les super-toscans : là aussi, l'auteur explique un peu ce que sont les super-toscans, et j'ai moi-même fait une note à ce sujet

d249ec164bd7fc7e2f16d1b12224aaf4.jpgLes Vitelloni : un film de 1953, de Fellini, qui raconte l'histoire de 5 jeunes n'ayant pas beaucoup d'autre but dans la vie que les femmes et l'argent. D'ailleurs, "Vitelloni" est devenu une expression courante italienne suite à ce film pour désigner des gens fainéants.

 

Sinon, sur le fond de la démonstration de Nossiter, je la considère assez claire pour me passer de commentaires. Pour ma part, je tendrais à le suivre, comme vous avez pu le deviner au fil de la lecture de ce blog, mais le débat reste ouver. 

jeudi, 21 février 2008

Le goût et le pouvoir - Jonathan Nossiter : commentaires (5)

edd091a384039c1c7c252c178542e473.jpgPoursuite de ma lecture et de mes compte-rendus de l'essai de Jonathan Nossiter, "Le goût et le pouvoir"

C'est donc le cinquième arrêt après :

On arrive donc p. 294 du bouquin, chapitre "Ne baratinez pas avec la nature". L'auteur du livre est au Baratin, un bistrot du XXè à Paris tenu par Philippe. La discussion porte alors sur les AOC et leurs vices et vertus.
 
Jonathan : En Toscane, la majorité des vins sont sortis des paramètres du chianti pour créer des vins dans le style américain, et avec les cépages américains ! Des "super-toscans". C'est grave. Innover et aller contre les règles, je suis d'accord. Mais pas si c'est fait pour des raisons cyniques, de pouvoir.[...]
Philippe : Ces vins italiens dont tu parles correspondent à des standards de goût. Qu'ils vivent ! Ils dupliquent des gestes, des manières oenologiques qui garantissent la stabilité. Cela correspond à des gens qui ne s'occupent que du marché. Mais à côté de cette autoroute, de ce rouleau compresseur, on trouve d'autres choses. Donc, c'est pas grave.
Jonathan : Si, c'est grave. Cette autoroute a nécessairement une incidence sur tout le monde. Il n'y a plus d'acidité, par exemple, dans les vins de Chianti parce qu'ils ont imité les "super-toscans". Ils sont devenus des clones. L'autoroute a bouffé les chemins de campagne...
 
Bon, en publiant cela, prêché-je pour ma paroisse ? Quelque part, cela va quand même dans les sens de l'esprit que je souhaite donner à mes choix de produits, où mon but est de donner la priorité aux cépages autochtones. Mais je suis un commerçant, et avoir un super-toscan en magasin fait quand même partie des passages obligés. 
 
Pour rappel, j'ai déjà produit une petite note sur les super-toscans
 
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