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lundi, 16 juin 2008

Quelqu'un a essayé un Tignanello

385819883.jpg Mario G. du blog canado-québecois (l'un dans l'autre, je ne sais pas ce qui est le plus important, pour un canadien du Québec, être québecois ou canadien) le tire-bouchon, vient de tester un tignanello. Un tignanello, c'est ce qu'on appelle un super-toscan.
 
C'est un 2004, qui avait terminé quatrième au classement 2007 du Wine Spectator. Ce n'est pas une note très développée, c'est juste un compte-rendu de dégustation sur ce vin un peu mythique.

mercredi, 09 avril 2008

Le Brunellopoli : à quoi bon ?

ef8b62d9c82813e7745d3142eb01822d.jpgLe Brunello di Montalcino, en France, n'est pas très connu. C'est pourtant l'un des vins italiens les plus fameux, les plus réputés et les plus chers, avec une reconnaissance internationale incontestable. Ce vin vient de plonger en plein scandale.
On apprenait courant mars 2008 que certains producteurs très réputés pour leur Brunello 2003 étaient l'objet d'une enquête du parquet de Sienne, avec mise sous séquestre de leur cave car on les soupçonnait d'avoir vendu du vin des Pouilles sous l'étiquette Brunello di Montalcino. Un scandale d'autant plus important que l'on parle d'un vin DOCG, donc soumis à des règles très strictes pour obtenir ce blanc-seing. Parmi les grands noms, on compterait a priori Frescobaldi, Casanova di Neri ou Antinori, des noms que vous devez désormais connaître si vous lisez régulièrement ce blog. Et même peut-être les connaissiez-vous sans avoir eu besoin de ce blog.
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Au fur et à mesure, les choses s'éclaircissent, mais on est loin de tout savoir : en tout cas, il semblerait bien que le vin des Pouilles n'a rien à voir, mais que le Brunello, un vin fait à partir du sangiovese (100% sangiovese, selon la loi italienne, pour obtenir la DOCG) aurait été allongé avec des cépages français (merlot, cabernet, notamment), ce qui n'est pas franchement mieux, la fraude restant de la même gravité si elle devait être avérée.
 
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Bon, peu d'informations suintent du parquet de Sienne, mais la question que l'on pourrait se poser, c'est pourquoi faire ce mélange ? Le mauvais millésime 2003 peut-il expliquer cette fraude ? En même temps, vus les commentaires des critiques italiens, on ne peut pas vraiment considérer que cela ait eu un impact positif. A suivre, sans aucun doute, en tout cas, ce scandale alimente copieusement les blogs spécialisés... Toujours étonnant : on en parle dans tous les pays qui ont des auteurs de blogs auxquels je suis abonnés ou presque (italiens, américains, canadiens, suisses, belges), mais pas dans les blogs français... Ah, ce centrisme franco-français sur son propre vin... Et pourtant, on ne parle pas du premier vin de table venu !

Et ceci n'est que le premier des deux scandales frappant le monde du vin italien en ce moment. J'évoquerai l'autre scandale un de ces prochains jours...  Je vous le dis, en ce retour de déplacement professionno-hédoniste, il y a du pain sur la planche, et ce blog n'est que la face cachée de l'iceberg. 


samedi, 01 mars 2008

Le goût et le pouvoir - Jonathan Nossiter : commentaires (6)

edd091a384039c1c7c252c178542e473.jpgCela faisait un moment que je n'avais pas pas parlé de ma lecture de "Le goût et le pouvoir". Mais, là, j'ai un gros passage à soumettre à votre sagacité.

Donc, voici le sixième extrait du livre de Jonathan Nossiter, après 

Nous sommes alors p. 298 du livre, toujours chapitre (comme pour le cinquième extrait) "Ne baratinez pas avec la nature". L'auteur du livre est au Baratin, un bistrot du XXè à Paris tenu par Philippe.
On est toujours sur le thème des AOC et de l'intérêt de les respecter ou d'en sortir :
 
Interlude toscan
 
A propos de madeleines liquides, il m'en vient soudain une autre : la Toscane, qui fait presque autant partie de mon éducation que Paris. Je pense aux chiantis de mon adolescence et aux changements qu'ils ont subis. Au milieu du XIXè siècle en Toscane, il y avait au moins deux cents ans d'histoire du vin rouge bien établis pour que le baron Ricasoli ait pu imposer sa recette du chianti, avec du sangiovese, le rouge dominant, et au moins 10% de raisin blanc, du malvoisie et du trebbiano. Pour accompagner les plats de la Toscane, comme des pâtes à la sauce tomate ou de la viande avec de l'huile d'olive et du romarin, cela fait sens : il faut un vin suffisamment acide pour équilibrer les tomates, avec des tanins fins pour "mordre" les pâtes. Et là, on digère bien. On est heureux.
Au début des années 80, avec l'arrivée du marché américain, Piero Antinori, un pionnier du marketing italien, a réussi à valoriser un expérience entamée innocemment dans les années 70. Il fut le premier à produire un "super-toscan", c'est-à-dire un vin qui ne respectait pas les règles du chianti. Le premier millésime de son "Tignanello", fait de sangiovese et de cabernet-sauvignon, date de 1971. Je me souviens de l'avoir goûté dans les années 80. Il était délicieux, à la fois savoureux mais typé, et il avait sans aucun doute le goût du terroir de la Toscane : une texture de soie crue et des goûts d'une douce amertume particulière aux terres des chiantis et au cépage sangiovese. A l'origine, Antinori était intelligemment progressiste. Après, que se passe-t-il ? Il est séduit par les sirènes du pouvoir et de l'argent et sa société, toujours une des plus puissantes d'Italie, devient une multinationale du vin, changeant toutes les typicités. Surtout, il y a tous ceux qui le suivent, abolissant bêtement les règles du chianti et construisant de plus en plus de vins sans acidité, avec la recette de la fausse modernité : des tanins arrondis, beaucoup d'alcool, des goûts de fruits surmûris, passage obligatoire dans 100% de bois neuf pour donner le goût de la vanille qui plaît, qui vend - souvent 100 euros la bouteille.
Ils ont changé les cépages, le merlot et le cabernet supplantant le sangiovese. Avec la pression du marché (et surtout la célébration qu'en a faite le Wine Spectator), en vingt ans, les Toscans on détruit la base du chianti? Il n'y a presque plus de chianti typé aujourd'hui. 99% des producteurs, voyant l'argent que faisait le voisin, ont appliqué la recette mondiale : des jus de fruits sucrés de luxe qui masquent la minéralité, le côté "terre" des terroirs. Ils remplacent souvent, pour des raisons strictement de marketing, les cépages, autochtones ou immigrants, tranquillement enracinés depuis des générations. Ensuite, l'emploi excessif de technologies arrondit et adoucit le vin-biberon qui passe alors dans du bois neuf français.
C'est comme si on prenait Les Vitelloni de Fellini et qu'on le ressorte en copie "colorisée", avec effets spéciaux et bande-son de Madonna (que j'aime beaucoup par ailleurs). Pire encore, c'esdt comme si, ensuite, ils ne laissaient plus de place aux cinémas pour diffuser la copie noir et blanc ; ainsi, petit à petit, toute mémoire du film original (du terroir) disparaîtrait. Au bout de deux générations, on s'en fichera. Dans l'histoire de la peinture, les artistes qui cherchent surtout à se faire un réputation en épatant le bourgeois produisent un impact immédiat mais dont la force diminue avec le temps. Contrairement à ceux qui, comme Cézanne, innovaient fermement et radicalement, mais avec le scrupule et la compréhension de ce qui les précédait. Ceci étant, avec le vin, c'est différent. Les Cézanne en bouteilles d'il y a cent ans ont presque tous disparu. On n'a plus de références. Tandis qu'avec la peinture, les toiles survivent. Le vin, même avec sa capacité unique de vieillir, de se bonifier avec le temps, est vivant - et donc un jour, il meurt. Il disparaît. Si les liens ne sont pas maintenus, si on les rompt d'un seul coup, on perd la moitié du contenu du musée de la gare d'Orsay vinicole.
 
Reprenez votre souffle... 


D'abord, un petit point culturo-lexical, histoire de récupérer ceux qui se seraient perdus.

2febfd32be946fa9b1e40f727bd7b866.jpgLe Baron Ricasoli : bon, l'auteur nous l'a dit, Ricasoli est celui qui a imposé la recette du Chianti au milieu du XIXè siècle. Pour en dire un peu plus, le baron Ricasoli fut un homme politique toscan de premier plan à son époque, puisque ce fut le second président du conseil du royaume d'Italie, à la suite de Cavour. Ses idées sont plutôt nationalistes, aspirant à une Italie forte ayant un socle commun de valeurs (ce qui à l'époque n'allait pas de soit), que seule la religion pourrait vraiment fonder. Même après s'être retiré de la vie politique de l'Italie, il est resté maire de Gaiole in Chianti, le coeur de l'appellation Chianti Classico, donc.

Aujourd'hui encore, le domaine qu'il gérait reste un grand nom de la Toscane. Pour un approfondissement du chianti, je vous renvoie à ma note à ce sujet.

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Piero Antinori : donc un grand nom du vin toscan contemporain, issu d'une grande famille toscane ayant eu une certaine importance au cours de l'histoire, mais qui est désormais concentrée sur la production vinicole.

Ils ont désormais dans leur "catalogue" certains des vins les plus célèbres de l'Italie, comme Tignanello, Solaia, Guado al Tasso...

Les super-toscans : là aussi, l'auteur explique un peu ce que sont les super-toscans, et j'ai moi-même fait une note à ce sujet

d249ec164bd7fc7e2f16d1b12224aaf4.jpgLes Vitelloni : un film de 1953, de Fellini, qui raconte l'histoire de 5 jeunes n'ayant pas beaucoup d'autre but dans la vie que les femmes et l'argent. D'ailleurs, "Vitelloni" est devenu une expression courante italienne suite à ce film pour désigner des gens fainéants.

 

Sinon, sur le fond de la démonstration de Nossiter, je la considère assez claire pour me passer de commentaires. Pour ma part, je tendrais à le suivre, comme vous avez pu le deviner au fil de la lecture de ce blog, mais le débat reste ouver. 

samedi, 16 février 2008

Le goût et le pouvoir - Jonathan Nossiter : commentaires (3)

edd091a384039c1c7c252c178542e473.jpgToujours dans le cadre de ma lecture de "Le goût et le pouvoir", je poursuis mes commentaires sur les évocations du vin italien par son auteur, Jonathan Nossiter.
 
Bon, il conviendra de noter que Nossiter parle surtout des vins français, et je dirais même, surtout des vins bourguignons, même si son propos est de parler des bienfaits et méfaits de la mondialisation. Mais, parfois, je relève des petits passages parlant du vin italien.
 
Ici, Nossiter est en discussion avec Gérard Margeon (GERARD, dans l'extrait cité qui va suivre), qui est le sommelier du Plaza Athénée à Paris, un des 3 étoiles de Ducasse.
 
JONATHAN : Il y a combien de restaurants, aujourd'hui ?
GERARD : Il y en a vingt-huit. Depuis jeudi. Parce qu'on en a ouvert deux cette semaine. On a rouvert l'ancien restaurant historique Ducasse-Robuchon Relais du Parc, avec Robuchon. C'est là qu'on a fait une carte à quatre mains, avec des plats historiques de Robuchon et de Ducasse, et des prix moyens à 60 euros. A Ducasse Conseil, Accor nous a demandé de les conseiller sur un concept de vins italiens pour le Sofitel Défense. C'est ce qu'on a fait. Donc on a ouvert deux jours après. Avec un joli concept : 100% italien.
JONATHAN : Quel genre d'italiens ?
GERARD : Il faut faire toute l'Italie, avec une grande page des vins de Toscane et du Piémont, puis toutes les autres régions.
JONATHAN : En Toscane, vous avez repéré qui ?
GERARD : J'ai mis tous les grands classiques, mais j'ai été plus audacieux en Piémont. 
JONATHAN : Des grands classiques ? Chacun à son idée de ce qu'est le classique.
GERARD : Toutes les grandes familles, tous les grands noms qu'on trouve aujourd'hui.
JONATHAN : C'est-à-dire ?
GERARD : Je n'ai pas tout en tête. J'ai cinq mille références dans le monde, sur  vingt-huit restaurants.
 
Donc, première information, il existe un hôtel, le Sofitel Défense, qu'on doit pouvoir situer dans la catégorie juste en-dessous des palaces (ce soir, la chambre pour 2 est à 210 €), qui propose une carte de vins à 100% italienne. Moui... Faut voir les prix... Les plus grands noms du vin toscan dans un hôtel de semi-luxe, je pense que ça fait mal à la carte bleue, surtout si elle n'est pas Gold.
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La deuxième information, c'est que les régions majeures du vin italien, c'est la Toscane, et le Piémont. Si on voulait s'amuser à faire une comparaison, on pourrait dire que la Toscane, c'est le bordelais, et le Piémont, c'est la Bourgogne. Ce qui veut dire que les toscans proposent souvent des grands domaines avec des gens implantés à l'international sachant vendre leur vin, et que dans le Piémont, on a plus souvent affaire à des petites propriétés, avec chacun une façon différente de produire le vin. Oui, je caricature, mais c'esst pour donner les grandes lignes. Bon, cette information est-elle vraiment une information ? En général, les amateurs savent bien que le coeur du vin est en Toscane et dans le Piémont.
 
Voilà. Bon, si je m'amusais à deviner qui sont ces grands noms, ces grandes familles toscanes, ces grands classiques, qui mettrai-je ?
 
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Bon, comme toujours, il faut garder en tête que le name-dropping a ses limites...
 
 
 
 
 

mercredi, 13 février 2008

Le goût et le pouvoir - Jonathan Nossiter : commentaires (2)

95728027d0b756154b612a223c8bee2a.jpgToujours dans le cadre de ma lecture du livre de Johnathan Nossiter, "Le goût et le pouvoir", je m'arrête aux passages évoquant le vin italien, dans la mesure où je peux apporter un commentaire.
 
Il s'agit aujourd'hui de la p.112. En l'occurrence, l'auteur de ces lignes parle de son expérience, au restaurant l'Atelier, de Joël Robuchon, à Paris, restaurant qu'il descend largement en flamme, par ailleurs : "J'ouvre la carte pour commander une bouteille. Aussitôt, je note une page de vins italiens : signe de la modernité à Paris, de l'antifranco-franchouillardisme affiché. Geste cosmopolite ou mondialisé . Voilà un bon chianti, fait dans un style un peu trop policé et sucré à mon goût, mais un bon vin : Castello di Fonterutoli. Mais je n'en crois pas mes yeux : un vin qui coûte à l'origine 7 ou 8 euros la bouteille arrive ici à 104 euros. Ou passent les 100 euros de différence ?".
 
Concernant l'Atelier, je le répète, tout le reste est à l'avenant, c'est d'ailleurs un vrai plaisir, je ne suis pas sûr que beaucoup de critiques gastronomiques parleraient d'un restaurant de Robuchon en ces termes.
 
Mais, pour revenir au thème de ce blog, donc, Nossiter tâte un Chianti qu'il estime correct sans plus, pour résumer sa pensée. Pour être plus précis que l'auteur, mon enquête me fait penser qu'il s'agit d'une des plus fameuses et réputées DOCG d'Italie : le Chianti Classico, soit, en termes de zone géographique, le coeur historique du Chianti.
 
 
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Et en recherchant un peu les tarifs de vente du producteur, on constate que la bouteille coûte environ 35 €. Bon, ce sont les tarifs constatés en 2007, et je suis prêt à imaginer qu'un ou deux ans avant, il soit moins cher. Je suis également sûr que l'acheteur a eu une ristourne du producteur. Mais quand même, quand Nossiter parle de 7-8 €, je suis doute, je suis interlocage, je suis scepticisme.
 
Bon, en attendant, Castello di Fonterutoli, en terme de réputation, n'est pas tout en haut de la Toscane, mais n'est pas trop loin du top. Mais, là où je rejoins Nossiter, c'est qu'il faut arrêter de regarder la réputation des maisons, et retrouver la simple notion de plaisir, peu importe sa connaissance du vin : un vin nous plaît ou ne nous plaît pas, peu importe qu'il soit d'Antinori, de Gaja, ou de Duschmoll.
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
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