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lundi, 27 octobre 2008

La Vénétie par CasaVino

Et donc, après le Piémont et la Lombardie, la Vénétie :

La Vénétie, située au Nord-Est de l'Italie, s'étend des Alpes jusqu'à la côte Adriatique. Cette région, comme le Piémont et la Lombardie, est majeure pour l'économie de l'Italie. Elle est également majeure pour ce qui concerne le vin, même si on ignore que certaines des appellations les plus connues (en tout cas en France) proviennent de cette région.

La Vénétie possède également des villes aux patrimoines et à l'importance stratégique dans l'histoire de l'Italie : ainsi, évidemment, Venise, mais également Vérone, Padoue ou Trévise font partie de la Vénétie.

La région peut géographiquement se découper en 2 zones distinctes : la plaine du Pô et les préalpes. Les vignobles s'étendent principalement le long de 2 axes, le premier allant du lac de Garde à Padoue, le second, toujours du lac de Garde à l'est de Trévise. Ce deuxième axe longe les préalpes, voire s'incruste dans les collines annonçant les Alpes.

prosecco_conegliano.jpgParmi les appellations les plus connues, on citera la Valpolicella dont le nectar, appellé Amarone della Valpolicella fait partie des vins les meilleurs et les plus réputés d'Italie. On pourra également évoquer le Bardolino, un classique de nos pizzéria françaises. Pour l'instant, il est difficile d'affirmer que la notoriété du Bardolino soit en ligne avec sa qualité, même s'il existe forcément quelques bons producteurs de Bardolino... Evidemment, le Prosecco, dans sa version spumante, est incontournable, et peut laisser de très bonnes surprises, quand bien même il n'et généralement pas produit en méthode classique, mais par prise de mousse en cuve. Une autre appellation très connue est le Soave, dans laquelle, le pire cotoie le meilleur. On a cependant plus de chance de tomber sur de belles choses qu'avec le Bardolino.

Zoom : l'Amarone della Valpolicellacorvina_passerillees.jpg

Issus de cépages qu'on ne trouve que dans la zone de la Valpolicella, la corvina, la molinara et la rondinella, l'Amarone est un vin exceptionnel et rare, à la .par ces fameux cépages, mais aussi par le climat généreux et doux à proximité du lac de Garde, et enfin, par des producteurs d'excellence, comme Masi et Tedeschi (mais bien d'autres encore). Les grains déjà très sucrés à l'origine, soumis à une forte sélection, sont passerillés (séchés) dans des locaux particulièrement adaptés au séchage. Aux alentours du 15 décembre, arrive l'étape de vinification. La fermentation est relativement longue, puisqu'elle se termine à l'orée du printemps. Le vin restera ensuite au minimum deux ans (4 ans pour la riserva) en foudre (tonneaux de très grande capacité). On obtient un vin à l'amertume très caractéristique (d'où son nom), offrant une très grande complexité.

Pour en savoir plus sur la Vénétie

mercredi, 22 octobre 2008

La Lombardie par CasaVino

Après la présentation du Piémont par ses vins, voici la Lombardie :

La Lombardie, située au Nord-Ouest de l'Italie, à l'est du Piémont, et à la frontière suisse, est avant tout le poumon économique de l'Italie. Tous les sièges majeurs étrangers s'installent à cette ville, la mode et les industries diverses y sont des secteurs déterminants. Comme le Piémont, la Lombardie est faite de terres extrêmement variées, partant des Alpes et des grands lacs au nord (Côme, pour ne citer que le plus connu, mais aussi la rive ouest du lac de Garde, principalement germanophone l'été), passant par la vaste plaine du Pô et s'arrêtant aux collines des appenins au sud. Sans compter ses villes, belles et florissantes, que sont Milan, Pavie, Mantoue, Bergame, Côme ou Brescia...

franciacorta.jpgLa Lombardie n'est en revanche pas encore un lieu majeur de la viticulture italienne. On y consomme plus le vin qu'on le produit... 3 grandes zones sont à distinguer. Tout au nord, là où les Alpes commencent à grimper, on trouve la Valtinella. Sur la partie centre / ouest, de Bergame au lac de Garde, en passant par Brescia, on trouve la majeure partie de la production, en superficie comme en réputation, avec notamment la Franciacorta, fameuse pour ses spumanti (les vins autour du lac étant pour l'instant à la traîne). Et puis, vers Pavie, l'Oltrepo pavese, où l'on trouve du bon et du moins bon. La Lombardie s'y est prise un peu plus tard que les régions majeures, mais commence vraiment à abandonner la quantité au profit de la qualité.

L'appellation phare de la Lombardie est donc la DOCG Franciacorta, version spumante, en méthode classique (autrement appelée méthode champenoise, mais... chut !... faut pas le dire...). On considère d'ailleurs désormais que cette appellation concentre les meilleures bulles italiennes.

La Valtellina commence à gagner en qualité et en réputation, produisant des vins relativement légers, sur la fraîcheur, compte tenu de leur positionnement en terrasses au pied des Alpes.

Le Zoom : Maurizio Zanellamauriziozanella.jpg

Le vin italien de la fin du XXème siècle et son gain en qualité, a souvent été porté par une figure de proue. Concernant, la DOCG Franciacorta, le monsieur plus, c'est Maurizio Zanella. Adolescent sortant d'un titre de champion d'Italie de moto-cross, il part en France, et découvre par hasard la Romanée Conti. A son retour, Zanella emprunte un peu d'argent à son paternel pour acheter une petite parcelle de vigne au début des années 70. En 78, sort le premier Franciacorta de la fameuse Cà del Bosco. La reconnaissance et le succcès commercial ne tarde pas. Placé idéalement en Franciacorta, une sorte de cuvette bordée de montagnes avec un ensoleillement et une humidité exceptionnels, ainsi qu'un sol d'origine volcanique. Maurizio Zanella a également su s'entourer de grands noms du vin, l'oenologue français André Dubois (Moët et Chandon), mais également des grands noms de la Californie. La maison Cà del Bosco est désormais le représentant majeur de la Franciacorta, même si d'autres, tel Barone Pizzini, adepte de la culture bio, savent se hisser à d'excellents niveaux.

Pour en savoir plus sur la Lombardie

samedi, 18 octobre 2008

Le Piémont par CasaVino

Ca y est, l'inauguration est terminée... Maintenant, je passe à l'étape suivante : le rédactionnel de mon site, CasaVino. Afin d'alimenter mon blog, mes écrits destinés au site y seront publiés. Ca va être de l'instructif, puisque je commence par une présentation de toutes les régions que j'ai à ma carte.

Et là, je viens de finir le Piémont.

Le Piémont, situé au Nord-Ouest de l'Italie, à la frontière de la France et de la Suisse, est comme son nom l'indique, situé au pied des montagnes, les Alpes, plus exactement. En réalité, le Piémont n'est pas qu'au pied des montagnes, il est aussi un peu dedans...

Il s'agit là d'une région majeure de l'Italie viticole, mais pas seulement, car le Piémont est un atout majeur dans l'Italie d'un point de vue industriel (automobile, notamment, avec la FIAT, mais aussi textile) et agricole. Concernant les vins, c'est la région bénéficiant du plus grand nombre de DOC et DOCG (DOC étant l'équivalent de l'AOC française, la DOCG étant une sorte de "super AOC")

D'un point de vue viticole, l'ouest de la région, dominé par les montagnes, est inévitablement infructueux. Le gros de la production se situe au sud-est de Turin, autour des principales villes que sont Alessandria, Alba, Asti ou Canale. Cette zone est pourvue de jolies collines en pentes douces parfaitement adaptées à une viticulture de qualité. Le climat, plutôt chaud et sec l'été, mais très souvent humide et frais le reste du temps est aussi une vrai facteur positif. C'est tout particulièrement le cas de la région des Langhe, autour d'Alba, où tout concourt à produire de très grands vins, notamment dans les DOCG Barolo et Barbaresco, deux des plus fameuses appellations italiennes. Il existe une autre zone viticole au nord, moins réputée mais pouvant proposer des vins d'un très bon rapport qualité prix.

Mis à part le Barolo, le roi du Piémont, un vin très corsé, très parfumé, très puissant, mais en même temps très harmonieux, et le Barbaresco, qui joue plus sur la finesse et l'élégance, les grandes appellations en rouge à ne pas manquer sont le Barbera d'Alba, un vin corsé pourvu de tanins soyeux ou le Dolcetto d'Alba, un vin fruité, marqué d'une certaine amertume.

En blanc, le gros de la production et de la consommation reste concentré sur l'Asti spumante et le Moscato d'Asti, ces vins mousseux à la bulle vivace et au fruité proche du bonbon acidulé. Mais certaines appellations, comme le Roero Arneis, proposent des vins plus fins.

Le Zoom : le nebbiolo

Le cépage nebbiolo est un peu le roi de la région, celui qui fait beaucoup pour son prestige. Nebbiolo est etyomologiquement issu de "nebbia", signifiant "brouillard" en italien, ce qui évoque bien ce que j'ai moi-même vécu quand je suis allé dans les vignobles piémontais en novembre 2007, les collines étant très souvent couvertes de brume. C'est un cépage nécessitant une grande attention dans la vinification, car il présente la caractéristique d'une grande amertume, ce qui peut le rendre astringent s'il n'est pas bien vinifié, mais si tout se passe bien, il donne parmi les meilleurs vins au monde, à commencer par le Barolo.

Pour en savoir plus sur le Piémont.

 

jeudi, 25 septembre 2008

Des faux Amarone en circulation ?

Je ne sais pas si bon ou mauvais signe, mais ce qui est sûr, c'est que dans le secteur du vin en Italie, la justice fait son boulot, et surveille ce commerce de près. Je vous ai déjà alimenté de tout un tas de notes sur ce sujet, et là, j'ai jugé utile de parler de la nouvelle affaire.

En début de semaine, est sortie en Italie l'information selon laquelle 30.000 bouteilles d'Amarone destinées aux Etats-Unis auraient été mises sous séquestres au port de Livourne. En fait, ces bouteilles ne contiendraient a priori pas de l'Amarone. J'ai lu ça sur le blog de Roberto Giuliani, l'une de mes sources d'informations et d'opinions préférées sur le vin italien.

amaronevalpolicellavignes.jpgMais avant d'aller plus loin dans l'affaire, je vois là une excellente occasion pour vous présenter l'Amarone. En fait, l'appellation complète, c'est Amarone della Valpolicella. Mais attention, ne pas confondre Valpolicella et Amarone della Valpolicella. Bon, Valpolicella, c'est une appellation relativement connue en France, mais pas forcément extrêmement réputée. En effet, je pense que cela fait partie des vins que l'on trouve très souvent à la carte d'une pizzéria lambda en France, et ce n'est pas forcément de la grande ouvrage. Le Valpolicella peut être meilleur que cela, mais l'Amarone fait partie des vins les plus réputés et chers en Italie, et plutôt à juste titre, il faut bien le dire.

Ces 2 appellations, rouges, sont produites dans la province de Vérone, en Vénétie, regardez sur la carte ci-dessous :

amaronevalpolicellacarte.JPG

Ou bien celle-ci (le A, c'est la zone à peu près centrale des meilleurs Amarone) :

amaronevalpolicellagooglemaps.JPG

Le cépage dominant est la corvina veronese (40 à 80% de l'assemblage) ou le corvinone (50% max), auquel est adjoint de la rondinella, entre 5 et 30%, et quelques autres cépages non arômatiques. Les raisins sont élaborés en sec, passerillés pour assécher un peu le raisin et augmenter sa teneur en sucre et vinifiés ensuite aux alentours du 15 décembre. Cette méthode donne au vin une tonalité amère bien prononcée, d'où le nom de l'appellation (on pourrait vaguement traduire Amarone par "gros amer"). On obtient en principe un vin très généreux, olfactivement épicé, assez puissant, velouté... Un costaud, mais qui sait se la jouer en finesse, qui peut s'adapter avec des ragoûts, des viandes rôties, un gorgonzola...

Quelques grands producteurs de l'Amarone : Giuseppe Quintarelli, Fratelli Tedeschi (que j'aurai en magasin, soit dit en passant), Romano Dal Forno, j'en passe et des meilleurs.

L'Amarone n'est pas dans la même gamme de prix que la Valpolicella, mais c'est incomparable en plaisir retiré, et c'est donc justifié la majorité du temps.

Bref, toujours est-il que 30.000 bouteilles, c'est un certain nombre. Bon, pour l'instant, on ne sait pas grand chose, et surtout pas le nom du producteur incriminé (qui n'est pas nécessairement l'un des 3 producteurs que j'ai cités, puisque je ne connais pas le coupable, à titre personnel, et ce n'est pas non plus l'écho de rumeurs plus ou moins fondées). A l'occasion, si j'en sais plus, je vous tiens au courant.

Et pour conclure, quand même : au cas où certains fervents défenseurs du vin italien et de son image s'offusqueraient du fait que je dénigrerai le vin italien en parlant de ça (ça m'est déjà arrivé), je continue de penser qu'il est quelque part plus rassurant de trouver quelques affaires ici et là que rien du tout.

mardi, 02 septembre 2008

Débat sur le Brunello di Montalcino

119730867.jpgOù l'on reparle du Brunellopoli... Si, si, souvenez-vous.

Ca y est, vous vous être rafraîchis la mémoire ? Bon. Ce n'est pas que j'ai vraiment de nouvelles informations à vous soumettre sur le sujet, mon but serait plutôt de vous faire part du débat qui alimente la vino-blogosphère italienne voire plus autour du Brunello di Montalcino.

Cependant, avant cela, j'ai une information à vous soumettre. On parlait, il fut un temps de 13 producteurs impliqués dans l'affaire du Brunellopoli, sans pouvoir vraiment mettre de nom là-dessus. En fait, désormais, il semblerait qu'il n'y ait en fait que 4 producteurs concernés, mais pas des moindres :  Banfi, Argiano, Antinori et Frescobaldi. En gros, ce qui fait partie de la crême du vin toscan, italien, même, vraiment. Bon, cependant, l'instruction de l'affaire n'est pas terminée, il convient donc de rester prudent.

Mais ce n'est pas cela dont je voulais vous entretenir, en cette rentrée des classes grisonnante.

Vous le savez peut-être, le Brunello est une appellation MAJEURE du vin italien. Le succès de ce vin vient notamment de la conjonction du cépage sangiovese dans sa version "grosso" et d'un terroir où ce cépage prend toute sa puissance. Le problème de cette appellation, c'est que peu de parcelles permettent d'obtenir l'excellence de ce vin, mais que, face au succès et à la demande, des parcelles donnant une moindre qualité ont été classées en DOCG Brunello di Montalcino. Du coup, pour compenser un sangiovese grosso pas aussi efficace, certains sont tentés de faire des assemblages, alors que cette DOCG est sensée être constituée à 100% de sangiovese grosso.

C'est à ce moment que je peux évoquer l'interview de Gaja au Corriere della Sera, un des quotidiens majeurs en Italie. Au cas où, je vous renvoie à cette note où je vous présente Gaja, un homme important dans la progression de la qualité du vin italien ces 30 dernières années. Cet homme, qui a commencé dans le Piémont, est ensuite allé s'essayer, plus récemment, en Toscane, et entre autres, dans le Brunello. Il a donc son mot à dire, et son influence importante fait que son avis est essentiel.

Que dit Gaja, en quelques mots ? Qu'il faut faire évoluer l'appellation Brunello di Montalcino afin qu'elle puisse accepter des cépages complémentaires. En revanche, qu'il faut pouvoir faire le distingo entre les purs Brunello 100% sangiovese et les autres, qui seraient des assemblages.

Les réactions de mes critiques de vins / blogueurs italiens de chevet, Franco Ziliani et Roberto Giuliani, ne se sont pas faites attendre. Giuliani, dans sa note "Il caso Brunello di Montalcino secondo Gaja", donne un premier argument clef et évident :"Come può un emblema del vino italiano, la cui formula Montalcino=Brunello=sangiovese grosso è l’elemento determinante di tanto successo, trasformarsi in un vino la cui etichetta continua a dichiararsi “Brunello di Montalcino”, ma in alcuni casi con sangiovese 100% e in altri no?" : Comment un emblème du vin italien, dont la formule Montalcino=Brunello=sangiovese grosso est l'élément déterminant d'un si gros succès, peut se transformer en un vin dont l'étiquette continue de déclarer "Brunello di Montalcino", mais qui est dans certains cas en sangiovese à 100%, et pas dans d'autres ? C'est un premier point déterminant à mon sens, puisqu'on ne fait autre que de dévaloriser l'image du Brunello en faisant cette dérogation.

Ceci dit, à ce moment de la partie, Giuliani fait fi des contraintes économiques : que deviennent les producteurs des "petits" Brunello ? Ils passent dans une DOC en difficulté, la Sant'Antimo, qui prend tous les producteurs du coin n'ayant pas droit à l'appellation reine ? Pourquoi pas, mais dans ces conditions, on n'échappe pas à une crise pour toutes ces déclassifications.

Arrive alors Gigi Brozzoni, autre personnalité du monde du vin, qui de façon encore plus dure que Giuliani, prend position : "Si vorrebbe 165494071.JPGbuttare all'aria tutto quanto per una minoranza di perdenti ed incapaci, che hanno pensato di arrivare a Montalcino, raccogliere a piene mani i benefici e far pagare ad altri il prezzo della loro inadeguatezza" : On voudrait jeter en l'air tout ça pour une minorité de perdants et d'incapables, qui espéraient arriver à Montalcino, reccueillir à pleines mains les bénéfices et faire payer aux autres le prix de leur inadaptabilité. Il propose en revanche, plutôt que d'utiliser la DOC Sant'Antimo, la DOC Rosso di Montalcino, qui bénéficie quand même du nom "Montalcino". Cette DOC aurait besoin d'être réadaptée, mais étant moins hautement symbolique que le Brunello, cela perturberait moins de monde.

Et Giuliani et Ziliani de renchérir en accord avec cette intervention de Brozzoni. Sauf que. La DOC Rosso di Montalcino, doit, selon eux, rester également du 100% sangiovese. Que ceux qui veulent faire leurs petites affaires, aillent en IGT Toscane, DOC Sant'Antimo ou encore s'amuse à faire du super toscan.

L'histoire n'est pas finie...

Si vous voulez d'autres points de vue francophones, allez voir l'article du canadien Jean Aubry, ou celui du suisse Jacques Perrin.

 

 

 
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