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lundi, 03 mars 2008

Brunello di Montalcino 2003

5cc837045d9f3934c341d5e226cb0597.jpgCa y est le Brunello 2003 apparaît à la dégustation en avant-première pour les professionnels de la profession. Pour vous donner un exemple de l'importance de cette appellation dans le monde du vin italien, sachez qu'alors qu'en 2007, c'est un Château-Neuf du Pape qui a été désigné meilleur vin de l'année par le Wine Spectator, en 2006, c'était un Brunello di Montalcino qui avait été couronné (l'étiquette du vainqueur ci-contre). Donc, vous le voyez, on évolue dans les hautes sphères des grands crus.
 
Bref, la blogosphère des dégustateurs s'est animée pour faire un compte-rendu de ces dégustations.
 
Ainsi, Andrea Gori, le "sommelier-informaticien" toscan, n'y va pas par quatre chemins dans son blog "Vino da Burde" :"quando appunto le condizioni non erano ottimali, il 2003 ha saputo tirar fuori davvero il peggio dai vigneti non adeguati a resistere e a maturare al caldo torrido." (traduction : "quand justement les conditions n'étaient pas optimales, le (millésime 2003) a su mettre en évidence vraiment le meilleur des vignobles non prévus pour résister et mûrir par cette chaleur torride.").
Autre citation intéressante, sous-entendant certaines choses demeurant malgré tout non-affirmées : "dico solo che sono felice che il 2003 abbia mostrato a tutti i limiti di un certo modo di intendere la viticoltura (e l’enologia) e abbia allo stesso tempo mostrato che i vigneti migliori di Montalcino e i produttori più seri non hanno alcunchè da temere dal surriscaldamento globale." (trad. : "je dis seulement que je suis heureux que le millésime 2003 ait montré à tous les limites d'une certaine façon d'entendre la viticulture (et l'oenologie) et ait également montré que les meilleurs vignobles de Montalcino et les producteurs les plus sérieux n'aient rien à craindre du réchauffement global".) Certes, mais, c'est quoi, être sérieux, et ne pas l'être ?
 
Roberto Giuliani, sur la revue on-line Lavinium, est sans doute encore moins flatteur, c'est le moins que l'on puisse dire : "molti, direi troppi [...] presentavano un forte squilibrio, fruttato surmaturo et marmellatoso da una parte et tannini acerbi e fortemente astringenti dall'altra, in alcuni casi anche notevoli impurità olfattive [...], sentori ossidati, acidità scarse o scomposte". (trad. : "beaucoup, et même trop d'entre eux, présentaient un fort déséquilibre, fruité surmature et confituré d'une part et des tanins acerbes et fortement astringents d'autre part, dans certains cas également de impureté olfactives très nettes, des odeurs d'oxydation et des acidités médiocres ou décomposées".).
Ou encore : "Un'annata che, ben oltre le più nere previsioni, nella sua disagevole condizione ha evidenziato un eccesso di lavoro in cantina, spesso un maldestro tentativo di camuffarne i limiti" (trad. : "Un millésime qui, bien au-delà des plus noires prévisions, dans sa désagréable condition, a mis en évidence un excès de travail en cave, souvent une maladroite tentative d'en masquer les limites"). Là, on est plus clair : plus ce vin, issu de raisins difficiles, a été retravaillé, plus il est mauvais et inauthentique, évidemment.
 
Franco Ziliani est clair, également : "Il vino da comprare e copiosamente e con gioia e fiducia non é questa volta il celebratissimo “fratello maggiore”, che é uscito, com’era prevedibile, “sconfitto” dall’annata torrida, tropicale, eccessiva, 2003." (trad. : "le vin à acheter et en grand nombre et avec joie et confiance n'est pas, cette fois, le très célèbre "grand frère" [NDB : surnom du Brunello], qui est sorti, comme prévu, défait du millésime torride, tropical, excessif 2003".). C'est clair, là aussi, non ?
 
Nous avons également Arturo Dori, patron du Cavalo Nero, qui en a essayé une quinzaine, et qui dans son blog, résume ses dégustations comme suit : "Tutti i vini degustati erano caratterizzati, salvo rare eccezioni, da note di surmaturazione del frutto e da evoluzione precoce riscontrabile sia nel colore che al naso." (trad. : "Tous les vins dégustés se caractérisaient, sauf de rares exceptions, par des notes de surmaturation du fruit et par une évolution précoce notable aussi bien par la couleur que par le nez.").
 
Tous ne sont pas aussi durs, bien sûr, mais il semblerait bien que la terrible année 2003 (la fameuse canicule) n'ait pas donné de grands résultats, en raison d'une surmaturité, qui semble être le problème remontant à chaque fois, ajoutant à cela, un peu trop de trafic pour masquer la faiblesse du millésime qui ne font visiblement que le mettre en exergue... 

mardi, 19 février 2008

Vénétie, Sicile, Piémont : 3 vins au banc d'essai

Vendredi soir dernier, j'ai ouvert 3 bouteilles italiennes, profitant d'un peu de compagnie. Les résultats n'ont pas été négatifs, mais on peut quand même nuancer tout cela.

984a7e7cef14f33804923dba5e50d819.jpgProsecco di Conegliano cuvée brut DOC - Carpenè Malvolti

Bon, Carpenè Malvolti, je l'ai déjà évoqué , ici, mais également . Non, ils ne me payent pas, mais quand on m'offre des bouteilles pour les déguster, j'en fais un compte-rendu. Et puis, mes précédentes notes sur cette maison ne sont pas spécialement complaisants, me semble-t-il.

Là, j'ai ouvert la dernière bouteille "échantillon" qui me restait en guise d'amuse-gueule. Un Prosecco. Donc, là, on attaquait le coeur de l'activité de la maison Carpenè, puisqu'originaire du Veneto (non loin de Trévise), celle-ci est spécialisée dans le Prosecco. Je vous rappelle que j'ai fait une petite note pour développer un peu les dessous du Prosecco. J'ai fait également fait une note sur la pub mettant en scène une starlette connue pour ses frasques, ses provocations et sa vulgarité (non, je ne dirai pas le nom, pas de racolage gratuit) vantant les mérites d'un Prosecco aromatisé et en canette.

Bref, notre couple d'amis étant à mon avis d'assez fins dégustateurs, j'attendais leur opinion pour savoir si ma première impression lorsque j'étais en déplacement en Vénétie était bonne, à savoir plutôt positive quant à ce produit.

Concernant les considérations visuelles, la couleur jaune très claire, virant parfois sur des teintes légèrement vertes est assez classique. Les bulles, fines et peu denses. Olfactivement, des parfums de pomme, d'agrumes remonte rapidement. Gustativement, on a affaire à une boisson assez légère, ne promettant pas de maux de têtes (ce qui peut encore survenir sur les mousseux de qualité médiocre).

Pour résumer le sentiment général, en dépit de l'a priori que peuvent avoir des français (mais sûrement pas seulement des français, et sûrement pas forcément à tort) sur la méthode Charmat, je ne trahirai personne en écrivant qu'il s'agit là d'une boisson agréable, à la fois sans prétention et plaisante, parfaitement adaptée à un apéritif tout en légèreté et non ruineux.

 

I paladini Syrah 2006 IGT - Guarino

Pareillement que pour Carpenè Malvolti, j'ai déjà évoqué ce producteur que je n'ai pas encore visité dans deux autres notes, Guarino et Bera : du sud au nord de l'Italie en une soirée et 3 vins italiens, 3 producteurs, 3 régions. Là, il s'agit d'un Syrah produit par ce vigneron sicilien.

J'en profite pour digresser vers les origines du Syrah. Plusieurs hypothèses sont développées autour de la région dont ce cépage est originaire. Certains pensaient à l'Iran et à la ville de Shiraz (le cépage s'appelant d'aileurs Shiraz dans certaines langues.

 

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D'autres pensaient que ce cépage provenait de la Sicile, et plus précisément des environs de Syracuse (Syrah / Syracuse).

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Il semblerait en réalité, d'après certaines recherches sur le point génétique, que ce cépâge provient des Côtes du Rhône, région où il est d'ailleurs particulièrement utilisé.

Aujourd'hui, le Syrah fait partie des 6 cépages les plus internationalement utilisés (avec le pinot, le merlot, le chardonnay, le carbernet sauvignon et le sauvignon), puisqu'on en trouve produit en quantités significatives dans tous les grands pays du vin, qu'il soient catalogués ancien ou nouveau monde, même s'il ne porte pas toujours le même nom.

Le Syrah donne en général des rouges (pour les rouges, c'est pas en général, c'est tout le temps !) très colorés, couleurs cerises, violets, très parfumés (épices, notamment) et bien structuré. Ce n'est pas le cépage le plus simple à cultiver car il est relativement sensible aux maladies.

Digression terminée...

En l'occurrence, I Paladini proposent un Syrah assez simple, plutôt concentré, avec des tanins modérés qui ne permettent pas de proposer une longue garde. C'est un vin qui prend sa place, il faut donc l'accompagner avec des plats qui savent lui résister.

 

c3976f069f98c3c3060dad852ced2d9f.jpgMoscato d'Asti DOCG 2007 - Bera

De nouveau un producteur, Bera, que j'ai déjà évoqué à plusieurs reprises pour le présenter, parler de leur passito, de leur Alladdio Langhe Nebbiolo, ou de leur spumante. Celui-ci est piémontais, perdu au milieu de nulle part.

Le Moscato d'Asti est un vin typiquement piémontais produit à base du cépage moscato bianco. Celui que j'ai goûté n'est à mon sens ni spumante, ni fermo, il est frizzante, c'est-à-dire, qu'il pétille légèrement et dégage une mousse très fine. A part cela, la caractéristique majeure de ce vin, c'est qu'on a presque l'impression de sucer un bonbon acidulé. Autant dire que là encore, il faut choisir ce qu'on va manger avec. En général, c'est à déguster avec des desserts, mais je tendrais à penser que certaines femmes ne le dédaigneraient pas en apéritif. C'est à tenter. Globalement, pour caricaturer les sexes, je doute que beaucoup d'hommes en France soient clients de ce genre de vin.

En l'occurrence, je l'ai servi avec une tarte au citron. Je pense que j'ai frôlé la faute. De l'acidulé sur de l'acidulé, c'est trop explosif, la bouche était partie. La mienne en tout cas. La prochaine fois, je le tenterai avec quelque chose de moins fruité, comme des beignets, ou un quatre-quart, peut-être.

Sinon, pour parler de la qualité du vin, j'ai quand même eu le sentiment d'avoir à faire à un vin plutôt très fin. Et alors, pour le coup, avec 5° d'alcool, on ne va pas rouler sous la table. 

dimanche, 17 février 2008

Un spumante de chez Carpenè ?

 
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Carpenè Malvolti est une maison de la Vénétie spécialisée dans le spumante, et tout particulièrement dans le Prosecco. Mais j'ai déjà fait une note sur cette maison, je ne peux que vous inviter à la consulter pour en savoir plus. Par ailleurs, j'ai déjà fait un compte-rendu de dégustation du Kerner Brut, un des produits haut de gamme de la maison. Aujourd'hui, je vais évoquer le Rosé Brut de cette maison, qui est également un produit haut de gamme de Carpenè.
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Vous pouvez le constater, déjà, une bouteille de mousseux italien, en tout cas chez Carpenè, n'a pas la même forme qu'en France. Ceci dit, la maison s'adapte et sait proposer la bouteille classique à ses clients internationaux. D'ailleurs, je sollicite l'avis de mes chers lecteurs pour savoir si la forme italienne est préférable à la forme française.
 
Bref. Ce Rosé, je l'ai servi en apéritif, mais il a finalement accompagné tout le repas, dont le plat principal était un lapin au romarin plutôt réussi. Ce rosé brut est constitué à 85% de pinot noir (donc le cépage le plus utilisé pour nos champagnes) et à 15% de Raboso. Ce-dernier est un cépage rouge autochtone de la région, qui, consommé pur, est assez difficile à appréhender. D'ailleurs, même dans la région, il est de moins en moins consommé et produit. Carpenè, à travers son haut de gamme, cherche à revaloriser un peu ces cépages tombés en désuétude.
Contrairement au Prosecco, et à l'instar de son haut de gamme, appelé "l'Arte Spumantistica", il est traité en méthode champenoise.
 

Alors qu'avons-nous ? Une belle couleur groseille, assez peu fréquente dans les rosés spumanti, qui sont souvent plus sombres que cela. des bulles bien fines, avec une belle densité. Une couleur originale, agréable et apétissante. Un bouquet bien fleuri, avec des notes de fruits type framboise et mûre, mais tout en légèreté. Quant à la saveur, on obtient un breuvage plaisant, peut-être un tout petit peu trop sucré à mon humble goût, mais accompagnant divinement le lapin au romarin. Le prolongement en bouche est bel et bien présent, certes, mais justement, le côté trop sucré sur une boisson légère comme celle-ci fait que l'on retient à contre-coeur un peu trop le sucre, et un peu moins les autres saveurs.

Mais une boisson qui propose un vrai plaisir durant la dégustation, et c'est le plus important. 

 
 

dimanche, 10 février 2008

2 vins en dégustation : spumante et chianti

Bon, je reprends un peu mes chroniques de dégustation. C'est quand même un élément important, non ? Oui, ça vous classe un blog, catégorie connaisseurs...

 

Ellera 2000 Chianti Colli Senesi - Castel di Pugna

1f7995f5defc0bb7f327a9ba59d7098e.jpgPour accompagner une côte à l'os grillée à la cheminée adossée à des pommes de terre soumises à la même cuisson, j'avais choisi une bouteille de Chianti. Là, Chianti, vous connaissez, c'est sans doute l'appellation italienne la plus connue en France et dans le monde. D'ailleurs, pour la prononciation, et afin d'éviter le ridicule, sachez que cela se prononce Kianti, voire Kianeti, et non pas Chianti. comme on prononcerait "chiant", par exemple. Bon, concernant le Chianti, sachez que si vous connaissez mon blog, vous n'avez aucune excuse pour ne pas le connaître, puisque j'ai fait une note spéciale sur ce sujet.

L'appellation Chianti Colli Senesi, est par rapport aux autres appellations Chianti, un breuvage sans doute plus facile à appréhender : les parfums sont plus équilibrés et plus marqués, il se boit jeune et frais et s'adapte facilement à beaucoup de plats toscans, notamment, autour des funghi porcini (cèpes).

En l'occurrence, le 2000, de l'Azienda Agricola Castel di Pugna est prêt à boire, et il n'est pas dit qu'on ait grand chose à y gagner à attendre encore. En effet, les tannins sont tous fondus, et les parfums sont tous présents. On a à la fois un vin relativement léger - relativement, c'est important - et assez puissant. Il ne prend pas le dessus sur la côte à l'os, et l'accompagne élégamment, mais pas discrètement non plus : il a son petit caractère bien trempé et tient à le faire savoir. Pas un grand vin, mais un vin très sympa et d'un bon rapport qualité prix.

 

Bera Brut spumante - Bera Fratelli5e071d28adbeccae64105c1f5cd6bf0b.gif

Pour accompagner, j'ai donc sorti une petite bouteille de mousseux piémontais, de chez les frères Bera. Sur cette entreprise, j'ai déjà rédigé une note à leur sujet, suite à ma visite en novembre. J'avais déjà fait la dégustation en direct chez ce producteur, et en avais retenu de bonnes sensations. Je les confirme, mais soyons clairs. On est loin d'un bon champagne : le produit est un peu brut, il manque de finesse, et la seule observation des bulles suffit à le démontrer.

jeudi, 17 janvier 2008

La fête du Barolo

7c6f3a68f0c7d220d96b6a753a95934c.jpgVous aimez le bon vin ? Oui, si vous êtes là, il y a au moins une petite probabilité. Vous avez de l'argent ? Vous seul pouvez répondre à cette question. En tout cas, si, à ces deux questions, vous répondez par l'affirmative, alors vous serez doublement intéressés par cette note d'Eric Asimov, auteur du blog The Pour, a eu l'occasion de déguster les plus grands Barolo qui soient et de plusieurs millésimes, puisqu'il remonte jusqu'à 1945.
Mais bon, même si vous êtes simple amateur sans le sou, cela reste instructutif... 
 
Je vous invite à lire sa note sur cette dégustation.

 
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