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jeudi, 29 mai 2008

Le vin sicilien par Vinsurvin

259754012.jpgJe vous signale que l'un des blogs les plus renommés dans la vitiblogosphère française, vinsurvin, évoque le vin italien. Plus exactement, il évoque les vins siciliens et s'attarde même sur un nero d'avola. Bon, la bouteille en lui-même lui a visiblement laissé une impression mitigée. Plutôt positive mais quand même mitigée si j'ai bien lu.

mercredi, 28 mai 2008

La compétitivité mondiale des vins italiens

Viniflhor vient de sortir une étude assez complète sur la compétitivité des vins par pays sur le marché mondial. L'enquête est intéressante, et je vais essayer d'en retirer la substantifique moëlle, mais pour la partie italienne. Ceux qui sont intéressés par la France pourront sans que je m'en offusque aller consulter l'étude. Vous pouvez même en retrouver un résumé chez Viti-Net.

Alors, Viniflhor, je le rappelle, c'est l'office national interprofessionnel des fruits, des légumes, des vins et de l'horticulture. Dépendant de l'état français, on pourrait supposer que le vin français va avoir une place de choix exagérément positive, histoire de mêler étude et publicité. Ce n'est pas le cas, et d'ailleurs, toutes les études statistiques de cet organisme se veulent et me semblent tout-à-fait objectives. Et pour rassurer tout le monde, l'étude développée dans cette note est cautionnée par Ernst & Young pour la méthodologie et par Agrex Consulting pour la collecte de données.

Plusieurs critères ont été utilisés pour déterminer le classement final.

1552187232.JPG1. Le potentiel de production

Dans ce chapitre, on inclut :

  • la superficie et le potentiel de superficie future notamment compte tenu des arrachages en Europe : l'Italie représente 10,5% de la superficie mondiale, 3ème derrière Espagne et France.
  • la part de l'encépagement rouge qui donne plus de valeur au vin : elle est de 78% en Italie, 2ème derrière la Chine.
  • la part des cépages internationaux, plus facilement exportables : elle est de 9% en Italie, 11ème sur les 12 pays observés. Cela diminue sa compétitivité mais lui confère en échange une vraie typicité.
  • la production de vin, ou l'Italie est 2ème derrière la France avec 49,6 millions hl.
  • les rendements : l'Italie est 9ème avec 68,9 hl / ha, mais on constate une forte disparité entre les rendements du Nouveau Monde (94,7 hl/ha) et de l'Ancien Monde (53,9 hl / ha). Par ailleurs, la politique européenne sur les rendements est plutôt de, justement, les limiter pour augmenter la concentration de la production, et à ce sujet, les autres pays tendent plutôt à désormais faire baisser leurs rendements.
  • le prix du raisin payé au producteur : l'Italie est 14ème sur les 16 pays observés. Cela étant, un prix élevé n'est pas forcément un frein irrémédiable : ainsi, le prix du raisin en France est largement gonflé par le champagne. Or, on ne peut pas dire que le champagne soit un produit non compétitif au niveau international.

En conclusion, sur ce critère, l'Italie est 7ème, notamment pénalisée par les cépages internationaux, les rendements et le prix du raisin, pour des points forts qui sont la superficie, les cépages rouges et le volume de production. Pour info, la France est 5ème.

 

1204847363.JPG2. l'environnement pédoclimatique

Mais, au préalable, qu'est donc ce vilain mot "pédoclimatique" ? Il s'agit des facteurs climatiques favorables ou défavorables à la culture de la vigne (pluviométrie, irrigation, ensoleillement, gel, grêle, etc.

On le voit, en l'occurrence, l'Italie est sur le podium, à la 2ème place, entre le Chili et le Brésil. Nos voisins transalpins ne souffrent ni de sécheresses catastrophiques (même s'il convient de distinguer le Trentin, au nord, des Pouilles, au sud), ni de périodes de gel trop longues, et l'eau est raisonnablement présente. En fait, tout est relatif, et la chose se joue surtout parce que d'autres pays sont plus sujets à difficultés. Ainsi, la France n'est pas dans le trio de tête car une partie de son vignoble est relativement souvent soumise à des périodes de gel un peu trop longues.

En raison des phénomènes de réchauffement climatique observés sur la planète depuis maintenant une 10aine d'année, ce critère pédoclimatique risque de faire bouger les vignobles, il sera donc à suivre d'année en année.

 

1437414161.JPG3. la capacité des acteurs à conquérir le marché

On fait rentrer plusieurs points dans ce domaine : 

  • le contrôle de l'approvisionnement en raisins : la mesure en l'occurrence se fait en fonction de la superficie détenue en propre par les principaux groupes. En Italie, on se situe plutôt dans un système très parcellisé, fait de petites propriétés. On a bien sûr quelques grands propriétaires, mais rien qui ne soit de la taille des propriétés argentines (Santa Rita, San Pedro...) par exemple, ou de certains conglomérats multinationaux (Mondavi, Gallo...).
  • stratégie de croissance : la meilleure mesure est de comparer les parts de marchés des pays producteurs au sein des pays non producteurs et très importateurs (donc, le Royaume-Uni, ou le Bénélux, par exemple). Ainsi, au Royaume-Uni, on observe une certaine atomisation du marché dans lequel l'Italie, avec 15% de part de marché, prend la 3ème derrière la France et l'Australie (une surprise, pour ma part). Le Nouveau Monde prend 44% du marché, avec une forte montée ces 15 dernières année, qui devrait commencer désormais à ralentir. En Belgique, la dominance est très française (62% de PDM) et l'Italie est 2ème (mais avec seulement 8% de PDM).
  • positionnement prix : l'Italie se situe, avec un prix départ cave vers exportation de 1€34, à la 7ème place en prix croissant, en dessous de la moyenne. Un prix qui reste donc compétitif compte tenu de la bonne réputation de son vignoble.
Sur ces aspects, l'Italie se classe globalement au 7ème rang, ce qui tend bien à montrer que l'Italie n'est pas forcément un pays organisé pour l'exportation. En tout cas, il n'y a pas vraiment de grosses machines dont le but est la lutte quant à la suprêmatie mondiale.
 
 
 
1115952863.JPG4. le portefeuille des marchés
 
Mais c'est quoi donc encore que ça, le portefeuille des marchés ? En résumé, on peut simplifier en disant qu'il s'agit du rapport production / consommation locale / exportations.  Vous le voyez, l'Italie est leader sur ce critère, devant l'Argentine et la France.
L'Italie, comme la France, est à ranger dans les pays exportateurs à forte consommation locale.  En Italie, 31% de la production est exportée (contre 26% en France) tandis qu'ils importent encore moins que les français. Ensuite, l'avantage de l'Italie est d'augmenter ses exportations en valeur tout en baissant peu à peu le prix de vente. Les français ne sont pas exactement dans le même cas, toujours eu égard au champagne qui, en continuant d'augmenter en prix unitaire, voit toujours ses ventes augmenter de façon considérable.
 
 
 
1399009751.JPG5. l'organisation de la filière et le soutien public
 
Là encore, plusieurs aspects entrent en considération :
  • le soutien amont :  globalement, grâce à l'UE, l'Europe est bien aidée.
  • le soutien aval :  on peut traduire cela par le budget de communication collectif à l'export, sur lequel l'Italie est en 2ème place derrière la France
  • réglementations : la souplesse des réglementations est sensée être un bon support à l'exportation. Bon, sur ce point, ça se discute. Cela peut parfois se faire au détriment d'une certaine garantie de qualité.
Sur ce sujet, l'Italie est 2ème derrière la France.
 
 
1858067698.JPG6. l'environnement macro-économique
 
Evidemment, on intègre ici :
  • les variations du taux de change, plutôt favorable en ce moment aux pays dont la monnaie suit le dollar et non l'euro
  • les dépenses alimentaires du marché intérieur, qui permettent de soutenir la production. L'Italie, très consommatrice d'alimentation et de restauration, est en tête, aidée de surcroît, mais comme tous les pays européens, par le niveau de l'€.
  • la part du vin dans la consommation d'alcool : l'Italie est là aussi en tête, le vin représentant 77% de la consommation
L'Italie est 5ème sur ce classement.
 
Au final, l'Italie prend la 2ème place. On retrouve en fait sur le podium les 3 grands pays historiques du monde du vin que sont l'Espagne, la France et l'Italie. 
 
Et donc, je répète, pourquoi les vins italiens n'auraient-ils pas une place à part entière sur le marché français ? 

lundi, 26 mai 2008

Wines of the world : Renaissance en Toscane

1188167847.jpgL'auteur du blog Wines of the world, vient d'écrire une note sur la Toscane, et la renaissance de son produits phare, le chianti classico. La note est courte, mais il n'est point besoin d'en faire plus, et la note résume bien la situation actuelle. D'ailleurs, moi-même, je m'arrête-là, allez voir sa note, et puis c'est tout.

mercredi, 14 mai 2008

Un point sur le Brunellopoli

Il y a de cela un peu plus d'un mois, je vous avais fait un point sur le brunellopoli, vous savez, cette affaire du Brunello di Montalcino, ce vin toscan parmi les plus réputés et fameux à travers le monde. Vous voyez, l'appellation, c'est cette petite tache violette au sud de la Toscane entre Grosseto et Sienne.

985038108.jpg

Bon, court rappel des faits : quelques grands noms du Brunello dont, Casanova di Neri, Antinori, entre autres ont vu leur Brunello 2003 saisi par la justice car on y aurait trouvé un peu de cépages français, ce qui est interdit pour obtenir l'appellation DOCG puisqu'il faut en principe utiliser seulement du sangiovese. Cet ajout aurait été effectué pour compenser un millésime un peu "brûlé" par la canicule, dont d'ailleurs les premières dégustations avaient peu convaincu les experts.

Pour l'instant, l'enquête n'a toujours pas abouti : ce qu'on sait à ce jour, c'est que les entreprises soupçonnées ont vu leur production de Brunello interdite momentanément à la vente. Les analyses pour vérifier la présence réelle de cépages français et leur proportion n'ont pas été faites, ou en tout état de cause, les résultats ne sont pas encore sortis sur la place publique.

165494071.JPGLes Etats-Unis semblent envisager sérieusement d'interdire l'importation de Brunello di Montalcino. Plus exactement, à partir du 9 juin, tous les producteurs de Brunello devront fournir des certificats et analyses attestant que le fin breuvage est effectivement constitué à 100% de sangiovese. Ainsi en a décidé le TTB, Alcohol & Tabacco Tax & Trade Bureau (agence du commerce et des taxes sur l'alcool et le tabac). Il faut quand même savoir que 25% du volume de Brunello produit finit sa course aux States, ce qui n'est pas neutre. Bon, en réalité, ça n'est pas une interdiction en bonne et due forme, mais c'est pour le moins un frein à la fluidité des échanges... Cette décision fait suite à une demande de ce même bureau effectuée après du Consortium du vin de Brunello di Montalcino dès le 9 avril de fournir les preuves les analyses réalisées sur le Brunello importé par les américains. Cette demande est visiblement restée lettre morte, date à laquelle le TTB est passé à la phase supérieure. En fait, c'est la justice italienne qui refuserait surtout de fournir la liste ds producteurs incriminés tant que l'enquête suit son cours. Ca se défend, oui...

En attendant, pour le moment, on ne peut pas vraiment dire que cette affaire ait nuit au bon commerce du Brunello. D'après Wine News, les ventes sont plutôt en nette augmentation. Sur le début de l'année 2008, données arrêtées à fin avril, quasiment 4,5 millions de bouteilles ont été vendues. Visiblement, on en était à 2,5 millions en 2007 à la même époque. Il s'agit même d'une augmentation faramineuse de +79% environ ! Il n'y a donc visiblement pas de quoi s'alarmer. Bon, il est vrai, on ne parle pas de CA. Mai, même à supposer une baisse de prix, il faudrait que celle-ci soit radicale pour que le business ne soit pas satisfaisant.

Nous sommes aujourd'hui le 14 mai, et c'est ce jour qu'a choisi le consortium du vin de Brunello pour réunir son assemblée et réélire un nouveau conseil. Cette assemblée a été anticipée de 3 semaines. Evidemment, c'est ben le brunellopolo qui a précipité les choses. Et plusieurs experts du monde du vin italien ne se font pas prier pour faire leurs propositions afin de préserver l'appellation Brunello di Montalcino, sa réputation et son terroir.

C'est le cas de Franco Ziliani, sur son blog Vino al Vino, qui, dans sa note Montalcino, riunione del 14 maggio : niente pasticci all'italiana, grazie !, demande à ce qu'on renforce la caractère toscan du brunello, en étant encore plus ferme sur l'usage du sangiovese, notamment. Le cas de Daniele Cernilli, le co-directeur du guide Gambero Rosso, qui, lui, demande de la transparence et des mesures contraignantes pour le transport du vin, par exemple.

Nul doute que l'histoire est loin d'être terminée, nous y reviendrons donc. 

 

mardi, 29 avril 2008

Les vins italiens par Emmanuel Delmas

1979264582.JPGEmmanuel Delmas, sommelier - blogueur, a récemment fait une note sur les vins italiens, ou plutôt sur le vin italien : la classification des appellations, les spécificités, les cépages, les régions. C'est une bonne introduction au vin italien, allez donc la lire. Après revenez chez moi, si vous voulez approfondir le sujet...
Ceci dit, si vous êtes un amateur de vin et que vous ne connaissiez pas son blog, n'hésitez pas à le bookmarker, le netviber, que sais-je. C'est accessible et varié.
  

 
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