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samedi, 29 mai 2010

Gouttes de Dieu - 1 : Rosso Miani

les_gouttes_de_dieu_intro_m.jpgProfitant de mon chômage forcé (le moins longtemps possible, j'espère), je vais tâcher de redonner un peu de vie à ce blog. Et pour ce, je vais m'amuser à parler du vin italien au travers du manga "Les gouttes de Dieu". Les ceusses qui aiment le vin et la BD ne peuvent pas être passés à côté de cette série qui s'annonce fleuve.

L'histoire évoque le fils d'un grand critique / oenologue japonais qui meurt et promet l'héritage de sa fortune à celui de ses 2 fils (dont l'un est adopté juste avant sa mort) qui résoudra toutes les énigmes autour du vin qu'il soumet. Ca, c'est le pitch, mais les digressions sont nombreuses, et le héros et ses acolytes partent souvent en vrille autour d'une bouteille ou l'autre.

De ce que j'en ai lu jusque là (lecture en cours), le vin français a la part belle, ce qui ne me paraît pas anormal, mais le vin italien tient pour l'instant la seconde place dans l'histoire, grâce à un des seconds rôles, Chosuke, fan des vins italiens. Sans doute aussi parce que l'importance des vins dans ce manga reflète bien, à ce qu'il me semble, ce que pense l'auteur, Tadashi Agi.

Mon but est de présenter chaque vin italien évoqué dans ce manga. Ca va m'occuper un peu, en attendant de régler mes problèmes d'assurance, de faire mon site de vente en ligne et de trouver un taf tant que CasaVino restera fermé...

On commence avec le Chapitre 1.

Rosso Miani VDT (millésime inconnu) - Azienda Agricola Miani di Enzo Pontoni - Frioul-Vénétie Julienne63495.jpg

Je dois reconnaître que j'ai été surpris que le premier vin italien soit celui-ci. Pour plusieurs raisons :  dans ce premier tome, concernant le vin français, les auteurs mettent vraiment en avant (mais pas que) les grands crus, les grandes appellations, les grands noms, les 2 grandes régions que sont la Bourgogne et le Piémont. Là, un vin italien arrive, on ne sait pas exactement pourquoi, et de surcroît d'une région, peut-être pas mineure en Italie, mais en tout cas certainement pas majeure. Sans doute l'auteur venait-il d'en ouvrir un flacon, et paf, il l'a collé là, au moment où il racontait son histoire.

Mais bref.

mappa_vini_friuli.jpgJ'avais déjà fait, à l'occasion d'un voyage, une petite présentation du Frioul. Je vous y renvoie.

Le Rosso Miani est un Vino da Tavola (vin de table), qui sort donc de toute appellation, produit au sud-est d'Udine, dans la zone d'appellation Colli Orientali del Friuli. Les cépages utilisés sont un assemblage de Cabernet-sauvignon, merlot, refosco et tazzelenghe. Les deux premiers sont évidemment bien connus de par le monde, les deux suivants sont vraiment autochtones, typiques de la région. Je reconnais d'ailleurs que je ne connais pas bien le tazzelenghe, en revanche, j'ai rencontré de très aimables refoschi.

Enzo Pontoni, ingénieur de formation et de carrière s'est lancé il y a une 15aine d'année dans le vin de conception bio du début à la fin, en reprenant le vignoble de son défunt père. Enzo Pontoni fait partie de ces viticulteurs qui traitent chaque cep, chaque plant comme un "individu" différent de son voisin, nécessitant donc un traitement strictement approprié. Pas d'interférence non plus sur la température de fermentation. Il obtient sur tous ses rouges des vins qui peuvent vraiment vieillir, ce qui n'est pas forcément un trait qui caractérise les vins italiens.

Après, pour ce qui est du vin, à la couleur extrêmement sombre, il faut aimer ce genre de vin, qui bien qu'élégant peut apparaître aux papilles de certains comme manquant d'équilibre, aux papilles d'autres comme explosif.

Description faite dans le manga (attention, c'est souvent d'un lyrisme exacerbé) :

"Une noirceur ténébreuse. Oui, des ténèbres presque diaboliques habitent ce vin ! C'est Salomé. Salomé qui dans sensuellement... sur la mélodie de Richard Strauss...C'est cela... Ce vin est la sensualité même... Mais la sensualité décadente au goût de sang... C'est la princesse Salomé qui dansait pour obtenir la tête du prophète Jean... Et se vit présenter cette tête coupée sur un plateau... Ooh... Oui, quelle décadence diabolique... Un goût hypnotique... Regarde ! Il a la consistance et l'épaisseur du sang ! Regarde comme il est concentré ! Oh... J'ai l'impression d'avoir mordu dans un fruit charnu... C'est un Rosso Miani... Un vin monstrueux du nord de l'Italie, de la région du Frioul. Le mode de production est extrême, car on n'y laisse que 2 à 4 grappes par cep de vigne. C'est l'un des vins les plus recherchés en Italie même... Car le domaine n'étant que de 15 hectares, la récolte n'en produit que 7.300 bouteilles. Tu arrives à imaginer la folie que cela représente ? Le rendement est vraiment bas."

Violent, n'est-il pas ?

mardi, 28 juillet 2009

Multiplication des DOC et amélioration de la qualité

italtrade.JPGItaltrade.com, est le portail internet de l'ICE, l'Istituto nazionale per il Commercio Estero, soit l'Institut national pour le Commerce Extérieur. Le but est, cela va sans dire, la promotion des produits italiens à l'étranger et la meilleure façon de les vendre. L'ICE présente une version internet différente pour un certain nombre de pays.

Ainsi, le portail belge, à l'occasion du Vinexpo français, le vin italien et l'important nombre d'appellations présentes en Italie, dans une note titrée : Vinexpo 2009 : Quand le vin italien est synonyme de culture du bien boire.

L'article en soi n'a rien de surprenant ni de choquant. Sachant d'où vient la source, on ne peut pas vraiment s'attendre à une attaque en règle du vin italien. Et d'ailleurs, ce serait bien incompréhensible. En revanche, dès la première ligne, j'ai sursauté. Si l'ICE s'adresse à des professionnels du vin, je ne suis pas sûr qu'avec cette phrase, l'institut puisse être pris au sérieux. Car l'article, en effet, commence par : "L’excellente qualité du vin italien tient en un nombre : 477. Il s’agit, au 31 décembre 2008, du nombre de dénominations de qualité associées aux vins Made in Italy." Il continue par ailleurs en ces termes : "Au cours de l’année dernière, l’ensemble s’est enrichi de sept nouvelles reconnaissances par rapport à 2007 : cinq DOCG (dénomination d’origine contrôlée et garantie) et deux IGT (indication géographique typique)".

Avant de continuer, et pour prévenir un peu toute ire d'un de mes lecteurs transalpins ou d'orgine transalpine ayant des notions de français suffisantes pour me lire, je précise que je suis plutôt un fervent défenseur du vin italien, autant pour sa variété que pour ses qualités.

Maintenant que ceci est acté, je voudrais quand même indiquer que le nombre de DOC (l'équivalent de l'AOC en France) ne me semble pas un révélateur de qualité. A mon sens, la DOC est un moyen de rassurer le consommateur sur le fait que le vin a été produit en respectant certaines normes communes à l'appellation et de façon à permettre d'obtenir un produit présentant des critères communs. Ce n'est pas faussement rassurant, c'est vraiment rassurant, quand on ne connaît ni les producteurs d'une appellation ni les vins majeurs d'un pays. Mais cela n'assure que de critères communs minimums, et aucunement d'une qualité uniforme sur toute une appellation (et heureusement...). Alors, bien sûr, ces critères communs minimums sont plus ou moins élevés en fonction de ce que l'on parle de DOCG, DOC, IGT, mais même dans ce cas, un bon producteur en IGT (Indicazione Geografica Tipica, Indication Géographique Typique) sera toujours plus intéressant qu'un mauvais producteur en DOCG.

Pour moi, l'un des meilleurs exemples, c'est la DOCG Asti, au sein de laquelle on trouve le Moscato d'Asti ou l'Asti Spumante, qui donne, dans sa version la plus connue, un vin mousseux, doux, très fruité et acidulé. Cette DOCG a été obtenue en 1995. Il me semble assez légitime de se demander si cette DOCG a été obtenue pour un niveau de qualité hautement reconnu a tous points de vue ou pour récompenser et soutenir une des appellations les plus dynamiques à l'export (et sur le marché italien aussi, par ailleurs). Je précise : le bon Asti existe, je l'ai rencontré. Mais les mauvais aussi, je ne les ai que trop croisés ! Surtout dans la version Spumante.

 

astispumante.jpg

 

Bref, je pense que la multiplication des DOC n'est pas "nécessairement" un gage de qualité, mais plutôt une volonté d'organisation ayant pour but de mieux commercialiser le vin afin de donner quelques points de repères au consommateur final.

Conclusion ? Non, l'excellente qualité du vin italien, réelle, et qu'il ne s'agit point de dénigrer, ne tient pas en un chiffre.

Et pour finir, une petite video sur le moscato d'asti de Wine Library :

 

08:00 Publié dans Le vin italien | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : doc, italtrade, asti

mardi, 21 avril 2009

Débat autour des super toscans

ornellaia label.jpgLe magazine anglais The World of Fine Wine a relancé le débat sur les Super-Toscans. Je n'ai pas lu l'article, il faut s'abonner et c'est assez onéreux, et l'article n'est pas en ligne. En revanche, Eric Asimov en a parlé dans son blog, et en a résumé la teneur.

Bon, pour une initiation aux super toscans, commencez donc par là.

Voilà ? Bon, si vous avez bien tout compris, les super toscans, c'est une "appellation" visant à se libérer des normes de production des appellations de la Toscane afin de produire des vins dont la qualité pourrait s'approcher des plus grands vins, disons, français, par exemple.

L'idée qui court donc dans notre débat, c'est que les super-toscans, avec toutes les exceptions et précautions qui s'imposent naturellement, serait désormais un repaire à vins construits sans relation forte avec leur terroir, mais plutôt adapté au goût moderne qui prévalait encore il y a quelques année : du bois, de la confiture, pour faire très court. Allez donc lire la note d'Asimov, c'est intéressant...

 

mercredi, 04 mars 2009

L'Italie, une vraie concurrence pour les vins français

Petit rappel : la production de vins italiens est plus importante que celle de vins français, la consommation de vins italiens en Italie est plus importante que la consommation de vins français en France, les exportations de vins italiens sont supérieures à celles de vins français. Le cadre est posé...

Il reste un domaine dans laquelle, nous, français, nous considérons toujours les meilleurs (notion plus difficile à quantifier ou à prouver), et globalement, le monde entier le considère également comme tel), c'est la qualité de nos vins. Certes. Cela étant, pouvons-nous considérer, comme la plupart de nos concitoyens le pensent que l'Italie n'est bonne qu'à proposer du vin de table ? Non, non, non. Attention, il ne s'agit pas de s'amuser à comparer les vins italiens et les vins français en termes de qualité. Le propos est seulement d'affirmer le fait que les italiens savent également faire de grands vins.

logo-france-24_Y-S-5140-3_1_.jpgFrance 24 a récemment sorti un papier sur le sujet, en évoquant les progrès des vins siciliens, basés sur l'exemple des vins australiens. La lecture de cet article ne pourra que confirmer mes dires.

mardi, 06 janvier 2009

Quel est le parfum du sangiovese ?

Vous ne pouvez plus l'ignorer, désormais, fidèles lecteurs de mon blog que vous êtes : le sangiovese, c'est le cépage-roi de la Toscane. Celui qui fait les grandes appellations de la région. Et, de façon générale, si vous aves un verre de vin rouge toscan entre les mains, il y a une grande probabilité pour qu'il contienne un minimum de sangiovese.

Andrea Gori, sommelier et blogueur de Vino da Burde, s'est attaché à nous décrire quels sont les parfums du sangiovese vinifié à différents stades de son existence. Vous pouvez vous reporter directement à la note, mais elle est en italien, pas la langue la plus difficile à décrypter, certes, mais pas la plus parlée non plus par le monde francophone. Aussi vous en proposé-je une synthèse.

  • Très jeune : framboise et fraise, violette et iris (iris, j'aurais pas trouvé tout seul, je crois...)
  • Jeune de moins de 3 ans avec vieillissement minimal en bois : violette, cerise, tabac blond, orange, cuir, réglisse, olive noire
  • Après 3 années en fût : eau-de-vie d'amarena, confiture de prune, écorce d'orange confite, fleurs sèches, anis, cardamome, tabac de pipe, goudron

brunelloconsorziologo.JPGBon, moi, par exemple, la cardamome, je ne maîtrise pas bien, mais venez donc sentir mes vins à base de sangiovese in "purezza", vous me direz ce que vous retrouvez !

 
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