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jeudi, 14 février 2008

Carlo Ferrini, Winemaker de l'année

Ah, ça assure, Winemaker, ça vous place un personnage. Déjà c'est dit en anglais, alors tout de suite, ça vous place au-dessus de la mêlée. Bref, cette année, Carlo Ferrini, un italien, comme ses nom et prénom l'indiquent, a gagné le titre envié de Winemaker de l'année. J'ai découvert en lisant mes fils RSS du Corriere del Vino. Sans vouloir présumer de votre connaissance de la langue transalpine vue de France, je tiens à vous dire que les précédents liens sont en italien... Mais je vais vous résumer tout cela.
 
Bon, la première question que je me pose en lisant cela, c'est : élu, certes, mais par qui ? Parce que moi, on ne m'a pas proposé de voter. Vous me direz que mon rayonnement dans le vin ne mérite pas qu'on fasse appel à moi. Et vous avez franchement raison. Cependant, cela m'intéresse quand même de savoir qui a voté, parce que dans le monde du vin, des classements, similaires mais différents, on en trouve ! Eh bien, en l'occurrence, ce sont des experts commandités par la revue Wine enthusiast. C'est une revue américaine sur le vin - non !!!!!! - qui a une certaine audience dans le monde. Moins que le Wine Spectator, toutefois.
 
 
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 Soit. D'ailleurs, ci-joint le palmarès complet des Wine Star Awards 2007 !!
 
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Le but de ma note n'est pas d'avoir un avis sur ce vote, il a eu lieu, il a sûrement toute sa légitimité et les gens qui ont fait ces choix s'y connaissent indéniablement et sans aucune fausse modestie beaucoup mieux que moi. Mais dans un permier temps, je voulais en profiter pour faire connaissance avec Carlo Ferrini.
 
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Ferrini est un toscan, né à Florence, très exactement, il y a de cela 54 ans. Voilà donc un homme qui a donc baigné dans le juste milieu dès le début, à n'en pas douter. Il a d'ailleurs fait des études d'agriculture, et juste après, il a été engagé auprès du Consorzio Vino Chianti Classico, le gardien du temple de l'appellation.
 
Il a tourné une dizaine d'années auprès des producteurs toscans pour leur apporter une expertise technique, et en a donc profité pour également apprendre de ces diverses expériences. Il a notamment beaucoup travaillé sur le cépage roi de la Toscane, le San Giovese, en créant les meilleurs clones possibles.
 
Puis, sous la dénomination "Chianti Classico 2000", il a développé son propre projet, visant à faire un énorme bond de qualité, toujours de cette appellation qu'est le Chianti Classico. Il travaille désormais pour divers producteurs dans toute l'Italie, du Nord, au Trento, par exemple, au sud, en Sicile notamment. Avec toujours un pied en Toscane, évidemment. Ses admirateurs disent de lui qu'il a su parfaitement bien marier la nouvelle technologie viti-vinicole et le respect des terroirs. Lui-même déclare : “è solo la vigna che fa un grande vino, il mio ruolo è tradurre, al massimo interpretare… ma poi nel bicchiere è sempre la terra che parla”.
C'est-à-dire : "c'est la vigne seule qui fait un grand vin, mon rôle est de traduire, au maximum d'interprêter... mais ensuite, dans le verre, c'est toujours la terre qui parle." A titre personnel, je ne doute aucunement de cela, mais qui ne le dirait pas. En fait, ils disent tous ça... Imaginez un mec qui dit : " la vigne, là, elle était dégueulasse, la maladie était dedans, mais je l'ai bien bricolée - attention, en toute légalité, hein !! - du coup, j'en ai tiré quelque chose de pas si mal".
 
Ne nous méprenons, pas, je ne préjuge pas du travail de Ferrini, je dis juste que ce genre de déclaration ne dit finalement pas grand chose.
 
Disons qu'au bout du compte, Ferrini fait indéniablement des bons vins, mais il sait les habiller pour leur donner une belle commerciabilité. A noter que parmi les producteurs que j'ai pu évoquer, je sais qu'il a travaillé avec Poliziano et Fonterutoli.
 
94db8a0fff7840b7380f0b0cbba6d8fa.jpgUn grand critique des vins italiens, Franco Ziliani, dans son blog Vino al Vino est clairement plus critique que moi. Il évoque souvent le travail de Ferrini, et rarement avec une grande tendresse : "basta dire chi sia l’enologo, il baffuto Carlo Ferrini ..., che rappresenta quella new wave modernista che a mio avviso sta gravemente intaccando l’identità e la credibilità, anche se non l’apprezzamento, da parte dei Wine Spectator..."
 
Dans la langue de Molière, cela fait à peu près : " il suffit de dire qui a été l'oenologue, le moustachu Carlo Ferrini... qui représente cette new wave moderniste qui, à mon avis, est en train d'entâcher gravement l'identité et la crédibilité, même si cela n'entâche pas l'appréciation de la part du Wine Spectator...". Non, il n'y a pas de montage de mots, je coupe pour rendre la phrase plus compréhensible.
 
Bon, tout ça pour dire que, dans le vin italien, comme dans le vin français, comme dans le vin du monde entier, ne vous jetez pas forcément sur les classements, sauf si votre but est de faire de la spéculation. Goûtez... 
 
 

Commentaires

merci de votre com.
Je vais même faire mieux et mettre votre site en lien permanent sur mon excellent blog, le DEB.
Cordialement.

Écrit par : odm | jeudi, 14 février 2008

Très sympa !!! Je suis allé voir, je me permets de faire la remarque sur l'inversion des lettres : c'est "enoteca", pas enoceta".

Écrit par : armel | jeudi, 14 février 2008

J'aime ce type d'information mais je dois dire qu'une phrase me vexe profondément.
"Déjà c'est dit en anglais, alors tout de suite, ça vous place au-dessus de la mêlée"
En quoi, la langue anglaise serait-elle le signe d'une sur-humanité ? Est-ce que la langue italienne du vinificateur Ferrini ne serait pas une langue digne de respect, comme la nôtre ,
Jusqu'à quand notre intelligence sera-t-elle vassalisée par une culture qui ne vise rien moins que de cocaliser la planète ?
Serons-nous encore complice d'un génocide culturel planétaire ?
Vive le vin et vive les langues du monde.

Écrit par : Bruelles | jeudi, 14 février 2008

En fait, Bruelles, je suis d'accord. C'était de l'ironie. J'ai échoué à faire passer cette ironie...

C'était une façon de dire qu'il y avait quand même une part de frime là-dedans, et qu'il convenait de gratter un peu pour comprendre de quoi il retournait.

D'ailleurs, penser différemment de vous (de toi ?), compte tenu de mes prises de positions dans ce blog, ce serait vraiment manquer cruellement de cohérence de ma part.

Je suis d'accord : vive le vin et vive les langues du monde.

Écrit par : armel | jeudi, 14 février 2008

Les commentaires sont fermés.

 
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