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mardi, 06 novembre 2007

Poliziano

J'ai par ailleurs visité l'Azienda Agricola Poliziano. Là, on rentre dans une maison qui a pignon sur rue, ou plutôt cyprès sur allée... Située à proximité du village réputé et non moins beau de Montepulciano, le plus haut village fortifié de Toscane.

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On se trouve ici en présence d'une maison qui se trouve plutôt à la pointe de la modernité pour la confection du vin, tout en conservant un accueil très "vieille Europe". Il s'agit d'impressionner et de donner une image de "noblesse moderne".

Dégustations :

Rosso di Montepulciano 2005 :

medium_rosso_intermedia.jpgUne DOC de la province de Sienne, et évidemment, plus particulièrement, de Montepulciano. C'est un vin destiné à être bu jeune, fruité, avec un peu de corps malgré tout, mais sans excès. En principe, on utilise les mêmes raisins que pour le Vino Nobile di Montepulciano, (en fait, on garde les meilleurs pour le Vino Nobile et les autres pour le Rosso). Chez Poliziano, on a dédié certaines parcelles, considérées comme étant les plus adaptées à ce vin, pour le Rosso. On obtient un vin sans surprise, mais sans mauvaise surprise. Il exprime des notes en premier lieu de framboises, prunes, géranium, puis de myrtilles, cerises, cyclamen. L'attaque est nettement tanique, mais sans agressivité, tout en restant frais, et bien équilibré. Le final est persistant sur la framboise et la cerise.

Le 2006 a eu 15/20 au guide des vins de L'espresso. 

 

 

Vino Nobile di Montepulciano 2004 :

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Le Vino Nobile (Vin Noble) est l'un des plus vieux vins d'Italie. On en retrouve la trace dans des documents de 789. Il s'agit d'une DOCG, le plus haut grade des appellations italiennes, et le Vino Nobile est l'un des plus célèbres vins italiens. Fait en forte majorité de San Giovese (espèce prugnolo gentile).

On parle d'un vin issu de vignes cultivées sur terres argileuses, et très bien exposées. De couleur rouge grenat, avec des nuances oranges. Un parfum de rose, de fruits rouges, un excellent équilibre sur un corps robuste et tanique. Un peu jeune malgré tout, a besoin de vieillir encore un peu (peut aller jusqu'à 10-12 ans).

16/20 au guide de l'Espresso.

 

 

Vino Nobile di Montepulciano Asinone 2004 :

medium_asinone_intermedia.2.jpg C'est sans doute ce qui se fait de mieux dans cette appellation. Asinone est en fait un petit vignoble de 14 ha, situé à quelques 350 m d'altitudes. C'est sur ce terrain que Poliziano dispense les plus grands soins. Ce vin présente une grande densité. Un parfum de fruit bien mûr et des arômes de terre. Beaucoup de réponse en bouche, avec des parfums de chocolat et de noisette. Une belle minéralité. Un style reconnaissable par son cépage San Giovese Prunolo Gentile et en même temps un potentiel international indéniable.

18/20 au guide de l'Espresso

 

 

 

 Le Stanze 2004 :

medium_lestanze_intermedia.jpg Alors, voilà la bouteille de cépages internationaux que chaque vignoble italien s'applique à proposer. Leur Super-toscan, quoi... Où encore, le type bordelais à la Toscane. Là, c'est 65% cabernet-sauvignont, 30% Merlot, 5% San Giovese.

N'en doutons pas, il est excellent, mais quand on cherche du typique, ce n'est peut-être pas vers ceci qu'il faille s'orienter. On a dans le bouquet des myrtilles, du chêne (trop ?), de la violette, des notes balsamiques. Une très bonne structure, des tanins tout doux. On retrouve des fruits rouge en note finale.

 

16/20 au guide de l'Espresso

 

 

Bon, on a affaire ici au dessus du panier, cela va sans dire. Et un dessus du panier qui n'usurpe pas sa réputation. Cela étant dit, à titre professionnel, je ne suis pas sûr de devoir faire de ce fournisseur une priorité. En effet, on se situe là dans une gamme de prix relativement élevée. De là à s'en passer complètement, voilà un pas que je ne franchirai peut-être pas. 

mardi, 30 octobre 2007

Villa Pillo

Cela faisait un moment que j'avais un peu mis de côté le compte-rendu de mes visites de vignobles en Toscane.

Le vendredi 12 octobre au matin, j'ai visité la Villa Pillo, établissement perdu dans les collines toscanes vers Gambassi Terme, quelque part entre Florence et Sienne.

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Il s'agit d'un assez vieil établissement, puisqu'il remonte au Moyen-Age, créé par un marquis florentin (les nobles ont été et restent très présents dans les vignobles toscans). Après quelques changements de propriétaires, particulièrement au XXè siècle, il est depuis 1989 aux mains d'un américain.  Alors qu'avant son arrivée, la Villa Pillo ne cultivait que le San Giovese, notre américain, par ailleurs propriétaires d'autres vignobles en Californie notamment, a amené les cépages plus "internationaux", tels que le Carbernet-Franc, le Merlot, le Syrah.
Par ailleurs, après n'avoir proposé que du vin rouge, le premier millésime de rosé a vu le jour en 2006, et la première vendange de blanc (Sauvignon) a eu lieu cette année.
 
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Comme la plupart des vignobles, ils font aussi du Vin Santo, un vin élaboré à partir de raisins récoltés et asséchés,puis vieilli environ 5 ans et de l'huile d'olive...

 
La dégustation :
 
Borgoforte 2004 :
medium_Vborgoforte.jpgUn vin fait à la mode des super toscans, c'est-à-dire, en sortant des normes DOC et DOCG, et an ajoutant un peu d'international au San Giovese, en l'occurrence, 40% de Cabernet-Sauvignon et 10% de Merlot.
Une robe rubis / cerise, un parfum puissant, qui ne gâche pas les parfums du San Giovese, mais arrondi et équilibré par le Cabernet et le Merlot, ce qui donne un mélange de fruits rouges et de vanille. Un beau tanin final, quoiqu'une bouche finale un peu légère.
 
Note de L'Espresso (pour le 2005) : 13/20
 
 

 

 

Cypresses San Giovese 2005 :

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Ce vin fait de 100% San Giovese est encore un peu jeune et fermé.Il peut vieillir 5 ans, donc il est peut-être préférable d'attendre. Les parfums et les saveurs sont légèrement en retrait, la robe est plus vive que dans le Borgoforte (ce qui est plutôt normal).

 Note de l'Espresso : 12,5/20

 

 

 

 

 

Syrah 2003 :

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Fait de 100% de Syrah. Le Syrah, quand il est développé sur les collines toscanes, développent encore de nouveaux parfums d'épices, comme le poivre. Dans le cas présent, le vin est vieilli pendant 15 mois en fûts de chêne français. Les saveurs à la dégustation évoquent le cassis et son acidulité, le poivre, le chocolat, le cuir, également...

Un vin très intéressant. 

 Note de l'Espresso : 15,5/20

 

 

 

Sant'Adele Merlot 2003 :

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100% Merlot. Du classique mais sérieux...

 Note de l'Espresso : 14,5/20

 

 

 

 

 

Vin Santo 1999 :

medium_Vinsan304x204.jpg Le grand classique de la Toscane, le Vin Santo. Villa Pillo s'attache à faire ce vin suivant la grande tradition toscane, fait à base de Malvasia et de Trebbiano, avec une sélection des meilleures grappes. Les grappes rentrent dans le processus d'assèchement qui dure 5 mois, ce qui augmente considérablement la concentration en sucre. Ensuite, le vin reste à mûrir en petits fûts de chêne pendant 4 ans.

Au final, une couleur très sombre pour un VinSanto, des parfums de réglisse, miel, fruits jaunes mûrs, amandes. Un vin très fin et peu agressif, pas écoeurant, ce qui est souvent le cas de certains Vin Santi. 

 

 

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Au final, un établissement qui correspond assez bien à mes critères, avec une structure relativement petite, des vins de bonnes qualités à des prix tout-à-fait acceptables.

jeudi, 18 octobre 2007

Le Cantine Leonardo

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Jeudi 11 octobre de matin, j'ai attaqué les cantines Leonardo. C'est en fait une sorte de coopérative d'une trentaine de vignerons créée en 1961. Cette entreprise, est passée progressivement d'une stratégie d'abondance, et donc de vin de basse à moyenne qualité, à une stratégie de "rareté" et donc de vin de très bonne qualité.

Cette coopérative est désormais réputée pour des produits très "fiables", très stables, mais au détriment peut-être encore d'un certain manque de caractère et de différentiation d'un produit à l'autre.

Dégustation :

Ser Piero 2006 IGT

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Un blanc IGT ( appellation à rapprocher de nos vins de pays) Chardonnay et Trebbiano. Grande qualité, arômes denses et mûrs, abricot et banane. Un peu épicé et fleuri (tilleul) également. Au goût, on a des sensations d'un vin très enveloppant, avec des saveurs de fruits exotiques.

14,5/20 à l'Espresso 

 

 

 

 

 

 Chianti Leonardo da Vinci 2006 DOC

85% San Giovese, 10% Merlot, 5% autres (dont Canaiolo). Le San Giovese est bien sûr le cépage roi de la Toscane, et notamment du Chianti, mais pas seulement. Le San Giovese a d'abord fermenté seul, puis le canaiolo est arrivé plus tard, plus mûr, pour concentrer le vin et abaisser l'acidité. Le vin ne fait pas de passage en fûts de chêne. Vin à boire jeune, fruité et bien rond.

14/20 à l'Espresso

 

Morellino di Scansano 2006 DOC

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C'est un vin idéal pour accompagner la cuisine Toscane, fait à 100% de San Giovese. Le raisin n'est pas récolté dans la zone du Chianti, mais dans la Maremma, zone au sud de la Toscane, à la fois plus aride et plus maritime, ce qui permet une matûrité plus rapide des grappes et permet au vin d'être assez rond. Affinage jusqu'à mars en cuves d'acier. Belle couleur rouge rubis chargée. Vin aux parfums très fruités. Les tanins sont bien présents, mais plutôt doux et ronds, vraiment pas agressifs.

12,5 /20  à l'Espresso

 

Rosso di Montalcino 2006 DOC

Voilà un vin dont la production ne peut se faire que sur les collines siennoises (le sud de la zone du Chianti), exclusivement à base de San Giovese. En l'occurrence, il est plus précisément fait de San Giovese grosso, raisin à peau plus épaisse. A l'origine, il s'agissait de la zone la plus pauvre du Chianti. Le cépage était utilisé par les producteurs de Chianti pour renforcer leurs vins. Dans la seconde moitié du XIXè siècle, un producteur de San Giovese Grosso a voulu essayer de faire un vin constitué à 100% de Grosso. Ainsi naquit le "Brunello di Montalcino", une des rolls du vin italien. Le Rosso, qui est un vin plus simple, de couleur rubis intense, un peu tanique, et très parfumé. Encore un vin plus adapté à l'accompagnement des plats (plats en sauce au champignons, notamment) qu'à la dégustation pure.

 

Chianti Riserva Leonardo 2004 DOCG

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Pour avoir l'appellation "Riserva", le Chianti doit avoir vieilli au moins 24 mois. En l'occurrence, il a fait un an en barrique, et un an en bouteille. Une robe rubis, classique pour le San Giovese, un vin assez limpide d'aspect. Le bouquet est constitué de fruits mûrs moins puissants quedans le Rosso di Montalcino, un peu couverts par d'autres parfums, tels que la vanille et la cannelle. Les parfums sont assez subtils. Bon équilibre au goût. Une finale un iodée provenant d'une culture issue de collines plus basses et dont le sol est constitué de sable gris.

14,5/20 à L'Espresso 

 

 

 

Brunello di Montalcino 2002 DOCG

2002 fut une année difficile avec beaucoup de pluie. Cependant, ce Brunello demeure tout-à-fait appréciable. Pour une appellation BdM, il faut au moins 2 ans d'affinement en chêne. La couleur de ce vin est pourpre, avec un bouquet de mûres, cassis et cerises. La dégustation affirme un bon équilibre, une certaine fraîcheur, avec parallèlement des sensations de confiture et de réglisse. Parfait avec rôtis et gibiers, ou un pecorino toscano bien avancé. Finale intéressante, malgré un léger manque de caractère.

 

San Ippolito 2005 IGT

Le raisin est récolté en fin de vendange. Il s'agit d'un assemblage à parité Merlot / Syrah. La fermentation avec macération se fait à 32°, donc une température relativement élevée, censée permettre une meilleure dissolution des tanins tout en conservant le parfum de fruits mûr. Le viellissement s'est fait pendant 12 mois dans des barriques de 225l, puis 6 mois en bouteilles. La robe de ce vin est d'un pourpre franc et consistante. Il se peut que l'on trouve quelques sédiments, en raison d'une absence de filtrage. On ressent l'odeur de fruits mûrs, mais aussi d'épices. Un vin bien rond et bien équilibré, quoiqu'encore un peu jeune.

 14,5/20 à L'Espresso

Voici un premier compte-rendu. Débutant dans ce genre d'exercice, merci de votre indulgence, et n'hésitez pas à me faire part de vos remarques, évidemment.

mercredi, 17 octobre 2007

De retour...

Après une semaine en Toscane à parcourir les coopératives et les vignobles, me voici de retour. Je tâcherai de faire un compte-rendu de mes visites au fur et à mesure.  Et puis, je parlerai aussi de mes B&B, on ne sait jamais, ça peut servir à quelqu'un...

En tout cas, un temps et des paysages superbes, puisqu'on est monté jusqu'à 26°, et que la luminosité automnale donnes des couleurs fabuleuses à la Toscane 

Et donc, mercredi soir (le 10 octobre), j'étais à Olmi, au sud de Pistoia, dans le nord de la Toscane. J'ai dormi à Ruri Est (le nom du B&B). Bon, comme c'était ma première nuit, et que j'était très excité par ma nouvelle mission, cela s'est bien passé. Cependant, ce n'est pas le super plan de folie. Les chambres sont très fonctionnelles, et n'ont aucun caractère :

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Le paysage offert est celui d'une petite banlieue sans caractère d'une petite ville quelconque. Bon, c'est super calme. En revanche, dans un village voisin, je me suis régalé dans un petit restau pas cher, sans prétention, mais à la cuisine toscane honnête et savoureuse, pour mes retrouvailles avec la vraie gastronomie italienne.

J'ai commencé par l'antipasto de la maison (important, d'un point de vue de professionnel), composé de charcuteries (jambon et coppa) sentant la forêt et l'automne comme jamais, de crostini (mixture à déguster sur une tranche de pain, en l'occurrence, l'une au foie, cf photo, l'autre aux cèpes) proposant des goûts à la fois surprenants, fins et parfumés, et de petits légumes sott'olio.

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Puis, des tagliatelle al cinghiale (sanglier). Quelque chose d'une saveur fabuleuse, de nouveau. Le tout accompagné du Chianti de la maison, pas inoubliable, mais tout-à-fait adapté à cette cuisine simple mais savoureuse.  Bon, en revanche, les italiens sont moins forts en dessert. J'ai pris un strudel pas fameux, et dont je n'ai d'ailleurs rien de plus à en dire.

Et puis, les italiens ne sont pas non plus fort sur le petit déjeûner : jus d'orange concentré, biscottes, croissants sous cellophanes fourrés à la crême pâtissière bourrative, etc. Comment peut-on être si doué en gastronomie et manquer à ce point le moment du petit déjeûner ? C'est un mystère. Seul leur café est intéressant : très fort, tassé, avec un petit goût de brûlé. Mais ça ne suffit pas...

 

 
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