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lundi, 24 mars 2008

Et le bardolino, alors ?

Eh oui, le bardolino, alors ? Vous le savez, je vais à Vinitaly - oui, vous allez commencer à le savoir, je le dis souvent en ce moment, mais je fais monter la pression... quelle pression ? ben, je sais pas, la pression, quoi... - pour la grande fête des vins italienne (la fête, pas les vins).

Et Vinitaly, c'est à Vérone.

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Et à côté de Vérone, il y a le lac de Garde.

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Et le long des rives du lac de Garde, il y a des vignobles.

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Et à un endroit, sur la rive est du lac, on trouve un village qui s'appelle Bardolino, et une appellation DOC qui va avec. On a même l'appellation Bardolino Superiore en DOCG.

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Le Bardolino est une appellation bénéficiant d'une bonne notoriété, mais pas encore nécessairement d'une bonne réputation. Une réputation moyenne qui n'est pas totalement infondée. Bien sûr, tout n'est pas à mettre dans le même sac, mais globalement, cette appellation n'a pas encore connu son boum qualitatif, et ce même si on regarde la DOCG, plus exigeante.

Comment se fait le Bardolino ? Principalement avec des cépages du coin, ce qui est assez typique en Italie. Le cépage majeur est la corvina (vous ne connaissiez pas, avouez !), qui doit représenter entre 35% et 65% du vin, la rondinella (celui-là, non plus, vous ne le connaissiez pas...), représentant entre 10% et 40%, et le reste (maximum 20% au total, et maximum 10% pour chaque cépage) peut être de la molinara, de la rossignola, de la barbera (plus connue, celle-ci), du sangiovese (celui-ci aussi), du marzemino, du merlot et/ou du cabernet-sauvignon.

A comparer avec un vin assez bien connu en France, on citerait le Valpolicella, un vin d'ailleurs proche géographiquement, et proposant la même légèreté que le bardolino. Pour donner quelques propriétés organoleptiques, on pourrait citer la couleur plutôt claire dans la catégorie "vins rouges", virant au grenat en cas de vieillissement (mais le bardolino n'est plutôt pas un vin à faire vieillir). Le parfum est lui-même léger et la saveur est un peu amère avec peu voire pas de gras. Un vin plutôt nerveux. On peut le trouver légèrement pétillant, également.

A ne pas confondre avec le bardolino chiaretto, un vin rosé, même si l'origine géographique est la même. 

C'est un vin à déguster jeune, frais, en apéritif, ou en accompagnement de côtes d'agneau, par exemple. 

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Vous l'aurez compris, on ne parle ici, a priori, d'un vin de collectionneur, mais une bonne surprise peut toujours arriver, et parfois, un bon vin sans prétention peut déclencher des moments très agréables...

 

 

 

vendredi, 21 mars 2008

Le vin en Lombardie

5a964da1f4fd2c434ba8b98623e7f617.jpgJe vous l'ai dit, début avril, je pars pour Vinitaly, à Vérone. Alors, vous me direz, Vérone, ce n'est pas en Lombardie, mais en Vénétie. Bien vu... Mais je vais atterrir à Bergame, puisqu'une certaine compagnie low-cost y atterrit depuis Beauvais, et ce, pour vraiment pas cher. Mais, pas de pub... Et Bergame, c'est en Lombardie, ça c'est sûr. Je vais donc en profiter pour voir quelques producteurs. Oh, je n'aurai pas plus d'un jour à y consacrer, entre Vinitaly, où je prévois d'être présent vendredi 4 et samedi 5, VinNatur, le salon des vins naturels, un salon OFF, dont j'ai pris connaissance sur ce blog, où j'espère passer dimanche 6, plus un tour dans le vignoble vénitien lundi 7, ça va être tendu. Mais bon, même si aller en Italie est toujours pour moi source d'émotions, il faut quand même que je justifie mon déplacement. Et là, il va être dense, je crois.
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Donc, la Lombardie, c'est au nord-ouest de l'Italie, à l'est du Piémont, à l'ouest du Trentin, au nord de l'Emilie-Romagne, au sud de la Suisse. C'est la région la plus riche d'Italie, le poumon économique, avec un taux de Ferrari / BMW / 4*4 que ne renierait certainement pas la Californie. J'exagère un peu, mais croiser une Ferrari sur autoroute n'est pas chose rare, ayant habité plus de 3 ans à Milan, la capitale économique du pays.
 
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Bon, Milan, j'en ai parlé, mais des villes connues, il y en a d'autres : Bergame, Côme, Pavie, Brescia, Monza, Mantoue... Que des villes qui ne font pitié à personne en terme de niveau de vie. Et puis, touristiquement, il y a de quoi faire, avec la région des lacs, la rive est du lac Majeur, le lac de Côme, le lac d'Iseo, la rive ouest du lac de Garde, la chartreuse de Pavie, les belles villes...
  
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Pour le vin, ce n'est pas la première productrice d'Italie, loin s'en faut. Et par ailleurs, ce n'est pas la région bénéficiant de la plus grande notoriété mondiale de par ses appellations. Bon an mal an, 500 000 hl de vin sont produits en Lombardie.
 
On peut grosso modo, distinguer 3 grandes zones de production en Lombardie.
 
531a749516b440db17db93ebfeba091d.jpgD'abord, au sud du Po, qui passe au sud de la Lombardie (cf carte), au sud de Pavie. L'appellation majeure, que vous connaissez peut-être, c'est l'Oltrepo Pavese. En quantité, c'est là qu'on produit le plus en Lombardie, beaucoup de vracs, et quelques bouteilles pas cher et pas toujours mauvais. Il faut dire que les lombards ne consomment pas leurs vins de façon prioritaire. L'Oltrepo Pavese est en DOC, sauf le spumante Oltrepo Pavese metodo classico, qui vient tout juste de passer en DOCG (millésime 2007). On ne constate pas une tendance forte et nette d'augmentation de qualité, si ce n'est sur quelques rouges.
   
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Et puis, tout au nord, non loin de Sondrio et de la frontière suisse, au pied des neiges éternelles, on trouve une appellation qui pourrait aussi vous parler, c'est la Valtellina Superiore (DOCG), et, un peu moins connu, le Sforzato di Valtellina (DOCG). La Valtellina Superiore donne un vin caractéristique des vins de montagne (culture en forte pente, vendanges manuelles...), soit des vins austères, pourtant non dénué d'intérêt si on les produit avec soin. En qualité, on est loin du compte, avec beaucoup de retard sur le Sforzato di Valtellina, produit à partir du fameux nebbiolo, le cépage roi du Piémont, que l'on retrouve - de même que la barbera -  beaucoup en Lombardie.
 
572a92691c53d17c11277b5674c949c0.jpgMais la zone la plus importante, en qualité, et en notoriété, c'est la troisième zone, qui en réalité, est beaucoup moins cohérente que les deux premières. Cette zone, c'est l'est de la Lombardie, jusqu'aux confins avec la Vénétie, allant de l'est de Bergame jusqu'au lac de Garde. Avec notamment, une DOCG qui prend peu à peu son envol : la Franciacorta (la France courte...). C'est sans doute l'appellation la plus reconnue en terme de spumante méthode classique (dite autrement méthode champenoise). Les cépages utilisés sont les cépages classiques des mousseux, à savoir chardonnay ou pinot noir, ainsi que du pinot blanc. Pour citer le nom de grandes maisons, me vient à l'esprit Cà del Bosco, et son Satèn ou Bellavista et sa Riserva Vittorio Moretti. Mais ce sont les maisons les plus connues, et cela ne dispense pas de trouver des petits producteurs proposant de la qualité abordable...
 
En résumé, la Franciacorta est vraiment l'appellation reine de Lombardie, en qualité comme en réputation, les autres productions proposant des résultats en dents de scie. L'avantage de la Lombardie, c'est que, quand on a trouvé les bons producteurs, on peut vraiment faire de belles affaires en termes de rapport qualité / prix.
 
 
  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

mercredi, 19 mars 2008

Le vin italien : le meilleur rapport qualité / prix

1117be6b9511ca92126b2bfc809d25b5.jpgEh, c'est même pas moi qui le dit, c'est Vincent Marissal. Mais qui est ce Vincent Marissal, vous, lecteurs de mon blog essentiellement français (83%, les canadiens comptant pour 3% de mes visites) ? Un chroniqueur de La Presse, journal francophone canadien, dont les chroniques ne parlent pas spécialement de vin, en fait. De tout, il parle.
 
Mais, samedi 15 mars, il a parlé de vin italien. Plus précisément du rapport qualité / prix du vin italien : "Moins prestigieux que leurs cousins français, les vins italiens ont bien souvent l'avantage collatéral d'être moins chers, tout en étant plus fins et plus complexes que les Espagnols et sans contredit que les vins du Nouveau Monde...".
 
Vincent Marissal, qui se définit comme un amateur-connaisseur, évoque aussi l'évolution du vin italien sur les 30 dernières années, ainsi que l'importance de certains grands noms, que sont Gaja, Antinori ou Frescobaldi. Allez donc lire sa chronique dans son intégrale

vendredi, 14 mars 2008

Déguster un Montepulciano d'Abruzzo

Je vous ai déjà parlé de ce blog : A chacun sa bouteille.

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Et pas plus tard qu'il y a pas longtemps. Eh bien, comme je suis pas exclusif, et que j'accepte que vous me trompiez avec d'autres blogs, je vous renvoie de nouveau à ce blog, pour une dégustation d'un Montepulciano d'Abruzze. Je vais en profiter pour opérer le distingo entre Vino Nobile di Montepulciano et Montepulciano d'Abruzze (prolongé parfois par la dénomination "colline teramane"). Car non, il ne faut pas confondre...

Pour commencer, il saut situer les deux endroits sur une carte. En plan large, dans un premier temps :

Donc, vous avez la ville de Montepulciano, en Toscane, à l'est de Sienne, mais à proximité de la frontière de l'Ombrie, non loin de Pérouse (Pérugia, notamment). Et puis, vous avez la province de Teramo,sur la côte orientale de l'Italie, dans les Abruzzes.

 

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En format un peu zoomé, cela donne cela :

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Mine de rien, compte tenu de la route à prendre, minimum 3 heures de voiture d'un bout à l'autre. En d'autres termes, nous ne sommes vraiment pas dans la même zone.

Donc, on a fixé un premier point pour différencer les deux : la situation géographique n'est clairement pas rapprochée.

Deuxième point important : le Vino Nobile di Montepulciano est fait à partir du cépage sangiovese (minimum 70%), complété par du canaiolo nero. Le sangiovese, pour rappel, est le cépage roi de la Toscane. Le Montepulciano d'Abruzzo est fait à partir du cépage montepulciano. Finalement, tout cela est assez logique si les 2 vins contiennent "Montepulciano" dans leurs appellations, même si dans un cas, cela vient du lieu, et dans l'autre du cépage.

Point commun :  ils sont tous les 2 en DOCG, le plus haut grade de qualité de la classification italienne. Le Vino Nobile di Montepulciano est en DOCG depûis 1980 tandis que le Montepulciano d'Abruzzo ne l'est que depuis 2003. Ce passage en DOCG du vin des abruzzes (le premier de la région) a valu un accroissement de la renommée, particulièrement à l'international, et les ventes s'en sont positivement ressenties. Le Vino Nobile di Montepulciano, à l'instar des vins toscans dans la foulée du chianti a vu son développement se faire une bonne dizaine d'années plus tôt, avec les gros efforts de progrès en qualité qu'a effectué la région à la fin des années 80, mais surtout au début des années 90. Bien sûr, au sein d'une même appellation, et comme en France, on trouve du bon et du moins bon.

A titre personnel, je ne suis pas encore allé voir de producteurs abruzzis, en revanche, j'ai fait une note sur Poliziano, un gros producteur toscan renommé de la zone de Montepulciano.

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Faisons encore une rapide focus sur chacun de ces vins :

Le Vino Nobile di Montepulciano : c'est l'un des plus vieux vins d'Italie, a priori, puisque des traces remontent au VIIIè siècle. Il a par ailleurs été dans les premiers à obtenir la DOC italienne, en 1966, le rang juste sous la DOCG. Ci-dessus, je parlais des cépages utilisés. Pour compléter, ce point, précisons : il faut un minimum de 70% de sangiovese et un maximum de 20% de canaiolo nero. Mais en fait, d'autres cépages, remplissant certaines conditions, notamment qu'ils soient autochtones, peuvent être utilisés. On peut même utiliser jusqu'à 10% de cépages blancs. Ce vin doit être affiné au moins 24 mois, dont un minimum de 12 mois en chêne avant d'être commercialisé.

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Donner quelques caractéristiques organoleptiques incontournables d'un vin est toujours une entreprise délicate, chaque producteur pouvant faire varier certains aspects, mais disons que la couleur sera rubis tendant au grenat, le parfum assez intense avec des pointes de tabac, ou d'épice, pour un vin pas trop gras et plutôt équilibré. Mais bon, quand on dit ça, on est loin d'avoir tout dit.

 

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La question du jour : pourquoi ajoute-t-on l'adjectif "nobile" (noble) dans cette appellation ? A priori, parce que c'était tout simplement le vin bu par les nobles... Pas de grand mystère là-dessous.

ad59f55c3028c9cdd8c3e153d5e6613c.jpgLe Montepulciano d'Abruzzo : l'histoire remonte à moins loin, concernant ce vin. Et sa reconnaissance fut tardive. Concernant les cépages, là aussi, soyons plus précis. Composé pour l'essentiel du cépage montepulciano (minimum 90%), il peut être complété par du sangiovese (maximum 10%). Il a une capacité de vieillissement limitée, dans le sens où 5 ans semblent représenter une bonne limite à ne pas dépasser (sauf exception, il y a toujours des exceptions). En même temps, dans sa jeunesse, il peut s'avérer un tantinet dur en raison de ses puissants tanins. Donc, entre 3 et 5 ans, voilà le bon intervalle, a priori.

 

 Merci de votre attention, bonsoir...

 

dimanche, 09 mars 2008

Nebbiolo et Barbera par Remy Charest

Remy Charest est critique oeno-gastronomique québecois. Il tien 2 blogs (blogues en québecois), un en français, un en anglais. Ils sont comme ça, les québecois, bilingues. Mais ce n'est pas le débat...
 
J'avais un peu laissé tomber sa note du 11 février, alors que j'avais l'intention dans faire une retombée chez moi, mais, il n'est jamais trop tard, et donc, 1 mois après, je vais tenter modestement de rebooster le trafic de sa note. Bon, en vrai, ce n'est pas l'objectif premier. Moi, je suis là pour parler de vin italien et le faire découvrir, pour l'essentiel.
 
4822ed38ad512ff2402ba4cb1f87e7fe.jpgDans cette note, donc, Rémy Charest évoque la dégustation d'un Barbera d'Alba, Conca Tre Pile 2004, de chez Aldo Conterno (le prénom est important, parce que des Conterno, dans le vin piémontais, il y en a une palanquée).Ce qui est intéressant, ce n'est pas tant la dégustation de ce vin et son compte-rendu, mais la digression à partir de cette dégustation sur les deux cépages majeurs du piémontais que sont le nebbiolo et le barbera.
 
Rémy Charest, déplore, sur le vin dégusté que le vigneron ait tenté de "nebbioliser" son vin, c'est-à-dire, ait tenté de lui appliquer les méthodes d'affinement d'un Barolo, par exemple, alors que ce cépage n'est pas exactement conçu pour cela.
Le barbera serait plus adapté à la confection de vins au caractère léger. Je n'en dis pas plus, allez lire la note, après tout.
 
A noter également, l'extrait d'un interview d'Angelo Gaja, figure majeure du vin piémontais, italien, mondial.
 
Bonne lecture... 

 
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