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vendredi, 06 juin 2008

Les vins de Campanie

Parlons un peu des vins de Campanie. La Campanie est une des régions qui montent en Italie depuis quelques années, un peu au même titre que la Sicile. Faisons donc une petite présentation de la région au travers de ses vins.
 
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La Campanie est cette région dont la capitale est la mythique ville de Naples. On entend beaucoup parler de la région ces derniers temps, hélas, pas forcément en bien, puisqu'il s'agit surtout de son problème de gestion des ordures, dont on suppose que la Camorra en soit à l'origine. Mise à part cela, elle se situe dans la partie centre-sud de la botte italienne, au niveau de la cheville. On considère généralement la Campanie comme faisant plutôt partie de la partie méridionale, tant géographiquement, que culturellement et économiquement, avec tout ce que cela sous-entend. Pour y être allé, Naples est une ville qui inspire des sentiments sur le mode attraction/répulsion. Une ville grouillante, polluée, chargée de circulation, et en même temps une position de rêve, prise entre son volcan et la baie de Naples, une histoire et un art riches. Bref, nous n'échapperons pas au cliché : Naples, terre de contraste (c'est beau comme un guide touristique, comme phrase...) !
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Et puis, comme hauts lieux touristiques de la région, nous avons Pompéï, le Vésuve, la côte amalfitaine (magnifique !), Capri (qui est loin d'être fini)... Donc, une région à découvrir.
 
A découvrir pour ses vins, également. Ce qui est intéressant de noter en ce moment, donc, c'est que c'est le niveau moyen, qui monte, et pas seulement les vitiviniculteurs les plus réputés. Il existe un effort global pour faire monter la qualité et une certaine réputation commence à s'installer.
 
Si on attaque le thème par le versant de ses appellations, il est dur de ne pas commencer par évoquer la DOC Lacryma Christi del Vesuvio (la larme du Christ du Vésuve). En même temps, une fois qu'on l'a évoqué, il faut quand même préciser que même si le nom est fameux, il ne s'agit pas du meilleur représentant de la région, que ce soit en blanc, rouge ou rosé. Ce n'est pas non plus un infame breuvage, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit !
 
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Mais attaquons plutôt par le Taurasi, la première DOCG de tout le sud de l'Italie, et sans doute à juste titre. C'est en tout cas la locomotive du vin de la Campanie, à tel point qu'il a été surnommé "le Barolo du sud", ce qui est plutôt un compliment. Il bénéficie notamment d'un climat qui lui confère une grande part de son caractère. En effet, la Campanie est plutôt une région chaude, mais la zone de production soumet le raisin à de fortes amplitudes entre le jour et la nuit. Constitué pour l'essentiel du cépage autochtone Aglianico, mais auquel on peut ajouter d'autres cépages rouges, tel que le sangiovese, par exemple. C'est un vin plutôt difficile à aborder, car, jeune, il est très chargé en tanin. En revanche, il gagne beaucoup à être gardé. D'ailleurs, l'appellation nécessite un vieillissement préalable de 3 ans minimum dont 1 en en barrique. Les plus réussis de ces vins vont exhaler une belle puissance minérale.
 
Autre DOCG, le Greco di Tufo. Là aussi, le Greco di Tufo a su s'élever en qualité pour devenir un vin blanc de référence dans l'Italie du Sud. Cependant, les vins de cette dénomination sont loin d'avoir vu exploiter tout leur potentiel. Le Grecu di Tufo reste un vin relativement "simple". Le cépage porte le même nom que son vin, et c'est, je crois, le cépage le plus anciennement connu dans la région.
 
La troisième DOCG de Campanie, c'est le Fiano di Avellino. Il donne des vins plus intéressants, à mon sens que le Greco di Tufo. Il est "cuisiné" à partir du cépage du même nom, lui aussi. Et il donne des vins plus complexes, plus parfumés, propices au vieillissement de surcroît. C'est sans doute le cépage le plus adapté à la culture sur les terres volcaniques de la région.
 
Pour les DOC les plus connues, citons Capri (oui, de l'île homonyme), Ischia (idem), Taburno, Aglianico, Connubio... 
 
Pour finir sur cette introduction aux vins "campaniens", citons quelques grands producteurs, ceux que pour être sûr de ne pas vous tromper, sans tenir compte du prix, vous pourriez vous offrir pour découvrir les grands de cette terre :
En vrai, je vous conseille surtout de partir pour les vignobles de Campanie avec votre petit baluchon, de vous perdre dans les vignobles, et de trouver vous-mêmes votre producteur préféré. En tout cas, c'est, aux dires de beaucoup d'experts, la région à suivre dans les prochaines années.

jeudi, 05 juin 2008

Les vins de Lombardie par Patrick Dussert

455080598.JPGPatrick Dussert-Gerber vient de publier une petite note sur les vins lombards. Allez donc y faire un tour. Sinon, vous pouvez toujours aller voir ma propre note, aussi, ce n'est pas contradictoire. Ou alors toutes mes notes parlant des vins lombards.
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lundi, 02 juin 2008

L'Amarone di Valpolicella par David Cobbold

Vous connaissez peut-être In Vino BFM, la seule émission de radio sur le vin à ma connaissance ? C'est plutôt une bonne émission, accessible à tout un chacun, à la fois plutôt érudite et vulgarisatrice au bon sens du terme qui évoque le vin sur tous les thèmes. Les appellations, les techniques, le marché, les accords mets-vins. Il y a parfois un petit côté "entre gens du même monde" (on est quand même sur la radio du business), mais on apprend beaucoup de choses.
 
Comme je viens de comprendre comment on pouvait mettre des extraits de podcast sur un blog, je vous fais bénéficier d'un extrait de l'émission du 16 février, ou David Cobbold, chroniqueur permanent de l'émission et journaliste oenophile expert reconnu, parle de l'Amarone di Valpolicella, un vin très particulier à la saveur à nulle autre pareille. 
podcast

dimanche, 01 juin 2008

Faut-il brûler le Brunello ?

1216854094.jpgUn article sur le Brunello a été paru dans 24 heures, un quotidien suisse francophone. Le titre, c'est "Faut-il brûler le Brunello ?" Il apporte un éclairage intéressant sur cette appellation, notamment sur son développement au pas de charge en une vingtaine d'années suite à son succès foudroyant.
Commencez par lire mes notes sur le sujet, puis, comme l'article de 24 heures est intéressant, allez donc y jeter un coup d'oeil, puis revenez lire ma conclusion, en désaccord avec la leur. 
 
Ca y est ?
 
Donc, l'auteur de cet article finit en comparant le Brunello di Montalcino au Châteauneuf-du-Pape. Il explique que, lorsque le Chateauneuf-du-Pape peut se permettre de mixer à volonté 8 cépages différents, le Brunello di Montalcino explique qu'il ne peut être construit que de sangiovese "in purezza" (100% sangiovese, grosso, même...).
Et poursuit en indiquant que personne ne remet en cause le terroir "Chateauneuf", et qu'aujourd'hui, les producteurs de Brunello doivent s'en mordre les doigts d'avoir fait une règle aussi rigide.
C'est une thèse. Certains producteurs le regrettent. Mais à ma connaissance, la plupart défendent ce 100% sangiovese grosso. C'est en partie grâce à cette règle que le vin s'est construit une image, partant de rien ou presque. Le journaliste compare également avec le chianti, qui n'exige que 70-80% de sangiovese dans la recette. Mais les choses ne sont pas comparables. Le brunello a créé son image, à la fois en notoriété et en réputation sur cette exigence de "toscanité". Le chianti, lui avait déjà une notoriété et a reconstruit son image en améliorant sa qualité.
 
Ma conclusion à moi que j'ai, c'est donc : producteurs de Brunello, continuez dans cette voix, c'est grâce à cela que certains de vos vins de certains de vos millésimes apparaissent dans les tous meilleurs vins du monde. Et dans le monde du vin, la réussite de l'appellation n'assure en rien de la réussite d'une autre utilisant les mêmes règles... 

vendredi, 30 mai 2008

Où part le vin italien ?

1169465664.jpgJ'ai parlé il y a maintenant plus d'un mois du bilan 2007 des pays exportateurs de vin. J'avais évidemment mis l'accent sur l'Italie, cependant je ne disposais pas forcément de données permettant de développer le sujet, cependant, je rappelle quand même que le vin italien apparaît comme le plus gros exportateur en volume.
Là, je voulais m'étendre sur les pays qui importaient du vin italien. Sur les 18 millions et quelques d'hectolitres exportés par nos amis italiens, environ 13 millions restent dans l'Unione Européenne, soit presque 3/4. Assez logique, c'est vrai... Mais sur ces 13 millions, 8 millions (soit environ 60%) partent pour 3 pays : le Royaume-Uni, l'Allemagne, et la France.
Alors, me direz-vous, mais en France, où est-il, ce vin italien ? En fait, en guise de réponse, je donnerais 2 pistes :
  • D'abord, la France est à la fois un des plus gros consommateurs (avec l'Italie) et un des plus gros producteurs (avec l'Italie) de vin au monde. En fait l'offre est complètement perdue au milieu des linéaires des cavistes et autres supermarchés. Mais nous consommons tellement que l'un dans l'autre, du vin italien part également.
  • Ensuite, il ne faut pas sous-estimer toutes les pizzerie répandues sur notre territoire qui ont toujours sur leur carte un valpolicella, un bardolino, ou un chianti, voire un nero d'avola. Pas les meilleures bouteilles (d'où un déficit d'image, d'ailleurs), mais le poids de ces restaurants n'est sans doute pas négligeable.
Heureusement, de plus en plus, des restaurants italiens voient le jour en France proposant une autre cuisine italienne et une vraie carte de vins. Il y a encore du boulot pour augmenter l'image des vins italiens, mais ça monte, et c'est justifié.
 
Pour prolonger, j'avais écrit également une note sur la place du vin italien en France

 
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