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dimanche, 15 juin 2008

Un vin sicilien : Nero d'Avola IGT 2005 - Casa Catelli

931219871.JPG J'ai "tasté" pour vous une bouteille de Nero d'Avola, de chez Casa Catelli. Casa Catelli, c'est une maison basée en Toscane, oui, mais qui possède des terres dans le sud de l'Italie, Pouilles, Basilicate et Sicile et un peu dans le nord, en Vénétie. Le concept de cette maison est de ne proposer que des vins typiques des terres qu'ils possèdent. Et, en Sicile, le Nero d'Avola, c'est le cépage rouge le plus représenté (15% des vignes), et c'est celui avant tous les autres sur lequel misent les siciliens pour améliorer leur image. A ce jour, en effet, seulement 15% de la production sicilienne finit en bouteille, ce qui est relativement peu.
 
Le nero d'avola, en principe, est un vin assez fort, corpulent. On a d'ailleurs longtemps considéré qu'il l'était trop pour se frayer une place dans les meilleurs vins et c'est pour cela qu'on a commencé par faire évoluer le cépage pour lui trouver une variante qui, notamment, diminue le taux d'alcool et augmente l'acidité. Par ailleurs, d'aucuns tentent de surcroît de l'accomoder avec d'autres cépages pour l'amadouer. En l'occurrence, dans celui-ci, on a mis pour 15% de cabernet-sauvignon, ce qui a effectivement pour effet de contribuer à la création d'un breuvage moins abrupt.
 
563300913.jpgOr donc, que donne ce nero d'avola là (vous noterez cet effet d'expression qui prend toute son ampleur quand on le dit à voix haute...) ? Une couleur brique aux tonalités relativement claires, caractéristique du cépage majoritaire. Des parfums intéressants de fruits bien mûrs et d'épices, une touche de soleil, mais on se dit rapidement que ce ne sont pas des saveurs reflétant une grande originalité, plutôt l'objectif de donner des repères au client tentant de rentrer en contact avec le nero d'avola. Mais le nez reste agréable et promet un vin corsé. Je n'ai pas de préférences spécifiques pour les vins corsés, mais quand je cherche à déguster un vin de ce style, c'est bien parce que c'est de cela dont j'ai envie. Et au bout du compte, on aboutit à une déception, un vin qui n'est finalement pas si puissant que ce qu'il promettait, peu de tanins, donc sans doute peu de vieillissement possible. Ce n'est pas désagréable, et ce n'est pas non plus un vin spécialement léger, cependant, j'ai l'impression qu'avec ce vin, on a quand même cherché à répondre à une demande avant de proposer une offre. Peu de finale par ailleurs.
 
Je suggère quand même d'essayer ce vin en accompagnement de penne all'arrabiata. Un peu décevant, pour un vin vendu plus de 10€ dans le commerce.
 
Une remarque : vous noterez l'étiquette, qui sans casser l'image "noble" du vin, propose un beau design, quelque chose d'agréable à l'oeil. Vous me direz que ce n'est que du marketing, mais parfois, dans la jungle des étiquettes en linéaire, pour un curieux s'y connaissant peu, une belle étiquette peu déclencher l'achat. Les français ont encore de la peine avec ça, même si ça s'arrange. Mais cette nécessité qu'ont les français de mettre un château sur leurs étiquettes tend à m'agacer un peu, parfois. 

jeudi, 29 mai 2008

Le vin sicilien par Vinsurvin

259754012.jpgJe vous signale que l'un des blogs les plus renommés dans la vitiblogosphère française, vinsurvin, évoque le vin italien. Plus exactement, il évoque les vins siciliens et s'attarde même sur un nero d'avola. Bon, la bouteille en lui-même lui a visiblement laissé une impression mitigée. Plutôt positive mais quand même mitigée si j'ai bien lu.

vendredi, 23 mai 2008

Les vins piémontais de Giacomo Vico

1881132634.jpg Lundi 19 mai, je me trouvais à Paris, heureux invité que j'étais à la dégustation des vins de Giacomo Vico organisée par Laurent Baraou. L'un des 3 frères de la famille de Giacomo Vico y faisait la présentation de 5 de ses vins (je n'ai eu le temps de n'en goûter que 4). Vous trouverez d'ailleurs une galerie de photo de la dégustation chez Mistelle. C'est d'ailleurs de cette galerie de photo que je tire celles présentes sur ma note ainsi que, pour les bouteilles, du blog de Laurent.
 
Donc, Giacomo Vico est un producteur piémontais situé dans le Roero. Je vous ai ajouté une Map Google en fin de note pour vous permettre de situer exactement où cela se trouve. C'est la petite marque verte. J'étais allé dans le Piémont en novembre (les verres bleus sur la carte représentent mes visites), et dans le Roero, j'avais fait un seul producteur, Malvirà. Dans la même ville que Vico, d'ailleurs. C'est vrai, je n'avais pas fait de note à ce sujet sur mon blog, mais je prends régulièrement du retard sur ces notes. Je ne vous ai même pas encore parlé de mon récent passage en Toscane...
 
Bref, revenons à nos moutons. 4 vins dégustés.
 
Langhe Favorita DOC 2007630181017.jpg
 
La Favorita est un cépage présent dans le Piémont depuis très longtemps, mais qu'on retrouve notamment sous d'autres noms dans d'autres régions (Vermentino, notamment). Cela donne un vin à boire rapidement, simplement, plutôt frais (il était peut-être un peu trop chaud le soir de la dégustation). Léger et un peu acidulé. Un démarrage sympathique qui a commencé à détendre l'atmosphère. Il ne me semble pas que le crachoir ait beaucoup servi, d'ailleurs, même si Laurent chercha de montrer l'exemple.
 
 
 
 
85988445.jpgRoero Arneis DOCG 2007
 
Dans la catégorie "vins blancs", c'est sans doute l'un des plus représentatifs du Piémont, plus réputé pour ses rouges, en général. D'ailleurs, à ma connaissance, le Roero est un cépage proprement cantonné au Piémont. Un vin de couleur jaune très pâle, tendant légèrement sur le vert. Un vin à la fois fruité mais proposant une acidité plaisante.
 
 

 
 
Langhe Rosso non millésimé68049851.jpg
 
Un cas d'école : ce vin est constitué de 50% nebbiolo, 50% barbera, 2 cépages hautement caractéristiques du Piémont (j'en profite pour vous renvoyer à la note que j'avais faite sur les cépages piémontais). Le cas particulier, c'est que le barbera est de 2006 et le nebbiolo est de 2005. En fait, le nebbiolo fait un petit tour en barriques. Comme l'a dit notre animateur, c'est un vin idéal pour les bars à vins. Simple à boire, l'accompagnement d'un plat peut n'être qu'une option (même si il ne faut jamais cracher sur une petite assiette de charcuterie). On sent des parfums de fruits mûrs, mais sans écoeurement, quelques saveurs épicées, une fine couche tanique. A boire entre amis au cours d'une conversation animée.
 
 
1148961869.jpgBarbera d'Alba Superiore DOC 2005
 
Sans doute le cépage le plus cultivé dans le Piémont. Moins réputé que le royal nebbiolo, cependant, mais on n'en fait pas les mêmes vins.  Il a également longtemps pâti d'une image de vin sfuso (en vrac, quoi...), mais depuis une 10aine d'année, l'image est bien remontée, suivant logiquement et avec un peu de décalage, la qualité. Dans les petites comme les grandes trattorie piémontaises, voire italiennes, on trouve très souvent du Barbera d'Alba. Moi-même, habitant en Lombardie voisine à une certaine époque, ai appris à apprécier ce vin qui peut être surprenant au palais français, parfois un peu rude, mais également fruité tout en étant d'un bel équilibre. C'est le cas ici. Et comme nous le dit Laurent, c'est à conserver encore quelques années, il va vieillir avec bonheur. Pas 10 ans, non, mais 4-5 ans, peut-être ?
 
En tout cas, une bonne soirée, dont je remercie Laurent Baraou. Quand on fait découvrir le vin italien aux français, je suis toujours ravi ! 
 
 
 

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mercredi, 21 mai 2008

Lusenti ou les vins dans toute leur variété

385065004.JPG Je vous l'avais déjà dit, je suis passé à VinNatur début avril, dans la foulée de Vinitaly. Une sorte de week-end du vin bio en Italie réunissant des producteurs italiens, français et slovènes. D'ailleurs, je vous suggère de commencer à prêter l'oreille quand vous entendez de vin slovène, cela commence à grimper assez rapidement en qualité. Mais ce n'est pas le sujet du jour.

J'y ai découvert 3 producteurs, un du Alto Adige, un de Ligurie, et un d'Emilie-Romagne. J'ai choisi de faire un petit focus sur l'Azienda Agricola vitivinicola Lusenti, producteur de l'Emilie-Romagne pour les raisons suivantes. D'abord, c'est peut-être un simple truc commercial, mais ça joue, le patron, Giuseppe Ferri, a montré beaucoup d'enthousiasme quand il a appris que j'étais français, que je voulais monter un bar à vins italiens sur Nantes et que je recherchais donc des fournisseurs italiens intéressants, originaux et peu connus. Ensuite, il a pris beaucoup de plaisir à me présenter ses vins, il est même allé chercher des bouteilles qu'il n'avai pas l'intention de présenter lors de cette manifestation, les jugeant trop peu "commerciales", ou encore trop "haut de gamme". Et puis, pour rentrer dans le produit, il propose une gamme très variée de vins, sans prétendre à l'excellence, mais plutôt au travail bien fait.

1522945897.2.jpg 

La cave est certes en Emilie-Romagne, mais en réalité, non loin de la Lombardie, au nors, puisque, par exemple, Pavie et Lodi sont deux provinces lombardes. Mais peu importe, c'est surtout pour situer la production, dans la DOC Colli Piacentini, au sud de Piacenza (Plaisance en français, si cela vous parle plus).

Mais parlons un peu des vins.

32033078.jpgBianca Regina 2005 & 2004 Malvasia Colli Piacentini DOC

Cette Reine Blanche, comme le laisse penser le nom donné au vin, est un vin blanc constitué à 100% du cépage Malvasia. Il est vrai qu'un cépage appelé "malvasia" peut être aussi bien blanc que noir, mais en l'occurrence, c'est un blanc. Très précisément, une Malvasia di Candia Aromatica, un cépage très répandu dans le Piacentino (la zone de Plaisance, donc) qui peut donner plusieurs types de vins blancs (liquoreux, sec, frizzante...). La Malvasia blanche présente en général des arômes relativement simples, mais la Candia Aromatica l'est un petit peu moins que la moyenne

Il s'agit d'une vendange tardive issu d'un vignoble plantées en 1965. La couleur est d'un jaune pâle tendant sur le vert. Des parfums de pêche et d'amande sortent du bouquet. La bouche est enveloppée et relativement longue, et confirme les notes d'amande et de fruits d'été bien mûrs. On ne peut pas tout-à-fait le classer dans les liquoreux, mais c'est quand même plutôt un vin pour la fin du repas, où, éventuellement à tester sur des plats sucrés-salés ou épicés. En fait, le 2004 est plus intéressant que le 2005, avec plus de parfums, plus d'équilibre aussi.

 

1755275731.jpgMalvasia secca frizzante Colli Piacentini DOC

Là, on rentre dans l'original, des produits qu'on ne trouve pas vraiment en France. Toujours le même cépage que précédemment, et justement, "cuisiné" façon "frizzante". Attention, frizzante, ce n'est pas spumante, j'en ai déjà parlé dans une note précédente. Disons que spumante, pour résumer, signifie mousseux (donc, champagne ou crêmant en France, franciacorta ou prosecco en Italie, par exemple) et frizzante signifie pétillant. La nuance peut sembler tirée par les cheveux, mais au goût, on comprend vite la différence.

On sépare le moût de la peau très rapidement pour préserver la fraîcheur et les parfums, et la mousse s'obtient par fermentation naturelle à température contrôlée. On obtient alors une légère effervescence avec une couleur proche quoiqu'un peu plus pâle que le vin précédent, avec des parfums et une bouche d'acacias et d'amande - assez classique du cépage. C'est une potion d'apéritif très simple à boire qui ira bien au palais féminin, ressemblant au Moscato d'Asti par les arômes mais sans ce côté bonbon qui peut parfois s'avérer écoeurant. Peut par exemple accompagner une charcuterie jouant plus sur la finesse que sur la puissance de ses saveurs.

 

 150941898.jpg
Fiocco di Rose frizzante 2006 Pinot Grigio vivace Colli Piacentini DOC

Et voilà encore des sensations intéressantes pour qui cherche à être surpris dans le domaine du vin. Un vin tout particulier, à la vinification particulière également. Les italiens l'appellent "il vino di una notte" (le vin d'une nuit), car la macération ne dure que quelques heures, en général une courte nuit. La récolte, auparavant doit être méticuleusement effectuée, afin de préserver la baie le mieux possible. Et plein d'autres petits détails du genre, comme la décantation du moût à froid sur les peaux ou encore la légère fermentation alcoolique. Avec tout ça, on obtient à la fois une couleur particulière, un rose très pâle (que d'ailleurs, et c'est dommage la couleur de la bouteille ne permet pas de distinguer à l'achat), et ce côté "vivace", donc, très légèrement pétillant, que l'on pourrait confondre en France, avec un vin qui "travaille".

La couleur, a priori peut beaucoup varier suivant les millésimes, mais tournant autour d'un beau rose clair. Un nez de pêche blanche dominant avec un beau fruit, plutôt bien structuré. A déguster en apéritif ou encore avec des crustacés cuits (crabe, araignée, langoustine, par exemple). J'ai déjà parlé d'un pinot grigio dans une note précédente, mais celui-ci n'était pas vivace.

  

1706323821.jpgGutturnio frizzante 2007 Colli Piacentini DOC

Un assemblage de bonarda (40%) et de barbera (60%). A l'origine 2 cépages piémontais, mais que l'on retrouve en Lombardie et Emilie-Romagne. A tel point que le bonarda est presque plus utilisée dans cette dernière région que dans le Piémont lui-même.

Un vin assez représentatif de la zone, qu'il soit frizzante ou pas. En l'occurrence, donc, il est frizzante. Une belle couleur d'un rouge brillant. Suivant les millésimes, peut être plus ou moins bien structuré, mais 2007 étant une bonne année en Italie, là, on est bon.

Attention, on n'est pas sur un grand vin, mais, par exemple, il peut servir de transition entre deux vins puissants, par exemple, ou sur un plat de pâtes al ragû (viande hachée en sauce). Les italiens considèrent ce vin comme "nettoyeur de palais" : agréable, légèrement fruité, un peu sucré, frais... Simple et de bon goût quoi !

Je précise que le mode frizzante n'est pas un phénomène de mode italien mais bien une façon de faire ancestrale. 

 

529834247.JPGCresta al sole Gutturnio superiore DOC 2004

Voilà le pendant du frizzante, mais "fermo" comme disent les italiens, c'est-à-dire sans bulles, classique, quoi. Une vinification plus "classique" également. En tout cas, pas d'étapes que l'on pourrait considérer comme exceptionnelles pour un vin rouge.

Une couleur rubis avec quelques teintes grenat, des parfums confiturés comme la cerise ou le cassis, ou d'épices. Un goût très terreux avec une acidité pas désagréable, des notes de café ou de réglisse en fin de parcours.

Un vin qui évidemment, à défaut d'un grand caractère, surprendra moins le français amateur de vins français que les précédents, mais qui peut compléter une gamme plus originale. 

 

 

 

Voilà. Je n'ai pas eu l'occasion de goûter le reste de la gamme, mais il faut savoir que Lusenti fait également des spumanti, des passiti et d'autres vins. Quant à moi, je me le garde sous le coude... 

 

 

 

 

lundi, 28 avril 2008

Un Gaja en dégustation

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Veuillez me pardonner pour cette interruption volontaire de blogage ces 4 derniers jours. Un petit manque de motivation passager, mais cela va revenir. En attendant, voici un point sur la dégustation d'un cru toscan que j'aurais dû faire depuis un moment. J'ai rencontré récemment, par l'intermédiaire de mon blog, Eric Morlot, de Vins du Monde. Nous nous étions donnés rendez-vous à La Provence, un vrai bar à vin sur Nantes (les purs bar à vins, c'est-à-dire, qui ne fassent pas avant tout restaurant, sont rares, sur Nantes).
 
Mon interlocuteur m'a fait découvrir certains des flacons italiens que sa société importe et que la Provence vend. Parmi ceux-ci, je voulais faire un petit focus sur le Promis 2001, de Ca' Marcanda, la maison toscane de Angelo Gaja, avant tout - très - connu pour ses vins piémontais et pour son côté précurseur dans le vin italien, mais qui a voulu, il y a désormais une quinzaine d'année, proposer son vin toscan. Il a acheté cette propriété dans l'une des zones les plus reconnues pour ses grands vins en Toscane, la zone de Bogheri. En l'occurrence, très précisément, à Castagneto Carducci, quelque part entre Sassicaia et Ornellaia...
 
5e11f5c122b5961637b9a1910efb31aa.jpgLe Promis est un assemblage de 3 cépages, merlot, syrah et sangiovese. Les 3 cépages sont vinifiés séparément, pour être ensuite regroupés vers février et un petit tour d'1 an en barrique. Ce vin datant de 2001, donc, propose un nez agréablement fruité, allongé d'un côté toasté relativement léger, de même qu'une certaine minéralité.donc plutôt agréable. En bouche, on retrouve les fruits (mûres, si mes souvenirs sont bons, notamment), le poivre provenant sans doute du syrah, une rondeur sans surgras, un beau velouté sans lourdeur, des tannins en douceur montrant que ce millésime à mon avis est quasiment arrivé au bout de son vieillissement. Une finale un peu alcoolique, peut-être ? A peine...
  
Un bon super toscan, donc...
 
Merci donc à Eric ainsi qu'à son amie Coco ! 
 
 

 
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